Pourquoi Minc a raison de croire encore en l'Europe

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La France doit donc reprendre à son compte la phrase du général de Gaulle : « L'Europe est le levier d'Archimède de la France ». C'est ce qu'écrit non sans raison Alain Minc. Par Olivier Marty, Maître de conférences en Institutions européennes à SciencesPo

On peut sans doute reprocher bien des choses à Alain Minc : l'aplomb d'une élite qui « baigne » dans une mondialisation débridée, des raccourcis dans ses raisonnements, un grave manque de probité dans la rédaction de certains ouvrages... Sa voix n'en demeure pas moins utile au débat public en ce qu'elle rend compte d'une certaine réalité des affaires internationales avec une liberté de ton et des préconisations stimulantes. Dans son dernier essai, « Un Français de tant de souches » (Grasset, 2015), il évoque les nombreuses facettes de son parcours pour analyser, puis répondre, aux différents aspects de la crise de l'identité française. Ses développements sur l'Europe sont particulièrement bienvenus et méritent, en raison de leur sincérité et de leur réalisme, qu'on leur fasse écho .

Les Européens doivent redécouvrir et défendre la vertu de leur projet

Aspect essentiel de tout le chapitre, M. Minc se pose en « Européen obsessionnel », attaché avec ferveur à la dynamique d'intégration de l'Union. C'est heureux car l'affectivité, l'appropriation et la détermination sont bien des éléments sans lesquels, quoiqu'en disent régulièrement certains haut-fonctionnaires de certains grands pays mettant en exergue telle ou telle difficulté technique d'un dossier, le projet européen ne peut progresser. « Mon nationalisme », affirme-t-il, « est européen » ; il a « tous les traits du nationalisme classique : la fierté, les partis pris, les raccourcis injustes, le sentiment que l'Europe représente un modèle inégalé et sous-estimé, le désir de la voir découvrir sa grandeur, sa supériorité, sa réussite ». Cet état d'esprit pousse logiquement l'auteur à illustrer l'exceptionnel acquis de notre continent.

L'Europe est, en premier lieu, l'espace le plus libre et le plus démocratique au monde . Selon M. Minc, cet atout résulte de la mutation américaine et de l'alchimie européenne. D'un côté, les Etats-Unis sont « de plus en plus un pays-monde, un syncrétisme de la planète entière, de sorte que leurs valeurs, leur vision de l'univers extérieur, leurs comportements s'éloignent du modèle occidental traditionnel ». De l'autre, l'Europe est « une mécanique faite de règles de droit et de jurisprudence, d'alignement sur la norme la plus libérale (dans) l'espace le plus respectueux des individus et le plus tolérant ». Il suffit, pour s'en convaincre, d'observer une diversité d'indicateurs (les atteintes à « l'habeas corpus », la peine de mort, la liberté des mœurs, la place de la religion ou du social) qui rappellent tous notre grande civilité .

Les Européens doivent transformer cette réalité en fierté, et s'affirmer comme un exemple pour le reste du monde qui nous regarde, c'est très juste, trop souvent comme « une terre de liberté, de bien être, de mollesse, sans avenir ni destin ». Ils peuvent aussi être fiers de leurs succès institutionnels et économiques. Malgré tous leurs défauts, les institutions européennes fonctionnent, notamment dans l'urgence (pensons aux différents épisodes de gestion de la crise grecque et aux avancées de la période...), et le font mieux que celles de Washington . Enfin, les Européens ont initié des chantiers politiques exemplaires (l'Euro, l'espace Schengen) poutres-maîtresses du modèle d'intégration régionale le plus abouti au monde abritant, en outre, une économie sociale de marché équilibrée.

La France devrait reconnaitre sa très nette singularité en Europe

Si l'opinion française ne remet pas en cause le sens de l'intégration communautaire et son attachement à la monnaie unique, on a peine à trouver un dirigeant politique authentiquement européen, indique M. Minc . Depuis Jacques Delors et, dans une moindre mesure, François Mitterrand, aucun Français d'envergure n'aurait défendu une vraie vision pour l'intégration du continent ou ne serait parvenu à dépasser des analyses méritantes . Plus juste et plus grave encore, si l'on se tourne vers l'avenir, la plupart des jeunes ambitieux de droite et de gauche de la vie politique française actuelle brident leur « prurit » européen dans les rares cas où ils en ont un par peur de rétorsion de l'opinion. « Ils ne s'expriment que sur les travers de l'Union, jamais sur ses mérites ».

Ceci empêche souvent toute reconnaissance de la singularité et de « l'alanguissement » français au sein de la famille européenne. Vis à vis de l'Allemagne, au premier chef, que l'on regarde encore avec trop de méfiance voire d'hostilité et de laquelle nous peinons à nous rapprocher au plan économique . Vis à vis des pays du Sud, quand la France, soucieuse de coller au groupe des pays du Nord, « n'affirme pas son rôle de chef de file du camp latin », pour se retrouver finalement entre deux eaux. A l'endroit des petits États membres, souvent ignorés ou méprisés alors qu'ils sont importants dans la mécanique institutionnelle. A l'égard, enfin, des institutions et de l'ensemble de l'écosystème bruxellois, regardés avec méfiance dans une posture défensive, sans leviers d'influence dûment maitrisés en mains.

En fait, rappelle Alain Minc, la France a « renoncé au pouvoir des idées ». Elle ne parvient plus, depuis l'épisode de la Convention présidée par Valéry Giscard d'Estaing, à « avoir une intelligence institutionnelle, une ambition stratégique, et une imagination politique ». Le propos est sévère alors que des responsables français, tels Pierre Moscovici ou Emmanuel Macron , ont bien exprimé, avec détermination et habileté, de vraies conceptions. Mais il pointe du doigt notre ambiguïté : notre pays ne veut plus se projeter en Europe tout en vivant et critiquant ses politiques tous les jours. Partant, il ne parvient pas à distinguer qu'un projet de long terme dont il a besoin est tout disponible : il s'agit de consolider « l'espace constitué de la zone Euro et de Schengen et de l'articuler au mieux à l'Europe des vingt huit ».

Attendre et espérer une France à nouveau motrice du projet européen

La France doit donc reprendre à son compte la phrase du général de Gaulle : « L'Europe est le levier d'Archimède de la France ». Tout en la mettant à jour : l'Europe rêvée par l'ancien président n'était autre qu'une « France en grand, une projection de nous mêmes dans laquelle les autres acceptaient de se glisser poliment, les Allemands par culpabilité historique, les Italiens par absence de surmoi politique, les autres par modestie ». Aujourd'hui, dès lors que l'on réaffirme que l'intégration européenne ne remet pas en cause l'identité française mais au contraire la magnifie, et que le « patriotisme » consiste « à faire de la France l'accoucheuse de l'Europe », le levier d'Archimède est tout autre, rappelle M. Minc avec justesse :

- il suppose d'abord une économie suffisamment rétablie pour que l'écart avec l'Allemagne se réduise jusqu'à l'inversion des courbes démographiques. Ce point de départ apparaît bien comme la clé du rapprochement franco-allemand, lui même nécessaire au portage d'un nouveau projet politique ambitieux ;

- il exige de se doter des moyens militaires et diplomatiques pour mimer les grands : selon M. Minc, l'intention est unanimement partagée et n'attend que des moyens plus conséquents. L'ambition est juste mais on peut douter de la pertinence du propos car nos partenaires se sont encore récemment montrés réticents à participer à nos opérations extérieures où à déduire nos dépenses militaires de Maastricht ;

- il requiert de comprendre « les nouvelles règles de l'échiquier européen et de s'y adapter : découvrir les mille et uns visages de l'influence, les multiples styles de compromis, les exigences de la négociation permanente, l'ascendant de l'empirisme sur les vieux principes cartésiens ». Il est rare que l'on mette l'accent sur ces éléments si peu compris: l'image de la France, la santé de sa vie démocratique, sa force de persuasion, la capacité de ses acteurs à s'unir sont bien essentiels ;

- il nécessite de « rendre ses lettres de noblesse à l'imagination et au rêve institutionnels » et se nourrit de l'énergie d'hommes d'État et de responsables publics susceptibles de proclamer, au grand dam des populistes : « l'Europe est notre avenir, la France peut choisir d'y jouer un rôle cardinal, ou de n'y être qu'un passager clandestin ou silencieux ». Très certainement, la vision, la détermination et l'éthique politiques demeurent irremplaçables.

Un plaidoyer pour l'Europe comme on n'ose plus en faire

Les débats sur les personnes ne doivent ni être indécents ni empêcher la transmission et le débat d'idées, qui est notre propos. Le dernier essai d'Alain Minc traite d'un sujet important ; il est riche et positif. Son chapitre consacré à l'Europe recèle d'une ferveur et d'un espoir que l'on ne trouve plus aujourd'hui que chez les Européens de cœur ou de naissance. Cette identité, car c'en est bien une, est insuffisante mais essentielle pour surmonter les obstacles divers qui se dressent sur la voie de l'intégration européenne . Tout en ayant conscience de la nature exacte des ressentiments populaires à l'égard de la construction communautaire, il est important de réveiller les consciences pour convaincre de la pertinence d'un projet porteur de rêves et seul à même de répondre aux défis de long terme actuels .

Olivier Marty
Maître de conférences en Institutions européennes à SciencesPo
www.oliviermarty.com

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Commentaires
a écrit le 24/12/2015 à 12:14 :
Merci Mr. Marty.

Cela fait plaisir d'avoir un commentaire construit plutôt que les habituelles insultes ou stupides ricanements, pleins de fautes d'orthographe, qui font la sauce usuelle des blogs !!!

Bon Noël et continuez d'animer la rédaction des blogs l'année prochaine.
Fred Maduf
Luxembourg
a écrit le 21/12/2015 à 14:14 :
Tout à fait d'accord avec cet article. Quelques précisions : l'Union européenne est beaucoup plus intégrée qu'on ne le dit. Elle a les deux piliers du fédéralisme US, la monnaie (et la BCE) et la justice (la CJ de l'UE). Quant à la législation, avec 80% des législations nationales encadrées par l'UE, elle est... Plus fédérale que les USA...un autre point : l'écart economique France-Allemagne est exagéré. En 1963, lors du traité de l'Elysee l'écart etait bien plus grand !!! De plus, il ne s'est creusé qu'à partir des années 2000... I.e. Lorsque l'Allemagne a compté 17 millions de plus d'Allemands !!! Et encore, il est étonnant qu'avec un tel différentiel, l'Allemagne ne performe pas mieux... En réalité, elle sous-performe, c'est ça la réalité economique !!! Allez voir Eurostat, l'OCDE etc...vous rendez vous compte, un apport de 17 millions de consommateurs, producteurs, etc.... tous allemands !!! Pas de pb de conso !!!
Réponse de le 24/12/2015 à 9:27 :
Merci Monsieur, pour votre commentaire. Il est vrai que M. Minc, comme moi, qui n'ait fait là qu'une synthèse accompagnée de commentaires critiques, passons un peu vite sur la réalité économique allemande. Il ne s'agit pas de nier les faiblesses de notre voisin à long terme. Mais de rappeler (il en est encore besoin quand tant d'hommes politiques et de citoyens français ont un discours germanophobe) que l'Allemagne est la puissance dominante de l'UE, principalement en raison de son sérieux économique, et que le "couple" franco-allemand disfonctionne en raison, principalement, de la faiblesse économique française. La France doit donc, non pas adopter le modèle économique allemand, mais faire preuve d'un vrai sérieux économique, d'abord sur ses finances publiques mais aussi sur sa compétitivité. En parallèle, elle doit démontrer un "sérieux démocratique" (i.e. restaurer une pratique démocratique digne, rationnelle, sereine, constructive, prospective) et clarifier sa volonté de se projeter collectivement, en tant que nation, dans la mondialisation. Au delà de l'Allemagne, c'est cette ambiguïté du positionnement international de la France qui est attaqué par ceux de nos alliés qui ont de fortes divergences culturelles avec nous (USA, RU). Joyeux Noël ! O. Marty
a écrit le 21/12/2015 à 13:24 :
L'Europe actuelle est plutôt le levier de Schauble et parait bien peu démocratique. Il reste encore quelques rêveurs pour croire à des Etats Unis d'Europe fondées sur les valeurs citées. Mais pourra-t-on y arriver à partir des institutions actuelles ou est-il nécessaire de repartir d'une table rase ?
Réponse de le 24/12/2015 à 9:39 :
Merci Monsieur pour votre commentaire. Je pense qu'associer l'Europe à la poigne de M. Schaüble est un peu caricatural bien qu'il y ait bien sûr une vérité derrière. Si l'Allemagne est dominante, et a "imposé" une philosophie économique tant aux pays sous "programmes" à la périphérie qu'à l'Europe entière avec les nouveaux éléments de gouvernance économique, c'est parce qu'elle s'est repliée sur elle même en se sentant intimement attaquée et incomprise de beaucoup de ses partenaires au début de la crise, après avoir fait beaucoup d'efforts suites à la réunification. Son approche, sa philosophie économique, a ensuite été partagée par beaucoup de ses alliés du Nord mais n'a pas pu être contrebalancée par le Sud ou le centre : la France avait là un rôle cardinal à jouer, mais elle ne l'a pas pu en raison de certaines erreurs, strictement européennes ou non, du débat du mandat de M. Hollande (tentative de coalition avec les pays du Sud pour s'opposer à l'Allemagne - perçu comme agressif / peu gage de confiance ; remise en cause du TSCG puis ratification, finalement ; hausse des dépenses publiques et de la dette ; inclusion dans la majorité d'éléments germanophobes (Montebourg, Bartolone)). On a redressé la politique économique en 2013-14 pour la rendre moins austère, plus favorable à la croissance. C'est bien, et nous avons progressé sur la période en posant des pierres utiles pour stabiliser l'économie européenne (Union bancaire, nouvelles règles sur le Pacte de Stabilité, règlementation des banques). Aussi, il ne faut pas perdre de vue que l'Allemagne a toujours sauvé l'essentiel : elle a voté les plans d'aide à la Grèce, l'a maintenue dans la zone Euro (il est vrai que M. Schäuble voulait un Grexit temporaire, qui est un point de vue qui se tient aussi / qu'on doit respecter), a été vive sur la question de Schenghen, etc. Je suis un peu rêveur sur l'Europe, je le reconnais, mais rêver est sain (à chacun son rêve !) et nécessaire pour avancer. Les institutions européennes sont très imparfaites mais s'améliorent, justement, avec la Commission Juncker qui rationalise la Commission ! Et n'oubliez pas que le "déficit démocratique" est bien plus souvent national (la faute incombe aux politiques qui ne communiquent jamais ou très, très mal sur l'Europe) que strictement européen ! Joyeux Noël ! Olivier Marty
a écrit le 21/12/2015 à 12:26 :
Ah ! pour parler celui-là, il sait bien vagabonder pour défendre tout et son contraire.
Quelle farce cette invocation de levier d'Archimède : il y a si longtemps que les regards français vis-à-vis de l'Allemagne ou de la Prusse sont les mêmes et à ce titre invoquer l'économie est justement le piège contre les forces de l'esprit ou le pouvoir des idées. N'est-ce pas le désastre des deux guerres mondiales qui a soumis la France et l'Europe au principal vainqueur et à son syncrétisme sinon syncrétinisme avec son hégémonie mondiale contre son rival à jamais à vaincre. Le foirail délétère qu'est devenue l'obèse U.E est avec l'OTAN guerrier le syncrétisme d'enfermement de la Vieille Europe. Les visions d'intégration ostracisent celles d'assimilation, au point d'avoir une telle peur de l'opinion que l'invoquer est condamné du chef de populisme insupportable. A la base première de ce syncrétinisme empirique par la seule économie il y a la famille de plus en plus détruite comme les valeurs et repaires ancestraux ; cela produit les guérillas sinon guerres entre le matérialisme syncrétique
et les rêves de sectes confessionnelles ou laïques avec gourous en tête qui écrivent la suite du syncrétisme post seconde guerre mondiale. Il vaudrait mieux commencer par les valeurs fondamentales et se hisser ensuite vers le sommet des ambitions plutôt que l'inverse pervers.
Réponse de le 24/12/2015 à 9:47 :
Merci pour votre avis Monsieur. J'ai peine à comprendre ce que vous voulez vraiment dire mais si il s'agit d'invoquer des valeurs fondamentales, l'UE les défend justement et est l'outil pour que les nôtres et les siennes soient défendues dans le monde ! Démocratie, paix, cohésion sociale, développement économique équilibré, respect de l'environnement et des cultures (mais aussi des pouvoirs nationaux avec la subsidiarité réaffirmée), intégration régionale la plus aboutie de la planète : c'est cela l'Europe, est c'est unique au monde ! Soyez en fier !
a écrit le 21/12/2015 à 12:14 :
Un plaidoyer pro Europe logique venant de quelqu'un de la classe dirigeante bénéficiaire de cette UE. On voit au travers de ses propos le décalage de perception entre cette élite et le français moyen qui lui n'a pas la même perception. Monsieur MARTY défend en quelque sorte son bout de gras cela va mieux en le disant. Par contre il serait bon de dire que cette Europe qu'il appelle de ses vœux est constitutionnellement de droite et par essence libérale. Il est donc illusoire de croire ou de faire croire que la France pourra la faire évoluer dans un sens plus social et les français contrairement à leurs prétendues élites le savent ce qui explique qu'une majorité de français sont opposés à cette Europe qui ne fait que promouvoir la concurrence libre et non faussée et qui privilégie la libre circulation des capitaux à la libre circulation des citoyens et qui fait passer l'intérêt des entreprises avant l'intérêt des citoyens. ceci explique la montée des populismes dans l'UE. Cette Europe libérale se bâtit sur le plus petit dénominateur commun rabaissant les nations qui ont fait la grandeur de l'Europe. plus grave cette Europe se fait sans le peuple et plus grave ne tient pas compte des votes des citoyens.
Réponse de le 24/12/2015 à 10:02 :
Bonjour Monsieur. Il y a beaucoup de choses dans votre commentaires. Sur l'idée qu'il y a un fossé entre les élites et le peuple sur l'Europe, je suis d'accord et c'est justement pour ça que je transmets des analyses compliqués à un large public (vous le verrez en allant sur mon site : www.oliviermarty.com) afin qu'il se les approprie et forge de meilleurs avis. Sur l'idée que les "Européistes" comme les appellent M. Védrine sont arrogants et peu didactiques, je m'inscris en faux : la tendance à dire qu'il fallait plus d'Europe sans l'expliquer a existé et existe, c'est certain, mais les choses sont aussi, souvent, argumentées pour que les gens réfléchissent plutôt que d'être séduits par les solutions populistes. Là où à mon avis le bât blesse, c'est au niveau des médias et des politiques qui, eux, ne font que très peu de pédagogie européenne. Sachez que je ne défens pas mon "bout de gras" (les cours que je donne à SciencesPo sont un grand plaisir mais ne sont pas, de très loin, ma source de revenus principale) mais bien des convictions. Vous dites que l'on ne tient pas compte des votes populaires en Europe: c'est partiellement vrai, mais n'oubliez pas que tout le cadre institutionnel européen est légal et que si ce n'est pas la voie populaire, ce sont leurs représentants où ceux qu'ils ont élu qui en approuvent les changements. Tournez vous donc vers ces personnes (i.e. vos élus, vos Ministres)... L'Europe n'est pas de droite ! Elle a été construite par des forces de droite et de gauche et les laisse s'exprimer même si on peut dire que sa philosophie politique, sa construction, est assez libérale. Quant à l'Europe sociale, elle arrive : elle ne pouvait pas être invoquée (par les forces politiques de gauche, principalement) au motif que nous avions le "modèle" le plus séduisant en la matière et alors que nous ne faisions pas preuve de sérieux économique et démocratique / politique. L'Europe sociale n'existe pas parce que les Etats membres ne l'ont pas souhaité, c'est aussi simple que cela ! Ils ont maintenant compris que l'intégration des politiques sociales, comme celles de l'emploi, devait être faite. C'est inclus dans la feuille de route d'approfondissement de la zone Euro. Renseignez vous...
a écrit le 21/12/2015 à 12:00 :
Mince... Encore un europeiste convaincu... Chacun son avis.
a écrit le 21/12/2015 à 11:27 :
Ben ! si Minc regrette la dérive libérale de l'Europe, alors, où va t on m'ame Michu ! Quant au rôle de la France dans cette entité, avec un chef de la droite "républicaine" dont le seul crédo est; "je vais faire mieux que MLP dans tous ses domaines de prédilection", elle est mal barrée. Déjà les positionnements lors du premier mandats ont montré leurs effets néfastes; il est à craindre, lors d'un éventuel second qu'il aille "outre MLP" en proposant la sortie de la France de l'U.E... Au fait, pour qui vote t il (a t il voté) le Minc ?
Réponse de le 24/12/2015 à 10:07 :
Bonjour Monsieur. Oui, je crois que vous pointez du doigt l'opportunisme de M. Sarkozy. Ses positions sur l'Europe, qui n'ont pas toutes été stériles (il a fait beaucoup lors de la présidence française de 2008 pour gérer la crise) peuvent tout à fait en souffrir, comme les autres sujets. Elles en souffrent déjà (cf ses positions sur Schenghen, disant qu'il était mort : le problème n'est pas Schenghen, le problème est le manque de frontières de Schenghen, le manque de coopération judiciaire et policière entre les Etats, et le manque de politique d'immigration économique (et autres volets) plus communes. Je ne sais pas pour qui a voté M. Minc (pour MM. Jospin en 2002 puis Sarkozy en 2007, je crois ; je n'en sais pas plus et je m'y intéresse peu !). Joyeux Noël !

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