Pourquoi nous ne voyons pas que le monde va de mieux en mieux

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Johan Norberg.
Johan Norberg. (Crédits : DR)
LA CHRONIQUE DES LIVRES ET DES IDÉES. Dans son ouvrage intitulé « Non, ce n'était pas mieux avant », aux éditions Plon(*), l'économiste suédois Johan Norberg réfute l'idée générale que nous vivons dans un monde qui va de plus en plus mal. Chiffres à l'appui, il montre que cette impression de malheur est davantage dominée par l'émotion que par la raison. Et met en garde contre un tel aveuglement qui favorise l'accession au pouvoir de leaders populistes dont les politiques sont davantage synonymes de régression que de progrès.

L'humanité n'a jamais aussi bien vécu qu'aujourd'hui. C'est la thèse iconoclaste développée par Johan Norberg, dans son ouvrage « Non, ce n'était pas mieux avant » (éditions Plon) (*). Sous-titré « Dix bonnes raisons d'avoir confiance dans l'avenir », ce best-seller international enfin traduit en français s'inscrit dans le sillage d'un autre livre qu'il avait publié il y a quinze ans, « Plaidoyer pour la mondialisation capitaliste » (éditions Plon). Prenant à revers la contestation altermondialiste, cet économiste et historien des idées suédois y montrait, chiffres à l'appui, les bienfaits de la libéralisation du commerce international. Il réitère sa démonstration en montrant que la litanie consistant à se plaindre de l'état du monde est erronée.

Jamais l'espérance de vie n'a été aussi élevée

Comment Norberg arrive à une telle conclusion ? En s'appuyant sur des données chiffrées puisées à des sources aisément consultables sur internet, et en recourant à nombre d'exemples historiques qu'il compare à la situation présente. Il montre ainsi que jamais l'espérance de vie n'a été aussi élevée, que la pauvreté et la violence sont en baisse constante, que de plus en plus de personnes mangent à leur faim et ont accès à une eau potable et des conditions d'hygiènes minimales, que, même si la lutte contre le réchauffement climatique est un problème majeur, la qualité de l'environnement s'améliore, que l'analphabétisme a considérablement chuté, que les libertés politiques se sont étendues et que l'égalité des citoyens a progressé.

Ainsi, sait-on que l'espérance de vie (moyenne) est passée de 39 ans en 1900 à 71 ans aujourd'hui, en raison notamment de la chute de la mortalité infantile (décès des enfants de moins de 1 an). Et non seulement nous vivons plus longtemps mais aussi en meilleure santé, grâce au progrès de la médecine.

La chute de l'extrême pauvreté à travers le monde

En 1800, 94% de la population était dans une extrême pauvreté (définie par un revenu équivalent à moins de 2 dollars par jour de pouvoir d'achat par la Banque mondiale). Aujourd'hui, c'est moins de 10%, majoritairement concentrés en Afrique, alors même que le nombre d'habitants de la planète a été multiplié par 7 (7,4 milliards).

Nous sommes devenus également plus riches. Le PIB mondial a augmenté autant au cours des 30 dernières années que durant les 30.000 années précédentes. Il est passé (ajusté de l'inflation) de 33.000 milliards de dollars en 1986 à plus de 73.000 milliards de dollars aujourd'hui. Il y a 30 ans, il s'élevait à 6.600 dollars par habitant, aujourd'hui il atteint 10.000 dollars.

La diffusion des progrès de la médecine profitent à tous

Mieux, la diffusion des progrès profite à tous. Norberg indique ainsi que dans un pays où le revenu annuel par habitant est de 1.000 dollars, le taux de mortalité infantile était de 20% en 1900, aujourd'hui il est de 7%. Les pays les plus pauvres bénéficient donc aussi des progrès de la médecine développés dans les pays les plus riches.

L'un des chapitres les plus surprenants est celui sur la violence. Malgré un XXe siècle qui a connu deux guerres mondiales, et une multitude de conflits, son niveau recule constamment. Au Moyen Age, le taux d'homicide en Europe s'élevait à 32 pour 100.000. A la fin du XXe siècle, il est de 1 pour 100.000. Même le nombre de morts liés aux guerres est en recul, passant d'un ratio de 195 pour 1 million en 1950 à 8 pour 1 million en 2013.

Parcourir un maximum de kilomètres avec le minimum d'essence

Même la situation de l'environnement n'est pas aussi dégradée, selon Norberg, ce qui paraît surprenant au regard des informations quotidiennes qui nous annoncent sa destruction lente. Ainsi, l'évolution constante des techniques agricoles devrait réduire la surface dédiée à l'agriculture et permettre à l'avenir le retour à la nature de millions d'hectares. Même la qualité de l'air s'améliore : le niveau de pollution aux Etats-Unis (le pays le plus pollueur) est 63% plus bas aujourd'hui qu'il était en 1980, grâce à des technologies toujours plus efficientes. Exemple dans le transport : le navire porte-conteneurs Maersk Mc-Kinney Møller, long de 400 mètres et haut de 20 étages transportant 18.000 conteneurs, a un système de propulsion qui lui permet de parcourir un maximum de kilomètres avec le minimum d'essence. Même sa lenteur par rapport à d'autres navires est compensée par le plus grand diamètre de son hélice.

Norberg ne se contente pas d'accumuler des exemples et de comparer les données, il suggère des solutions à la lumière des informations recueillies. Ainsi, investir 10 milliards de dollars dans des centrales électriques alimentées par le gaz naturel permettrait de sortir de la pauvreté 90 millions de personnes. La même somme consacrée à la production d'électricité alimentée par des énergies renouvelables n'en sortirait qu'entre 20 à 27 millions. Norberg en déduit qu'il faut approcher ces problèmes avec pragmatisme et sans a priori idéologique.

La survie n'est pas la vie

Pour les êtres humains, sortir de la pauvreté est une première étape, mais la survie n'est pas la vie. Dans cette optique, l'accès à l'éducation est essentiel. Sortir de l'ignorance c'est devenir plus libre, plus autonome, ce qui favorise les échanges avec d'autres personnes.

Norberg rappelle qu'en 1800, à peine 12% des individus savaient lire, 40% en 1950, aujourd'hui 86%. Il souligne également que, si les femmes furent longtemps exclues du système éducatif, elles sont aujourd'hui 96% par rapport aux hommes à savoir lire. Cet accès à l'éducation leur a permis de pouvoir travailler, de s'émanciper, même s'il reste encore beaucoup à faire. Norberg cite un rapport du cabinet de conseil McKinsey qui a calculé que la parité intégrale sur le marché du travail entre hommes et femmes pourrait augmenter le PIB de 26% d'ici à 2025.

L'influence des mauvaises nouvelles

Au regard de toutes ces données positives, la question est de savoir pourquoi nous sommes persuadés que nous vivons une période de « déclinisme », en particulier dans les pays développés. Johan Norberg l'explique par la diffusion d'informations qui sélectionnent les mauvaises nouvelles : catastrophes naturelles, terrorisme, faits divers, chômage... donnant l'impression que le monde est rempli de malheurs, qu'ils sont la norme. Et les images frappent davantage en provoquant nos émotions que les chiffres que nous sous-estimons qui s'adressent à la raison.

Une impression renforcée par le biais d'internet. Le sensationnalisme se substitue aux faits, comme l'atteste par exemple la méfiance à l'égard de la vaccination qui a pourtant était un progrès décisif dans la lutte contre les ravages mortels causés par certaines maladies.

Une autre explication est la critique convenue, en particulier dans le monde occidental, de la notion de progrès économique mesuré par le PIB, alors même - et c'est le premier intérêt du livre de Norberg - qu'il nous a  permis d'accéder à des conditions de vie meilleures. De manière générale, les progrès de la science sont mis en doute, comme l'atteste le commerce florissant des pseudosciences, tandis que, sur le plan intellectuel, le rationalisme est remis en cause par les différentes formes de relativisme qui caractérisent le postmodernisme lequel conteste l'idée de progrès qui avait accompagné le siècle des Lumières.

Le risque de la montée du populisme

Mais ce qui inquiète Norberg et justifie la rédaction de son livre est la montée du populisme. Loin d'être un optimiste béat, l'économiste suédois voit dans ce phénomène politique, qu'ont illustré l'élection de Donald Trump et le Brexit, le risque d'une régression dangereuse. En effet, dans un monde perçu comme allant de plus en plus mal par l'opinion publique, la quasi-totalité des dirigeants politiques et ceux qui aspirent à l'être se présentent comme des sauveurs proposant des solutions qui vont résoudre tous nos supposés malheurs. Et ce sont les leaders à forte personnalité qui séduisent le plus en promettant le retour aux jours heureux, jouant sur la fibre nostalgique.

Johan Norberg n'affirme pas que tout est parfait, loin s'en faut. Il est le premier à souligner que si la situation s'améliore pour le plus grand nombre sur la planète, elle ne s'améliore pas pour tout le monde. Il rappelle que près de la moitié de la population des pays à revenu faible ou intermédiaire souffre de maladies liées au manque d'eau potable et de services d'assainissement. Et que dans les pays développés, les classes moyennes subissent une stagnation de leurs revenus.

Le progrès lié à la liberté des individus

Mais Norberg rappelle aussi que le développement dans l'histoire a souvent été lié à des institutions qui garantissent la liberté des individus, et non à des régimes autoritaires. Le progrès économique dépend en effet de la liberté d'échanger et de développer les idées sans être entravé par les politiques autoritaires de leaders paternalistes. « Davantage de pays, dans davantage de parties du monde, ont désormais accès à la totalité du savoir humain et sont ouverts aux meilleures innovations venues d'ailleurs », rappelle Norberg, qui souligne que « même si la richesse et les vies humaines peuvent être détruites, le savoir disparaît rarement. Il continue à se développer. » Il y a un effet cumulatif du savoir, d'autant plus qu'il est facile à partager. C'était déjà la thèse de Matt Ridley dans « The Rational Optimist », hélas, toujours pas traduit en français.

Si ce n'était pas mieux avant, il dépend donc de nous aujourd'hui que ce soit mieux demain, car « ce serait terrible de penser que le progrès va de soi », avertit Norberg. Et le premier mérite de son livre est de nous le rappeler.

(*) Johan Norberg, « Non ce n'était pas mieux avant », éditions Plon (mai 2017), 272 pages, 17,90 euros.

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Commentaires
a écrit le 05/07/2017 à 23:00 :
Comparer le sursaut du PIB à un progrès social profitant à tous est une totale supercherie. et si En 1800, 94% de la population était dans une extrême pauvreté, sachez qu'en 1789 c'était pareil... ce livre est un ramassis de complaisance faussement rassurante. à qui s'adresse ce livre, et quel est son intention ?
a écrit le 25/06/2017 à 23:42 :
on ne doit pas vivre dans le même monde..
depuis 30 ans je constate:
une dégradation des conditions de travail
des difficultés de plus en plus importantes pour vivre avec un salaire moyen..ce qui commence à s'apparenter à de la survie
l'impossibilité d'accéder à des soins: ophtalmo 12 mois d'attente...
de plus en plus de gens qui bossent et qui dorment dans leur voiture
une dégradation de la qualité de l'alimentation: "manger 5 fruits et légumes par jour pour être en bonne santé"=sacrée pub.. pour retrouver les qualités nutritives contenues dans une pomme des années 80 il faut en manger 150 maintenant...
et j'en passe : pollution, inégalités sociales ....
a écrit le 23/06/2017 à 10:48 :
C'est affligeant de lire des articles avec un tel niveau de négation...
Regardez, tout vas bien, La vie est belle, vous êtes heureux, continuez à regarder la TV, consommez, c'est fantastique...
Mes félicitations à La Tribune.... C'est du grand Art
a écrit le 22/06/2017 à 16:44 :
Comment passer de la pommade en faisant croire que tout est beau et gentil. Les champs étudiés sont hypers réducteurs, alors ok la médecine a avancé et davantage de gens sont instruits mais franchement, si tout n'était pas mieux avant on ne peut pas non plus dire que tout va mieux maintenant. C'est facile de comparer avec le 19ème siècle, heureusement qu'il y a eu des progrès en deux cents ans, on ne va pas pleurer de joie pour autant. Si on compare avec un passé plus proche on constate quand même que si les pays extrêmement pauvre le sont de moins en moins, on est obligé de remarquer que les pays dits "riches" ou "développés" affichent de plus en plus d'inégalités sociales et que la précarité monte en flèche. Par rapport à l'éducation, plus de gens y ont accès mais la qualité de cette éducation est très relative et si on veut à tout prix comparer avec des temps lointains, force est de constater que le niveau d'éducation n'est pas aussi élevé qu'avant (apprentissage des langues, maîtrise du français, etc). L'accès à la culture a augmenté mais parallèlement les gens lisent de moins en moins. La plupart des jeunes maintenant HEUREUSEMENT qu'ils ont accès à l'éducation parce que sinon ce serait un massacre tellement la culture à foutue le camp. Les coutumes et les cultures s'uniformisent toutes, perdant toute leur richesse. Tout ça c'est sans parler du fait qu'écologiquement, la situation est tout simplement désastreuse. Là je n'ai aucun état à dire "ouais c'était mieux avant, quand on se demander par combien de temps telle ou telle espèce allait encore survivre ou bien quand il n'y aurait plus d'eau potable sur terre". J'en passe et des meilleurs. Mais non, prenons bien soin du capitalisme qui réduit au final les consciences individuelles, qui transforme les élections en compétition de marketing, qui détruit ce qui est vital à notre survie et aussi ce qui oblige des gens à vivre dans la rue faute de mieux. Tout va bien, nous ne sommes que des pleurnichards.
a écrit le 22/06/2017 à 8:15 :
Il faut atteindre un niveau d'équilibre entre les prélèvements sur la production (les entreprises) et sur la consommation (les ménages). Ce point d'équilibre est variable suivant le niveau de développement des économies de chaque pays.
Réponse de le 23/06/2017 à 13:47 :
Suite. Je précise que mon commentaire se réfère à la note n°6 du CAE qu'il conviendrait d'appliquer pour plusieurs raisons. Sinon, notre situation économique continuera à se détériorer.
a écrit le 21/06/2017 à 18:58 :
Ce gentil écrivain nage dans l'optimisme béat : il rappelle un peu François de Closets contre les déclinistes, les populistes et autres extrémistes : cad ceux qui ne voient pas les vertus du capitalisme libéré de toute contrainte, du mondialisme triomphant contre les souverainistes retardataires. Ni droite ni gauche mais ouverture contre fermeture (ça ne vous rappelle pas quelqu'un ? ). Ben c'est vrai, depuis Cro-Magnon, il y a eu des progrès tout de même, le danger des guerres s'éloigne, et, par exemple, progrès démocratique incontestable : grâce à une poignée de votants, nous avons le gouvernement rêvé qui va bien s'occuper de nous . Pas belle la vie ?
a écrit le 21/06/2017 à 17:51 :
« Non, ce n'était pas mieux avant »,

Et pourtant,les salariés français pourront dire quand la loi travail XXL ou le recul de départ en retraite va arriver avec notre Jupitérien.Oui, c’était mieux avant pour un salarié quand la retraite était à 60 ans que le CDI était la norme ,quand le salarié était protégé ,quand les indemnités patronales n'étaient pas plafonnées,quand il y avait des augmentations générales, quand il n'y avait pas d'évaluation individuelle stupide,quand son emploi n'était pas en compet avec un pays à bas coûts , quand il y avait pas de délocalisation, quand les patrons se goinfraient moins ( de X20 à aujourd'hui X320) ,quand le médecin du travail contrôlait tout les deux ans et non 5 comme depuis le 1er janvier 2017 etc.. On voit bien que la régression sociale revient très vite.
a écrit le 21/06/2017 à 17:38 :
Johan Norberg est un peu jeune et déjà en dehors des réalités de terrain. C’est un théoricien comme bien d’autres analystes qui ne voient que par le biais de statistiques. Oui l’évolution technologique a apporté quelques aisances dans la vie de tous les jours, mais dans ce domaine, il faut avoir un certain recul, certains diront la sagesse, pour pondérer, Cette catégorie spécialiste, ne possède pas cette vertu.
Bien sur les « progrès » ont permis aux populations des pays du tiers monde de sortir de l’extrême pauvreté. Mais à quel prix ? Le progrès n’a pas empêché les guerres; On peut observer que le nombre de migrants économiques n’a jamais été aussi important. Autre exemple parmi tant d’autres ; La financiarisation excessive de l’économie, exacerbée par les techniques numériques a-t-elle apporté du positif dans la vie des citoyens salariés dans nos pays occidentaux ? Réponse NON. Depuis les années 90 cette forme d’économie favorise les emplois précaires, aléatoires, tire les salaires vers le bas, et augmente les crises de type « bulle », aux conséquences désastreuses sur la vie des salariés.
Les progrès des sciences ne sont pas mis en doute ; ce qui est mis en doute c’est l’exploitation de ces évolutions technologiques au profit prioritaire de la rente financière, alors que cela devrait profiter d’abord au bien-être de l’homme.
Et puis, J’ai comme l’impression qu’à force de progresser dans l’automatisation notre société « s’autolyse ». Nous autres, humains, toujours prompts à vanter nos capacités d’innover, ne voyons pas que par notre prétention à évoluer, nous alimentons le germe de la décadence de notre civilisation. Ce n’est pas nouveau, d’autres civilisations se sont déjà éteintes, avant la nôtre. "La décadence actuelle est un fait et il existe une exploitation politique de ce fait »dirait Onfray. Je crois que nous y arrivons doucement, mais surement.
a écrit le 21/06/2017 à 16:56 :
Si l'Ouest arrêtait de f... la m... au Moyen-Orient, le monde serait parfait.
Réponse de le 21/06/2017 à 17:46 :
je suppose que vous n etes pas serieux. Saddam n a pas eut besoin de l occident pour envahir l iran et le koweit. Nous ne sommes pour rien dans la guerre au yemen, ni pour le fait que les chiites et sunnites se detestent copieusement (genre hugenot et catholique au 16eme sciecle chez nous)
a écrit le 21/06/2017 à 15:55 :
Quelles réactions n'aurions-nous pas eues si le chroniqueur avait été un compatriote ! Les enquêtes d'opinion désignent de façon récurrente les français comme les citoyens européens les plus pessimistes, sauf si on les questionne sur leur situation et perspectives personnelles. Bizarre, non ?
J'y vois un signe de nos difficultés à nous inscrire dans un dessein collectif et le phénomène populiste s'en repaît.
Placer le débat sur le terrain de la rationalité n'intéresse pas les populistes qui font prospérer leurs idées sur d'autres ressorts avec un point commun, l'existence de boucs émissaires (l'immigré - dangereux, "la finance" - néfaste par essence, les élites - incurables,...).
Tout ne va pas bien en effet. Et avoir un "autre" à côté de soi est bien pratique pour imputer les responsabilités. L'unité de la nation n'est pas une quête partagée.
Vivement la traduction française de "The rational optimist".
Un senior en difficulté qui ne croit pas aux bénéfices contemporains de la "chienlit".
Réponse de le 21/06/2017 à 17:54 :
Je pense que les francais sont lucide sur le fait que leur modele social est condamne (d ou le pessimisme) mais que pour l instant tout va bien pour eux (a part les plus jeunes qui doivent dormir dans leur voiture et travailler pour 400 €/mois comme stagiaire)

Sinon il y a un trait francais, bien explicite dans le livre "la societe de defiance"
a écrit le 21/06/2017 à 15:16 :
L auteur du livre indique qu il y a eut des progrès, par ex en ce qui concerne le niveau de vie de la population. Totalement vrai si on prend la population mondiale (en chine plus personne n a faim). Par contre si on prend la population francaise (ou US) c est plus discutable. Un ouvrier arrivait a faire vivre sa famille (certes modestement) en 1970 en travaillant seul. C est impossible aujourd hui (et je parle pas du cas ou il est au RSA)

D autres arguments osnt a mon avis faux. L auteur ecrit que le monde est plus riche aujourd hui qu hier. Pure effet d optique. Ex : j ai une maison qui fallait 100 en 1970. Aujourd hui la meme maison faut 500 corrigé de l inflation. Suis je 5 fois plus riche ? non j ai la meme maison ! Et si je veux la revendre et me reloger, il faudra aussi que je depense 5 fois plus !


Apres il y a d autres phenomene: la chine est indeniablement plus riche aujourd hui que sous Mao. Par contre, le massacre de l environnement faut il cette hausse du PIB ? la generation de chinois malade car respirant un air pollue, le fait de plus pouvoir voir le ciel bleu ca faut combien ?
a écrit le 21/06/2017 à 14:48 :
Nous ne sommes pas aveugles en France. On voit bien que cela va mieux, la preuve la moitié des Français (des Français?) toutes les aides de la CAF. Pas belle la vie en France.
a écrit le 21/06/2017 à 13:11 :
Souvent des sociétés opulentes (mais pour qui? et dans quelles conditions?) ont produit des générations "perdues". Ailleurs, dans les pires difficultés, un optimisme "inexplicable" a porté d'autres générations à croire au progrès et a suscité des mouvements d'enthousiasme pour un avenir meilleur. On le sait depuis longtemps: les grands courants collectifs, les utopies mobilisatrices, les sentiments de satisfaction de frustration, et l'évaluation par chacun du simple bonheur, tout cela ne se mesure pas avec des séries statistiques agrégeant des données construites par les bureaucraties étatiques ou pour les besoins des sciences sociales. Il y a une sorte de naïveté à vouloir combattre ce qu'on dénonce comme le "déclinisme" ambiant en exhibant des indices de mortalité ou des taux de croissance de PIB, concept abstrait par nature. Si on compare le PIB des communautés humaines du néolithique à celui des sociétés complexes de l'an 2017, incontestablement il y a une certaine croissance (en encore per capita, on pourrait en discuter). Mais la comparaison est risible et non significative.
L'évolution de la mortalité par guerre est assez différente (en Europe) si on considère la période 1900 à 1914 ou de 1920 à 1938 et les période 1914 à 1938 ou 1938 à 1950. Qui nous dit que dans les 20 prochaines années, la "pacification" toute relative ne sera pas mis en cause par une nouvelle guerre mondiale et des massacres de masse que nos amis allemands et japonais ont su si bien organiser au début des années 40. Johan Norberg est suédois, il vit dans un petit pays stable, à peu près pacifique, relativement riche et égalitaire comme il y en a assez peu dans le monde, et sans doute sa sage culture protestante le porte-t-elle à l'avant-garde des optimistes rationnalisateurs pour combattre les méchants "populistes" et les folies irrationnelles, menaçantes et même démoniaques du monde extérieur à la petite péninsule nordique.
a écrit le 21/06/2017 à 11:42 :
Tous ces progrès soulignés par l'auteur sont essentiellement la résultante de politiques publiques qui ne se subordonnaient pas à l'unique satisfaction des intérêts des entreprises et du fric.
En France, nous avons eu Jules Ferry pour l'éducation, le CNR pour la sécurité sociale, 1936 pour les congés payés, etc....
Actuellement; nous subissons la financiarisation à outrance de l'économie et le recul des acquis sociaux demandé par les entreprises qui ne veulent plus rien financer pour la collectivité et ne payent plus d'impôts.
Ce qui ne veut pas dire que l'initiative privée et le commerce sont à combattre.
Tous ces progrès sont remis en causes de façon systématique par les tenants du libéralisme !
NKM, un des symbole de la nouvelle modernité, nous expliquait récemment qu'il fallait que l'on s'habitue à changer fréquemment d'emploi, à en avoir plusieurs simultanément, à avoir plusieurs sources de revenu (Air Bnb, louer sa bagnole) .... pour après s’inquiéter de sa propre précarité politique (TORDANT !)
Et quid de l’augmentation phénoménale des Burn out, des TMS, le retour du travail à la tâche, le couts des études, le chômage de masse, le recul des retraites .... Désolé de ce point de vue décliniste mais lucide.
Réponse de le 21/06/2017 à 17:51 :
Pas faux mais un peu excessif. Car si le passif du liberalisme (qui serait plutot celui de la deregulation) est bien explicité, il faut pas jeter le bebe avec l eau du bain. Sinon on fait du melanchon et on se retourve avec des penuries de tout, des emeutes et une dictature comme au Venezuela
a écrit le 21/06/2017 à 11:05 :
Oui oui, d'ailleurs la chanteuse préférée de Raffarin, Lorie, le chante dans sa chanson "Positive attitude", il est donc clair que tout va bien voyons.

La condition humaine depuis son existence et jusque ce que l'on nous impose le néolibéralisme qui permet à quelques personnes de s’accaparer toutes les richesses de la planète générant la destruction de celle ci via tout ce qui ne va pas que vous avez oublié de citer, nier les problèmes est plus facile pour dire qu'ils n'existent pas, à savoir la changement climatique, la pollution plastique des océans dont 6 iles de la taille du Luxembourg qui s'agrandissent tous les jours un peu plus, les zones mortes qui sont des étendues d'eau qui détruisent la vie car bourrée de produits chimiques lié à l'agro-industrie pour l'essentiel en croissance permanente, la pollution atmosphérique, la pollution de l'eau, Fukushima qui irradie l'océan depuis 6 ans maintenant et-c... rien qu'en ce qui concerne la planète qui n'est pas en mode illimité et c'est vrai que les humains ne meurent plus de faim ils meurent dans les usines pour 1 euro par jour pour nous fabriquer des objets que l'on va jeter.

Autant les articles pour nous dire que tout va mal, mais en fait on n'en lis jamais, seraient insupportable, autant cette abondance de niaiserie est également insupportable.

Descendez de vos chiffres et de votre tour d'ivoire et regardez là ou vous ne regardez jamais svp, merci.
Réponse de le 21/06/2017 à 13:12 :
On attend certainement pas de vous une attitude un tant soit peu positive !!!! Le populisme, c'est si facile !!! Mais les faits sont les faits.
Réponse de le 22/06/2017 à 12:22 :
"On attend certainement pas de vous une attitude un tant soit peu positive !!!! Le populisme, c'est si facile !!! Mais les faits sont les faits"

Quand je vois ce que je vois et que j'entends ce que j'entends et bien je suis content de penser ce que je pense !" Coluche

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