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Quête de sens au travail, perspectives d’avenir : et si la solution se trouvait dans les ETI ?

Fanny Letier et François Rivolier

Publié le 14 février 2022 à 08:26

Fanny Letier François Rivolier

Photo d'illustration

Nathalie Oundjian

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OPINION. En évitant le rythme de vie effréné des startups tout en confiant des responsabilités à chacun, les entreprises intermédiaires offrent souvent un cadre de vie sain à leurs salariés. Leur atout : une vision de long terme leur permettant de promouvoir un impact sociétal positif. Par Fanny Letier et François Rivolier, co-fondateurs de GENEO Capital Entrepreneur.

Si l'on s'en tient aux statistiques, tout sourit aux ETI, ces fameuses « entreprises de taille intermédiaire » dont les effectifs sont compris entre 250 et 5000 salariés. On en dénombre 5 400 en France, et bien que ces entreprises ne représentent que 0,2% des sociétés de l'Hexagone, elles cumulent un tiers des exportations, 20% des dépenses de R&D et dépassent 100% de la création nette d'emplois. Autrement dit, elles créent plus d'emplois que les autres n'en détruisent.

Un bon équilibre de vie

Au-delà des statistiques, les ETI sont surtout porteuses d'espoir. Cet espoir, c'est celui d'une croissance durable permettant d'offrir une vie épanouie à leurs salariés. Bien sûr, chaque entreprise est unique et les généralités ont leurs limites. Mais du fait de leur taille, ces entreprises partagent des points communs. Elles ont d'abord une histoire : souvent créées il y a plus de 10 ans, parfois liées à une aventure familiale, elles bénéficient d'une solide assise locale et souvent internationale. Par ailleurs, elles n'ont plus besoin de faire leurs preuves : pour en être arrivées là, ces entreprises ont d'ores et déjà prouvé que leur modèle d'affaires est viable.

Loin de la croissance effrénée des startups cherchant le « dépassement de soi », les ETI sont donc tournées vers le long terme et peuvent s'offrir le luxe d'une croissance pérenne. Pérenne financièrement, mais aussi humainement. La surcharge de travail et les objectifs inatteignables ne sont pas dans la culture de ces entreprises. Lorsqu'un besoin apparaît, leur réflexe est d'embaucher, tout en permettant à chacun de conserver un véritable rôle porteur de sens. Ce cadre de vie équilibré constitue un atout majeur pour fidéliser leurs employés. Un chiffre l'illustre : en 2020, année de toutes les inquiétudes, les ETI ont créé 4700 emplois de plus qu'elles n'en ont détruits. Sur la même période, les grandes entreprises ont supprimé 35.000 postes nets.

Covid-19 : un défi créateur d'opportunités

Portant, tout n'est pas simple quand on est une ETI. La crise sanitaire n'a, d'ailleurs, pas simplifié leur quotidien. La santé psychologique des salariés a été mise à rude épreuve, aboutissant parfois à d'inévitables « burn out ». Depuis deux ans, les dirigeants ont déployé des moyens inédits pour faire face à ce défi : soutien psychologique, communications régulières avec leurs équipes, mais aussi avec leur clientèle et leurs fournisseurs. Dans ces entreprises à visage humain, la qualité des liens constitue un enjeu primordial.

Malgré une visibilité réduite par la pandémie, les ETI ont conservé leur esprit entrepreneurial en adoptant un leitmotiv : « malgré tout, on avance » ! Ainsi l'investissement cumulé des ETI a lui aussi continué à croître en 2020, atteignant 4,9 milliards d'euros contre 4,5 en 2019. Cette volonté d'aller de l'avant est toujours d'actualité bien que le variant Omicron reste un facteur d'incertitude. Grâce à leur résilience, leur capacité d'écoute et bien sûr les aides de l'État, les ETI restent bien outillées pour finir de traverser cette crise dans de bonnes conditions.

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Tel n'est pas toujours le cas des entreprises plus petites, où le défi humain a été encore plus difficile à relever. Pour de nombreux dirigeants de PME, la pandémie a été la « crise de trop » : nombre d'entre eux souhaitent désormais passer la main en revendant leur société. Sans surprise, les acquéreurs sont, souvent, des dirigeants d'ETI. Car en se donnant les moyens de faire face à cette crise, les ETI sont devenues plus fortes, et peuvent d'ores et déjà reprendre leurs projets de croissance externe en intégrant à leur activité des sociétés elles aussi à visage humain.

L'impact positif, une conditionsine qua nonpour l'avenir des ETI

La croissance n'est toutefois pas l'objectif ultime des ETI. Bien conscientes de leur empreinte sociale et sociétale, nombre d'entre elles se sont dotées d'objectifs de RSE et certaines vont désormais plus loin, en cherchant à devenir des entreprises à impact positif. Les sociétés les plus avancées dans ce domaine sont d'ailleurs celles qui ont le mieux traversé la crise sanitaire, en ayant des salariés engagés, attachés au sens de leur métier et aux vertus de leurs actions.

Dès lors qu'une entreprise est investie dans une politique d'impact positif, c'est en effet tout son écosystème qui change, entraînant l'ensemble de ses collaborateurs. Sens et performances sont réconciliés : les projets gagnent en ambition, les produits ou procédés deviennent plus innovants et les investissements se multiplient.

Pour les ETI, cette question de l'impact positif devient donc un sujet primordial. Les exigences des salariés sur le sens de leur travail ne cessent de croître, ce qui est une excellente chose. Et c'est en s'emparant de ces exigences que les ETI pourront continuer à être ce qu'elles sont : de formidables vecteurs de création de valeur tournés vers l'avenir.

Fanny Letier et François Rivolier

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