• La Tribune
  • La Tribune Dimanche
  • La Tribune Afrique
  • Air&Cosmos
  • |
  • Événements
  • L'instant Sélection
Une du journal La Tribune

Dernière édition

Flèche menu déroulant
Newsletters
Logo La Tribune
  • Économie
  • Finance
  • Tech & IA
  • Énergie & industrie
  • Transports
  • Défense & aérospatiale
  • Climat
Logo La Tribune
  • Économie
  • Finance
  • Tech & IA
  • Énergie & industrie
  • Transports
  • Défense & aérospatiale
  • Climat

Sélectionnez votre région

Logo La Tribune

RECHERCHER

Loupe

LTD
La Tribune Dimanche
Ouvrir dans une nouvelle fenêtre
Air&Cosmos icon
Air&Cosmos
Ouvrir dans une nouvelle fenêtre

À la une
  • Finances publiques
  • Fiscalité
  • Immobilier
  • Consommation
  • Distribution
  • Politique internationale
  • Finances personnelles
  • Banque & assurances
  • Marchés financiers
  • Intelligence artificielle
  • High tech
  • Télécoms
  • Start-up
  • Énergie
  • Politique industrielle
  • Chimie & pharmacie
  • Automobile
  • Mobilités
  • Aéronautique
  • Défense
  • Spatial
  • Environnement
  • Agriculture & agroalimentaire
Idées & débats
Kiosque numériqueNewsletters
La Tribune DimancheLa Tribune AfriqueAir&Cosmos
  • La Tribune Now
  • Votre argent avec Finance Héros
  • Construire les mobilités de demain
  • Fonction Finance 2.0 avec Cegid
  • Transformations durables avec Forvis Mazars
  • Accélérer avec le Cloud par AWS
  • Fisher Investments
  • Au coeur du business
  • VisionAir avec Bpifrance
  • Adaptabilité permanente : Le pouvoir d’agir avec IBM Consulting
  • Succès d'entreprises avec Deloitte
  • L'Œil sur vos Finances
  • Les Rencontres de Roissy Meaux Aéropôle
  • France Travail accompagne le Salon des Maires
  • La CCI Paris Ile-de-France, le réflexe des entrepreneurs
  • #La Tribune Business Interviews
  • #La Tribune Business Dossiers
  • #La Tribune Business TV
  • Instant Sélection
Événements
OpinionsTribunes

Raisonner avec le silence des animaux

Cécile Philippe

Publié le 07 mars 2019 à 15:34 - Mis à jour le 12 décembre 2024 à 23:52

animal

animal

Reuters

Le Quotidien Numérique

21 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
LireS'abonner

Les plus lus

  • 1

    Laurent Delahousse, journaliste : « Mes vacances sont un mélange d’improvisation et d’organisation »

  • 2

    Olivier Guérin, professeur de médecine en gériatrie : « Notre mode de vie pèse davantage que notre génétique sur notre espérance de vie »

  • 3

    « On se demande ce que ça va être au mois de septembre ou octobre » : les Vendéens tentent de faire face à une « sécheresse extrême »

  • 4

    Petites lignes : Ferromobile teste sa navette autonome près de Bordeaux pour la mettre sur les rails dès 2028

  • 5

    Farnborough : des centaines de commandes d’avions en vue, limitées par les capacités d’Airbus et Boeing

  • 6

    Cyclisme : du changement dans la direction de l'équipe de Paul Seixas

Régions

  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne-Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur

La Tribune +

  • Espace abonné
  • Kiosque numérique
  • Annonces légales
  • Déposer vos annonces légales

Services

  • Supplément
  • La Tribune now

Evénements

  • ACT50
  • Aéroforum
  • AIM
  • Bordeaux Solar Summit
  • Family & Business Forum
  • Forum Europe Afrique
  • Impacts Santé
  • Les Lauréates
  • Paris Air Forum
  • Sommet Aéronautique & Spatial de Bordeaux
  • Sommet Économique de la Corse
  • Tech For Future
  • World News Media Congress
  • Tous nos événements en régions

Pour gérer vos consentements,

Suivez-nous sur les réseaux sociaux

YouTube
LinkedIn
Facebook
Instagram
X

Application mobile

App Store
Google Play

  • Nous Contacter
  • Charte d'indépendance et de déontologie
  • Mentions Légales
  • CGU
  • CGU Pro
  • Gestion des cookies
  • Exercez vos droits
  • Politique de confidentialité

Droits de reproduction et de diffusion réservés @LaTribune

Partenaire digital de confiance - Certification de qualité
  • La Tribune
  • La Tribune Dimanche
  • La Tribune Afrique
  • Air&Cosmos
  • |
  • Événements
  • L'instant Sélection
Google icon
Ajouter La Tribune à vos sources préféréesAjouter La Tribune à vos sources préférées
OPINION. Il est instructif de réfléchir sur la signification des mythes dans nos sociétés, en particulier celui du progrès, ce que fait brillamment le philosophe britannique John Gray dans "Le silence des bêtes" (éd. Les Belles-Lettres). Par Cécile Philippe, Institut économique Molinari.

John Gray est un philosophe britannique. On le confond parfois avec l'autre John Gray, l'essayiste américain auteur de livres sur le développement personnel comme Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Venus, ce qui fait rire notre philosophe. Comme son homonyme à succès, il se pose des questions qui taraudent les êtres humains depuis toujours, comme donner du sens à nos vies, la notion de progrès, etc. Dans son livre récemment traduit aux Belles-Lettres Le Silence des animaux (publié originellement en 2013), il s'interroge sur la place du mythe dans nos vies et sur les mythes - vrais et faux - auxquels nous croyons dans nos sociétés modernes.

Un des avantages des livres du philosophe, c'est qu'ils ne dépassent pas les 200 pages. L'inconvénient, c'est qu'il faut les lire plusieurs fois pour bien en saisir la teneur. Gray privilégie aussi une présentation assez poétique des choses qui ne rend pas la compréhension facile. Mais on découvre au fil des pages, dans les termes du poète Wallace Stevens, que la poésie est « l'activité même de fabrication des fictions », une fiction suprême. Or, c'est bien de fictions ou de mythes dont l'auteur veut nous parler à travers de longues citations d'auteurs plus ou moins connus : l'écrivain Joseph Conrad, le fondateur de la psychanalyse Edmund Freud mais aussi le romancier hongrois Arthur Koestler, le philosophe allemand Hans Vaihinger et bien d'autres.

Le mythe du progrès

La place et le contenu du mythe dans la vie humaine sont au cœur du propos de l'auteur. Le mythe central dont il est question est celui du progrès qu'il examine ainsi que ses ramifications. Son propos n'est pas d'affirmer que nous puissions faire sans les mythes. Il semblerait bien que cela ne soit pas une possibilité qui nous soit offerte. Comme le dit aussi le célèbre essayiste Yuval Noah Harari, nous nous racontons des histoires. A ce sujet, Gray cite longuement le psychanalyste Freud qui a beaucoup écrit au sujet des illusions. Pour lui, le mythe est une des manières de s'en sortir avec le chaos des sensations. Il est un moyen que les êtres humains érigent comme des abris contre un monde qu'ils ne peuvent connaître.

Seulement un mythe peut se révéler être une pure illusion et passer totalement à côté de la réalité, et selon le philosophe latino-américain George Santayana ne nous inspire rien de sage. A la question « Dans quel sens les mythes peuvent-ils être considérés comme vrais ou faux ? » il répond « Dans le sens où ils sont articulés par des dilemmes moraux où [...] ils sont en mesure de rendre compte du mouvement général et de la conséquence pertinente de faits matériels et peuvent alors, par leur présence, nous inspirer de sages sentiments. » Il ajoute : « Dans ce sens, je dirais que la mythologie grecque est vraie et que la théologie calviniste est fausse. »

S'élever au-dessus du monde naturel

A quelle catégorie appartient le mythe du progrès ? Selon John Gray, il appartient à la catégorie des mythes faux et même dangereux. Mais qu'est-ce au fond que ce mythe du progrès ? C'est cette idée que les êtres humains peuvent utiliser leur esprit pour s'élever au-dessus du monde naturel, que le progrès scientifique - qui est bien réel - est concomitant d'un progrès de la civilisation dans son ensemble sur les plans éthiques et moraux. En même temps que progresserait la raison et l'organisation rationnelle de la société, l'humanité progresserait pas à pas vers l'élimination de l'ignorance et de ce fait du bien et du mal.

Newsletter

Ma Tribune

L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Illustration de la newsletter Ma Tribune

Embrasser ce mythe, selon John Gray, est faux car justement le résultat final du progrès de la science est de montrer que contrairement au progrès scientifique, le progrès éthique et moral ne se capitalise pas et n'est donc pas inéluctable. Selon lui, la science est un solvant pour l'illusion, et parmi les illusions qu'elle dissout, on trouverait celles de l'humanisme.

Dans l'idée de progrès que l'on trouve au cœur des mythes humanistes, il y a d'une certaine façon l'élimination de l'aspect tragique de la vie. En effet, la tragédie ou le Mal dans ce prisme sont à relativiser puisqu'ils sont le résultat de l'ignorance ou de l'erreur. Par conséquent, ils peuvent être comblés ou réparés et au final conduire à la vérité. Or, si le monde est chaos et incertain, cette vision des choses ne peut qu'être erronée. D'un point de vue évolutionniste, l'esprit humain ne possède pas de tendance innée vers la vérité ni la rationalité et il continuera de se développer selon un impératif de survie.

La foi dans la rationalité humaine est aussi un des aspects de la croyance dans le progrès. En effet, l'esprit humain refléterait l'ordre du cosmos, il serait un miroir du monde, il obéirait aux lois de la logique et de l'éthique : si tu te connais toi-même, tu connais le bien. C'est ainsi la raison qui permettrait de bien vivre. Pour les humanistes modernes, il n'y a pas de problème que la raison ne puisse résoudre dans le temps.

La fiction de l'idéal de réalisation de soi

Gray insiste aussi du coup sur le fait que l'idéal de réalisation de soi est une des fictions modernes les plus trompeuses qui soit. C'est cette réalisation qui permettrait d'atteindre un autre mythe celui du bonheur. Il affirme à ce sujet que cela « laisse entendre qu'on ne peut s'épanouir que dans un seul genre d'existence, ou dans une variété limitée de vies, alors qu'en réalité tout le monde peut réussir d'un grand nombre de manières différentes. » Il ajoute « Chercher le bonheur revient à avoir vécu sa vie avant que celle-ci soit terminée. On sait tout ce qui est important à l'avance : ce qu'on veut, qui on est... ».

Au final, John Gray essaie de nous dire que notre civilisation occidentale est fondée sur un mythe fragile, celui du progrès. L'espoir progressiste est au cœur de nos modes de fonctionnement, alors que la réalité dément le fait que nous progressions réellement sur les plans moraux et éthiques. Pour le philosophe, si l'animal humain a quoi que ce soit de singulier, c'est sa capacité à accroître son savoir de plus en plus vite, tout en étant incapable de tirer des leçons de son expérience. « Toute réduction des maux universels est une avancée dans la civilisation. Mais à la différence du savoir scientifique, les restrictions introduites par la vie civilisée ne peuvent pas être stockées sur le disque dur d'un ordinateur. Ce sont des habitudes comportementales, qui, une fois brisées, sont difficiles à réparer ». La civilisation comme la barbarie sont naturelles à l'homme et nous ferions mieux de ne jamais l'oublier quand nous pensons au vivre ensemble.

Cécile Philippe

Sur le même sujet

Kazakhstan

OPINION. « Kazakhstan : la place que la France est en train de laisser filer »

Fin mai, Vladimir Poutine était reçu en visite d'État à Astana. Sept axes de coopération signés, un train d'accords sur l'énergie, les transports, la finance. La Russie est aujourd'hui le premier investisseur étranger au Kazakhstan. Pendant ce temps, à Paris, le pays reste un nom lointain entre la Russie et la Chine. C'est une erreur d'appréciation. Et pour qui dirige des entreprises ici, c'est une erreur qui se paie

Idées & Débats
Grégoire Du Peloux

OPINION. « La finance va imposer ses standards de confiance à l'IA 2.0 »

D'ici quelques années, des agents d'IA piloteront des portefeuilles, instruiront des dossiers de crédit et déclencheront des opérations de marché sans intervention humaine directe. La question n'est pas de savoir si cela arrivera. Elle est de savoir qui aura écrit les règles.

Idées & Débats
Olga Givernet

OPINION. « Nos infrastructures méritent mieux que des arbitrages de court terme »

Le changement climatique n'est plus une menace pour demain. Il est déjà une réalité. Il modifie déjà les conditions dans lesquelles nos infrastructures, réseaux d'eau, d'énergie, de transport et de télécommunications, sont exploitées.

Idées & Débats
Carine Pichon

OPINION. « Dans l’incertitude, ne pas décider devient un risque stratégique »

Nous avons longtemps considéré que le principal risque pour les entreprises venait de l’extérieur : tensions géopolitiques, ruptures d’approvisionnement, guerre commerciale ou transition technologique. Ces risques demeurent. Mais dans un environnement devenu durablement instable, un autre risque s’impose avec force : celui de ne plus réussir à décider.

Idées & Débats
David Cluzeau

OPINION. « Redresser les finances publiques : il est temps de changer de méthode »

Alors que Bercy prépare les arbitrages budgétaires pour 2027 et que la campagne pour l'élection présidentielle se rapproche, les propositions se multiplient pour redresser les finances publiques. C'est une bonne nouvelle. Notre pays a besoin d'un débat exigeant sur les moyens de retrouver une trajectoire budgétaire soutenable. Mais ce débat ne pourra produire des réponses durables que s'il s’appuie sur une méthode réellement féconde.

Idées & Débats
Fabrice Gourgeonnet

OPINION. « Sur la route de la transition électrique, le défi du pouvoir d'achat »

De la guerre en Ukraine au blocage du détroit d’Ormuz : chaque crise internationale nous rappelle la même réalité. Une partie de notre pouvoir d'achat reste dépendante des fluctuations du prix du pétrole.

Idées & Débats
L'avion-ravitailleurs MRTT d'Airbus est un programme européen

OPINION. Contrôles des exportations d'armes : programmes européens en coopération et autonomie stratégique

L'association EuroDéfense* plaide pour l'extension aux 27 pays de l'Union européenne de l'accord relatif aux contrôles des exportations de l'industrie de défense, signé en 2021 par Paris, Berlin et Madrid et rejoint fin 2025 par Londres. Cet accord repose sur le principe que chaque partenaire respecte les autorisations d'exportation délivrées par un autre dans le cadre de programmes de coopération gouvernementaux ou industriels.

Idées & Débats
Véronique Chabourine

OPINION. « Coupe du monde 2026 : et si le football n’était plus seulement du soft power ? »

La Coupe du monde 2026 dépasse désormais la seule logique du soft power. Son changement d’échelle, les capacités qu’elle mobilise et les effets qu’elle produit invitent à renouveler la lecture stratégique.

Idées & Débats