« Refondons l'intégralité de la fiscalité immobilière autour d'un impôt unique ! » (Robin Rivaton)
Philippe Mabille et César Armard
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Robin Rivaton
SIPA
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LA TRIBUNE - La crise des « gilets jaunes » n'en finit pas, malgré le grand débat. Beaucoup ont fait le lien avec la fracture des territoires. La métropolisation est-elle devenue malheureuse ?
ROBIN RIVATON - Les gens ne choisissent pas seulement leur lieu de vie par rapport à leur emploi, ils le font aussi par rapport à la probabilité que leurs enfants vivent mieux. Cela a été le moteur de l'exode rural : on vivait parfois moins bien dans les villes, mais on pouvait espérer un progrès pour les générations futures. Le mouvement pavillonnaire des années 1970 et 1980 a été fondé sur ce postulat : vous vivrez mieux en quittant les grands ensembles.
Cette promesse faite aux classes moyennes s'est dorénavant inversée : les emplois et les opportunités de progression sociale se situent en zone métropolitaine. La pression démographique est donc devenue énorme, avec une demande gigantesque. Sans parler des familles qui divorcent et dé-cohabitent et plus généralement des modèles familiaux qui se restructurent. Face à cela, l'offre de logements est contrainte. Nulle part, on n'en produit suffisamment pour répondre à la pénurie. Les villes se figent. Les prix élevés ne sont que la traduction de ce déséquilibre majeur : ils explosent à Paris comme dans toutes les grandes villes allemandes, américaines, asiatiques...
Cette hausse des prix sera-elle sans fin, à votre avis ?
Le prix du mètre carré a atteint les 100.000 euros à New York pour un appartement dans un gratte-ciel de luxe. Il pourra y avoir moins de vendeurs, moins de biens disponibles sur le marché, mais le prix auquel ils seront vendus sera infini. Il existe suffisamment de millionnaires et de milliardaires à l'échelle du monde pour toujours trouver preneur. Si Paris, qui vient de passer les 10.000 euros du mètre carré, atteint dans quelques années les 20.000 euros, moins de gens se présenteront pour acheter, mais on en trouvera toujours quelques-uns.
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Cela suffira à animer un marché moins important en volume qu'aujourd'hui, mais qui demeurera. Un bon indicateur est le foncier bâti, c'est-à-dire disponible pour les ménages. En faisant de la statistique sur une très longue période, je montre que l'augmentation des surfaces privatives est un luxe très récent. Cela date des années 1960-1970 lors de l'explosion du pavillonnaire. Désormais, dans les grands pays, nous assistons au contraire à une stagnation des surfaces privatives par habitant.
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Philippe Mabille et César Armard
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