« Réconcilier l'écologie et la sécurité pour des villes réellement durables » (Pierre Jakubowicz, Bruno Studer)
Pierre Jakubowicz et Bruno Studer

Photo d'illustration
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Les chiffres sont sans appel : en vivant à Grenoble, vous avez cinq fois plus de chances d'être confronté à un vol violent avec armes que dans n'importe quelle autre grande ville de France (ministère de l'Intérieur). Un chiffre parmi d'autres qui démontre que les écologistes ne se préoccupent pas du climat d'insécurité dans les villes qu'ils dirigent avec leurs alliés d'extrême-gauche. Au-delà du nombre de victimes de ces crimes et délits qui nourrit par ailleurs le sentiment d'insécurité, meilleur carburant de l'extrême-droite, le danger est qu'au rejet des écologistes en raison de leur refus à penser la sécurité comme un droit et un service public, se rajoute un rejet de l'écologie alors que nous n'avons jamais été autant confrontés à des défis aussi nombreux, exigeant des efforts individuels comme collectifs, donc de l'adhésion : lutte contre le changement climatique, qualité de l'air ou encore biodiversité. Par refus idéologique d'assumer un discours de tolérance zéro avec la délinquance, et par la pratique de la culture de l'excuse, les écologistes sont en passe de détourner une partie des habitants du combat pour l'écologie qui doit mobiliser toute notre société. Nous entendons chaque jour nos concitoyens qui veulent de l'écologie et de la sécurité publique, pas l'un sans l'autre.
Ainsi, à quoi bon tenir de grands discours sur l'adaptation des villes au changement climatique si les habitants en été ne peuvent plus ouvrir leurs fenêtres à cause des bruits ou des nuisances générés par des activités délictuelles comme le trafic de drogue comme c'est le cas dans plusieurs quartiers de Strasbourg. Que dire aux habitants qui n'osent plus profiter des espaces naturels ou des espaces verts pour des raisons de sécurité ou d'hygiène publique ? Qui peut appeler à la salubrité de l'air quand celle de la rue n'est pas assurée ? Ce sont là des contradictions du quotidien qui usent notre contrat social qui devrait pourtant plus que jamais tendre vers la protection de l'environnement. Rappelons que partout les phénomènes d'insécurité concernent toujours les plus fragiles : jeunes, femmes, populations défavorisées.
L'écologie ne peut pas être une excuse pour tolérer la saleté dans l'espace public. L'écologie ne peut pas être un prétexte pour laisser des populations s'installer et vivre avec des cafards, des punaises de lit ou des rats. L'écologie n'est en soi pas punitive et ne doit pas être menée de cette façon. Les combats écologistes sont les bons. Mais nous devons être lucides sur le rejet dont ils pâtissent dans une bonne partie de la population.
Le combat du XXIe siècle sera celui de notre adaptation aux défis environnementaux. Il serait déplorable que la population refuse de l'affronter au motif qu'il ne serait porté que par des élus qui renieraient un contrat social dans lequel, rappelons-le, nous acceptons les contraintes collectives notamment au bénéfice de la sécurité. Le premier parti de France est ouvertement climato-sceptique. Il grandit. Les mêmes gouvernent aux États-Unis, en Italie, demain sans doute ailleurs, et ils se nourrissent de l'insécurité et du sentiment d'insécurité qui préoccupe si peu les écologistes.
Strasbourg n'avait pas attendu les écologistes pour développer des mobilités douces et collectives exemplaires. Ces combats sont les bons, mais pas au prix d'un rejet de l'écologie, d'un rejet des villes dans les campagnes.
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L'écologie du concret se construit dans les solutions et non dans la sanction, dans l'idéologie ou l'impression de vouloir prendre le contrôle de l'individu et de sa vie quotidienne par la contrainte. L'écologie ne peut se construire contre la liberté et la sécurité.
Plutôt que la radicalité, l'interdiction et la décroissance : misons sur les solutions progressistes, scientifiques et technologiques pour que le combat climatique ne revienne pas à renoncer au progrès auquel aspire tout à chacun.
L'impopularité de l'écologie provoquée par les écologistes est un problème pour notre société. Elle fait perdre du temps au combat climatique. Et nous n'avons plus beaucoup de temps. C'est pourquoi nous croyons en une écologique qui se conjugue avec liberté, progrès et sécurité.
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(*) Pierre Jakubowicz est conseiller municipal de Strasbourg et co-président du groupe Centristes et Progressistes au conseil municipal de la capitale alsacienne.
Bruno Studer est ancien député de Strasbourg. Professeur d'Histoire-géographie, il a été président de la commission des affaires culturelles et de l'éducation de l'Assemblée nationale.
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