Pour une nouvelle « Loi Montagne » à l'appui des JO de 2030
Arnaud Murgia

Photo d'illustration
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Arnaud Murgia

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Le Premier ministre Michel Barnier vient d'engager le pays : la France aura bien la chance inouïe d'accueillir deux fois de suite en 6 ans seulement les Jeux olympiques, d'été, puis d'hiver.
Mais ces Jeux d'hiver devront permettre de répondre à de nombreux enjeux que le Premier ministre connaît bien depuis sa Savoie natale.
Ils devront ainsi être l'occasion de réconcilier les tenants de l'écologie à la montagne d'aujourd'hui. Critiquée pour ses remontées mécaniques comme si ces dernières étaient polluantes, décriée comme élitiste alors que ses valeurs sont celles de l'ouverture et de la solidarité, perçue par ces critiques comme dépassée à l'aune du réchauffement climatique alors que jamais il n'a été autant nécessaire de faire connaître nos glaciers malmenés par la chaleur mais aux avant-postes des enjeux climatiques du siècle.
Et puis il y a l'enjeu économique : avec un emploi sur deux lié de manière directe ou indirecte au tourisme et aux sports d'hiver dans nos départements, il faudra donner à nos vallées pyrénéennes et alpines les outils pour s'adapter aux dérèglements, aménager différemment, pour ne pas donner à nos montagnes le même destin funeste qui fut jadis celui du bassin minier. Car si nous ne consolidons pas nos stations en diversifiant leur activité, dans un contexte où il y aura moins de neige à basse altitude, nous perdrons un à un tous nos emplois. À la fin, nous fermerons toutes nos écoles : il s'agit là d'un enjeu national d'aménagement du territoire.
C'est pourquoi je fais ici la proposition qu'au moment où le Gouvernement mettra sur la table du Parlement le projet de loi olympique visant à préparer les JO de 2030, il ouvre aussi le chantier d'une nouvelle Loi Montagne.
La première, en 1985, ne pouvait pas pressentir les enjeux d'un réchauffement dont les effets sont désormais si rapides. Le second acte, en 2016, se plaçait dans le contexte d'une Loi NOTRE qui n'a jamais été acceptée et dont les outils peinent encore aujourd'hui à affirmer le seul vrai et bel enjeu que mon illustre prédécesseur Robert de Caumont, Maire de Briançon dans les années 80 et instigateur du texte de 1985 fit inscrire dans le marbre : la prise en compte des disparités démographiques et de la diversité des territoires.
Si nous voulons en 2030 renouer avec ce qui devrait être une grande fierté, avoir sur notre sol la plus belle, la plus grande partie de l'arc alpin et plus du tiers de notre surface géographique qui est montagneuse, si nous ne voulons pas seulement aimer le souvenir de nos traditions montagneuses, mais les faire perdurer, alors ouvrons ce magnifique chantier.
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Celui d'un Etat plus solidaire - et surtout d'un Etat simplificateur ! - sur les questions de l'eau et des risques naturels, certes exigeante sur la protection de nos milieux et la nécessaire transition, mais clairvoyante sur les enjeux d'aménagement du territoire et démographiques.
Celui d'un Etat décentralisateur qui donne aux collectivités quelles que soient leur taille la capacité de porter une vision - la leur - adaptée à leur développement, à leur altitude, à leur bassin de vie.
Ne tendons pas le flanc à la critique d'une seule Loi d'infrastructures olympiques, fusse-t-elle absolument nécessaire, mais préparons aussi la montagne française à des lendemains heureux. Ils peuvent l'être. Ils doivent l'être.
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(*) Arnaud Murgia, Maire de Briançon, ville hôte des Jeux Olympiques de 2030, Vice Président du Département des Hautes-Alpes et Président du Parc National des Ecrins.
Arnaud Murgia
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