Pour la pérennisation de l'apprentissage, repensons son financement
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... erformance clairs.
L'apprentissage est l'un des moyens, certainement le plus efficace et le plus massif, de répondre aux besoins importants en talents auxquels notre pays doit faire face, notamment pour répondre aux défis posés par l'intelligence artificielle - nous pensons aux métiers en tension, en particulier à ceux relevant des champs techniques et scientifiques. Il est une source de diversification et de richesse du recrutement, un véritable ascenseur social pour de nombreux étudiants. L'apprentissage dans l'enseignement supérieur est par ailleurs un investissement créateur de valeur. Une étude Asterès a ainsi démontré que, sur 4 années, l'apprentissage avait généré 425.000 emplois supplémentaires, 41 milliards d'euros de valeur ajoutée et rapporté 11 milliards d'euros aux finances publiques grâce notamment à la baisse des dépenses liées à l'emploi et une augmentation des contributions sociales et fiscales des nouveaux talents formés. Il convient donc de poursuivre encore son développement pré-et post-bac, jusqu'au bac+5, notamment auprès des TPE/PME, après une année 2023 record avec 852.000 contrats signés. L'exemple du secteur du numérique est particulièrement frappant, avec une hausse de 30% en 3 ans et 24.482 contrats signés en 2023.
Nos organisations s'alarment donc que le financement de l'apprentissage soit remis en question, notamment dans le cadre des négociations budgétaires en cours. Face à cette situation, les risques sont multiples : moins de diversité, y compris sociale, augmentation du déficit de compétences, désengagement des entreprises contraintes de payer des restes à charge croissants, désaffection des établissements de formation fonctionnant à perte (...). Sans un financement adapté, il existe un risque que la France de perde en compétitivité face à des pays qui continuent d'investir massivement dans leurs talents.
Cependant, nos organisations ne souhaitent pas que la question du financement de l'apprentissage soit ramenée aux seules questions du montant de la prime à l'embauche ou de la rémunération des apprentis. Il convient davantage de se poser la question de la stabilisation du modèle de ce financement, en concertation avec les partenaires sociaux et l'ensemble des parties prenantes, et de définir une trajectoire de retour à l'équilibre. En
effet, les niveaux de prise en charge du contrat d'apprentissage ont déjà fortement baissé, et sont en deçà de la réalité des moyens mobilisés par les CFA (orientation des étudiants, accompagnement des candidats, recherche d'entreprises...). Rappelons que nos formations, notamment celles techniques ou scientifiques, demandent des investissements plus conséquents (laboratoires, moyens informatiques, enseignants, accompagnement tutoral) pour répondre aux exigences légitimes des étudiants, des entreprises, des tutelles ou des organismes en charge des accréditations.
La contrepartie serait de proposer des indicateurs de performance clairs ou de compléter les retours sur des investissements mesurables, afin de garantir la qualité des savoirs fondamentaux transmis et l'efficacité des investissements publics, tels que les taux d'insertion professionnelle ou la qualité des certifications délivrées. En ce domaine, une réelle valorisation de la démarche qualité certifiée par des labels émanant par exemple du MESR, de l'évaluation des compétences et du contrôle des formations serait pertinente. Des travaux sont engagés en ce sens, il est nécessaire de les faire aboutir.
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Vous l'aurez compris, il convient non pas de dépenser moins, mais mieux. Nous pouvons collectivement rendre le système plus vertueux.
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(*) Signataires :
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