Pourquoi nous ne voyons pas que le monde va de mieux en mieux

LA CHRONIQUE DES LIVRES ET DES IDÉES. Dans son ouvrage intitulé « Non, ce n'était pas mieux avant », aux éditions Plon(*), l'économiste suédois Johan Norberg réfute l'idée générale que nous vivons dans un monde qui va de plus en plus mal. Chiffres à l'appui, il montre que cette impression de malheur est davantage dominée par l'émotion que par la raison. Et met en garde contre un tel aveuglement qui favorise l'accession au pouvoir de leaders populistes dont les politiques sont davantage synonymes de régression que de progrès.
Robert Jules

8 mn

Johan Norberg.
Johan Norberg. (Crédits : DR)

L'humanité n'a jamais aussi bien vécu qu'aujourd'hui. C'est la thèse iconoclaste développée par Johan Norberg, dans son ouvrage « Non, ce n'était pas mieux avant » (éditions Plon) (*). Sous-titré « Dix bonnes raisons d'avoir confiance dans l'avenir », ce best-seller international enfin traduit en français s'inscrit dans le sillage d'un autre livre qu'il avait publié il y a quinze ans, « Plaidoyer pour la mondialisation capitaliste » (éditions Plon). Prenant à revers la contestation altermondialiste, cet économiste et historien des idées suédois y montrait, chiffres à l'appui, les bienfaits de la libéralisation du commerce international. Il réitère sa démonstration en montrant que la litanie consistant à se plaindre de l'état du monde est erronée.

Jamais l'espérance de vie n'a été aussi élevée

Comment Norberg arrive à une telle conclusion ? En s'appuyant sur des données chiffrées puisées à des sources aisément consultables sur internet, et en recourant à nombre d'exemples historiques qu'il compare à la situation présente. Il montre ainsi que jamais l'espérance de vie n'a été aussi élevée, que la pauvreté et la violence sont en baisse constante, que de plus en plus de personnes mangent à leur faim et ont accès à une eau potable et des conditions d'hygiènes minimales, que, même si la lutte contre le réchauffement climatique est un problème majeur, la qualité de l'environnement s'améliore, que l'analphabétisme a considérablement chuté, que les libertés politiques se sont étendues et que l'égalité des citoyens a progressé.

Ainsi, sait-on que l'espérance de vie (moyenne) est passée de 39 ans en 1900 à 71 ans aujourd'hui, en raison notamment de la chute de la mortalité infantile (décès des enfants de moins de 1 an). Et non seulement nous vivons plus longtemps mais aussi en meilleure santé, grâce au progrès de la médecine.

La chute de l'extrême pauvreté à travers le monde

En 1800, 94% de la population était dans une extrême pauvreté (définie par un revenu équivalent à moins de 2 dollars par jour de pouvoir d'achat par la Banque mondiale). Aujourd'hui, c'est moins de 10%, majoritairement concentrés en Afrique, alors même que le nombre d'habitants de la planète a été multiplié par 7 (7,4 milliards).

Nous sommes devenus également plus riches. Le PIB mondial a augmenté autant au cours des 30 dernières années que durant les 30.000 années précédentes. Il est passé (ajusté de l'inflation) de 33.000 milliards de dollars en 1986 à plus de 73.000 milliards de dollars aujourd'hui. Il y a 30 ans, il s'élevait à 6.600 dollars par habitant, aujourd'hui il atteint 10.000 dollars.

La diffusion des progrès de la médecine profitent à tous

Mieux, la diffusion des progrès profite à tous. Norberg indique ainsi que dans un pays où le revenu annuel par habitant est de 1.000 dollars, le taux de mortalité infantile était de 20% en 1900, aujourd'hui il est de 7%. Les pays les plus pauvres bénéficient donc aussi des progrès de la médecine développés dans les pays les plus riches.

L'un des chapitres les plus surprenants est celui sur la violence. Malgré un XXe siècle qui a connu deux guerres mondiales, et une multitude de conflits, son niveau recule constamment. Au Moyen Age, le taux d'homicide en Europe s'élevait à 32 pour 100.000. A la fin du XXe siècle, il est de 1 pour 100.000. Même le nombre de morts liés aux guerres est en recul, passant d'un ratio de 195 pour 1 million en 1950 à 8 pour 1 million en 2013.

Parcourir un maximum de kilomètres avec le minimum d'essence

Même la situation de l'environnement n'est pas aussi dégradée, selon Norberg, ce qui paraît surprenant au regard des informations quotidiennes qui nous annoncent sa destruction lente. Ainsi, l'évolution constante des techniques agricoles devrait réduire la surface dédiée à l'agriculture et permettre à l'avenir le retour à la nature de millions d'hectares. Même la qualité de l'air s'améliore : le niveau de pollution aux Etats-Unis (le pays le plus pollueur) est 63% plus bas aujourd'hui qu'il était en 1980, grâce à des technologies toujours plus efficientes. Exemple dans le transport : le navire porte-conteneurs Maersk Mc-Kinney Møller, long de 400 mètres et haut de 20 étages transportant 18.000 conteneurs, a un système de propulsion qui lui permet de parcourir un maximum de kilomètres avec le minimum d'essence. Même sa lenteur par rapport à d'autres navires est compensée par le plus grand diamètre de son hélice.

Norberg ne se contente pas d'accumuler des exemples et de comparer les données, il suggère des solutions à la lumière des informations recueillies. Ainsi, investir 10 milliards de dollars dans des centrales électriques alimentées par le gaz naturel permettrait de sortir de la pauvreté 90 millions de personnes. La même somme consacrée à la production d'électricité alimentée par des énergies renouvelables n'en sortirait qu'entre 20 à 27 millions. Norberg en déduit qu'il faut approcher ces problèmes avec pragmatisme et sans a priori idéologique.

La survie n'est pas la vie

Pour les êtres humains, sortir de la pauvreté est une première étape, mais la survie n'est pas la vie. Dans cette optique, l'accès à l'éducation est essentiel. Sortir de l'ignorance c'est devenir plus libre, plus autonome, ce qui favorise les échanges avec d'autres personnes.

Norberg rappelle qu'en 1800, à peine 12% des individus savaient lire, 40% en 1950, aujourd'hui 86%. Il souligne également que, si les femmes furent longtemps exclues du système éducatif, elles sont aujourd'hui 96% par rapport aux hommes à savoir lire. Cet accès à l'éducation leur a permis de pouvoir travailler, de s'émanciper, même s'il reste encore beaucoup à faire. Norberg cite un rapport du cabinet de conseil McKinsey qui a calculé que la parité intégrale sur le marché du travail entre hommes et femmes pourrait augmenter le PIB de 26% d'ici à 2025.

L'influence des mauvaises nouvelles

Au regard de toutes ces données positives, la question est de savoir pourquoi nous sommes persuadés que nous vivons une période de « déclinisme », en particulier dans les pays développés. Johan Norberg l'explique par la diffusion d'informations qui sélectionnent les mauvaises nouvelles : catastrophes naturelles, terrorisme, faits divers, chômage... donnant l'impression que le monde est rempli de malheurs, qu'ils sont la norme. Et les images frappent davantage en provoquant nos émotions que les chiffres que nous sous-estimons qui s'adressent à la raison.

Une impression renforcée par le biais d'internet. Le sensationnalisme se substitue aux faits, comme l'atteste par exemple la méfiance à l'égard de la vaccination qui a pourtant était un progrès décisif dans la lutte contre les ravages mortels causés par certaines maladies.

Une autre explication est la critique convenue, en particulier dans le monde occidental, de la notion de progrès économique mesuré par le PIB, alors même - et c'est le premier intérêt du livre de Norberg - qu'il nous a  permis d'accéder à des conditions de vie meilleures. De manière générale, les progrès de la science sont mis en doute, comme l'atteste le commerce florissant des pseudosciences, tandis que, sur le plan intellectuel, le rationalisme est remis en cause par les différentes formes de relativisme qui caractérisent le postmodernisme lequel conteste l'idée de progrès qui avait accompagné le siècle des Lumières.

Le risque de la montée du populisme

Mais ce qui inquiète Norberg et justifie la rédaction de son livre est la montée du populisme. Loin d'être un optimiste béat, l'économiste suédois voit dans ce phénomène politique, qu'ont illustré l'élection de Donald Trump et le Brexit, le risque d'une régression dangereuse. En effet, dans un monde perçu comme allant de plus en plus mal par l'opinion publique, la quasi-totalité des dirigeants politiques et ceux qui aspirent à l'être se présentent comme des sauveurs proposant des solutions qui vont résoudre tous nos supposés malheurs. Et ce sont les leaders à forte personnalité qui séduisent le plus en promettant le retour aux jours heureux, jouant sur la fibre nostalgique.

Johan Norberg n'affirme pas que tout est parfait, loin s'en faut. Il est le premier à souligner que si la situation s'améliore pour le plus grand nombre sur la planète, elle ne s'améliore pas pour tout le monde. Il rappelle que près de la moitié de la population des pays à revenu faible ou intermédiaire souffre de maladies liées au manque d'eau potable et de services d'assainissement. Et que dans les pays développés, les classes moyennes subissent une stagnation de leurs revenus.

Le progrès lié à la liberté des individus

Mais Norberg rappelle aussi que le développement dans l'histoire a souvent été lié à des institutions qui garantissent la liberté des individus, et non à des régimes autoritaires. Le progrès économique dépend en effet de la liberté d'échanger et de développer les idées sans être entravé par les politiques autoritaires de leaders paternalistes. « Davantage de pays, dans davantage de parties du monde, ont désormais accès à la totalité du savoir humain et sont ouverts aux meilleures innovations venues d'ailleurs », rappelle Norberg, qui souligne que « même si la richesse et les vies humaines peuvent être détruites, le savoir disparaît rarement. Il continue à se développer. » Il y a un effet cumulatif du savoir, d'autant plus qu'il est facile à partager. C'était déjà la thèse de Matt Ridley dans « The Rational Optimist », hélas, toujours pas traduit en français.

Si ce n'était pas mieux avant, il dépend donc de nous aujourd'hui que ce soit mieux demain, car « ce serait terrible de penser que le progrès va de soi », avertit Norberg. Et le premier mérite de son livre est de nous le rappeler.

(*) Johan Norberg, « Non ce n'était pas mieux avant », éditions Plon (mai 2017), 272 pages, 17,90 euros.

Robert Jules

8 mn

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Commentaires 23
à écrit le 05/11/2018 à 20:54
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tout a fait d'accord avec cette article! le monde va très bien, il faut quand même savoir que satisfaire autant d'être humain avec des envies, des besoins et des ambitions différentes est je pense impossible!!! il faut savoir accepter les limites, e...

à écrit le 27/10/2018 à 2:08
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En 2018 : le monde va pas si bien que ça ! De + en + d'arrêts maladies au travail, de gens dépressifs, de ras-le-bol, de gens drogués, de femmes voilées, de viols violences... d'enfants maltraités... animaux maltraités... du manque de savoir-vivre, ...

à écrit le 05/07/2017 à 23:00
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Comparer le sursaut du PIB à un progrès social profitant à tous est une totale supercherie. et si En 1800, 94% de la population était dans une extrême pauvreté, sachez qu'en 1789 c'était pareil... ce livre est un ramassis de complaisance faussement r...

à écrit le 25/06/2017 à 23:42
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on ne doit pas vivre dans le même monde.. depuis 30 ans je constate: une dégradation des conditions de travail des difficultés de plus en plus importantes pour vivre avec un salaire moyen..ce qui commence à s'apparenter à de la survie l'impossibi...

à écrit le 23/06/2017 à 10:48
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C'est affligeant de lire des articles avec un tel niveau de négation... Regardez, tout vas bien, La vie est belle, vous êtes heureux, continuez à regarder la TV, consommez, c'est fantastique... Mes félicitations à La Tribune.... C'est du grand Art

à écrit le 22/06/2017 à 16:44
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Comment passer de la pommade en faisant croire que tout est beau et gentil. Les champs étudiés sont hypers réducteurs, alors ok la médecine a avancé et davantage de gens sont instruits mais franchement, si tout n'était pas mieux avant on ne peut pas ...

à écrit le 22/06/2017 à 8:15
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Il faut atteindre un niveau d'équilibre entre les prélèvements sur la production (les entreprises) et sur la consommation (les ménages). Ce point d'équilibre est variable suivant le niveau de développement des économies de chaque pays.

le 23/06/2017 à 13:47
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Suite. Je précise que mon commentaire se réfère à la note n°6 du CAE qu'il conviendrait d'appliquer pour plusieurs raisons. Sinon, notre situation économique continuera à se détériorer.

à écrit le 21/06/2017 à 18:58
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Ce gentil écrivain nage dans l'optimisme béat : il rappelle un peu François de Closets contre les déclinistes, les populistes et autres extrémistes : cad ceux qui ne voient pas les vertus du capitalisme libéré de toute contrainte, du mondialisme trio...

à écrit le 21/06/2017 à 17:51
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« Non, ce n'était pas mieux avant », Et pourtant,les salariés français pourront dire quand la loi travail XXL ou le recul de départ en retraite va arriver avec notre Jupitérien.Oui, c’était mieux avant pour un salarié quand la retraite était à 60 ...

à écrit le 21/06/2017 à 17:38
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Johan Norberg est un peu jeune et déjà en dehors des réalités de terrain. C’est un théoricien comme bien d’autres analystes qui ne voient que par le biais de statistiques. Oui l’évolution technologique a apporté quelques aisances dans la vie de tous ...

à écrit le 21/06/2017 à 16:56
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Si l'Ouest arrêtait de f... la m... au Moyen-Orient, le monde serait parfait.

le 21/06/2017 à 17:46
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je suppose que vous n etes pas serieux. Saddam n a pas eut besoin de l occident pour envahir l iran et le koweit. Nous ne sommes pour rien dans la guerre au yemen, ni pour le fait que les chiites et sunnites se detestent copieusement (genre hugenot ...

à écrit le 21/06/2017 à 15:55
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Quelles réactions n'aurions-nous pas eues si le chroniqueur avait été un compatriote ! Les enquêtes d'opinion désignent de façon récurrente les français comme les citoyens européens les plus pessimistes, sauf si on les questionne sur leur situation e...

le 21/06/2017 à 17:54
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Je pense que les francais sont lucide sur le fait que leur modele social est condamne (d ou le pessimisme) mais que pour l instant tout va bien pour eux (a part les plus jeunes qui doivent dormir dans leur voiture et travailler pour 400 €/mois comme ...

à écrit le 21/06/2017 à 15:16
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L auteur du livre indique qu il y a eut des progrès, par ex en ce qui concerne le niveau de vie de la population. Totalement vrai si on prend la population mondiale (en chine plus personne n a faim). Par contre si on prend la population francaise (ou...

à écrit le 21/06/2017 à 14:48
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Nous ne sommes pas aveugles en France. On voit bien que cela va mieux, la preuve la moitié des Français (des Français?) toutes les aides de la CAF. Pas belle la vie en France.

à écrit le 21/06/2017 à 13:11
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Souvent des sociétés opulentes (mais pour qui? et dans quelles conditions?) ont produit des générations "perdues". Ailleurs, dans les pires difficultés, un optimisme "inexplicable" a porté d'autres générations à croire au progrès et a suscité des mou...

à écrit le 21/06/2017 à 11:42
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Tous ces progrès soulignés par l'auteur sont essentiellement la résultante de politiques publiques qui ne se subordonnaient pas à l'unique satisfaction des intérêts des entreprises et du fric. En France, nous avons eu Jules Ferry pour l'éducation,...

le 21/06/2017 à 17:51
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Pas faux mais un peu excessif. Car si le passif du liberalisme (qui serait plutot celui de la deregulation) est bien explicité, il faut pas jeter le bebe avec l eau du bain. Sinon on fait du melanchon et on se retourve avec des penuries de tout, des...

à écrit le 21/06/2017 à 11:05
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Oui oui, d'ailleurs la chanteuse préférée de Raffarin, Lorie, le chante dans sa chanson "Positive attitude", il est donc clair que tout va bien voyons. La condition humaine depuis son existence et jusque ce que l'on nous impose le néolibéralisme q...

le 21/06/2017 à 13:12
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On attend certainement pas de vous une attitude un tant soit peu positive !!!! Le populisme, c'est si facile !!! Mais les faits sont les faits.

le 22/06/2017 à 12:22
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"On attend certainement pas de vous une attitude un tant soit peu positive !!!! Le populisme, c'est si facile !!! Mais les faits sont les faits" Quand je vois ce que je vois et que j'entends ce que j'entends et bien je suis content de penser ce q...

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