Immobilier : 2018, un mauvais cru pour le logement neuf

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La construction de logements neuf était en recul en 2018.
La construction de logements neuf était en recul en 2018. (Crédits : Eric Gaillard)
Les derniers chiffres sur le nombre de constructions de logements neufs pour l'année 2018 ont été dévoilés. Les permis de construire et les mises en chantier ont, tous deux, chuté de 7%. Et 2019 ne s'annonce pas non plus sous les meilleurs auspices.

2018 a définitivement été une annus horribilis pour le logement neuf. Selon les données de l'Observatoire de la statistique publique publiées ce lundi 28 janvier, les mises en chantier pour ces types d'habitations ont été évaluées à 398.100 ( - 7 % par apport à 2017), tandis que les permis de construire se sont élevés à 460.500 unités, soit une baisse de 7,1% par rapport à 2017.

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Ces reflux sont largement imputables au dernier trimestre 2018. Durant cette période, les logements mis en chantier ont reculé de 18,3% par rapport à la même période en 2017, après une chute de 7,9% entre début juillet et fin septembre 2018. Idem avec les permis de construire accordés. Ces derniers ont décru de 8,4% au quatrième trimestre après une diminution de 10,2% au troisième trimestre.

Une croissance au ralentie pour 2019

Pour 2019, les professionnels ne sont guère plus optimistes. La Fédération française du bâtiment (FFB) prévoit un nouveau recul supérieur à 27.000 logements mis en chantier, après 50.000 de moins entre début 2017 et fin 2018. Son président Jacques Chanut estime ainsi que cette conjoncture signe « la fin du cycle actuel de croissance ». Le ministère de la Ville et du Logement confirme qu'« il y aura une tendance au ralentissement en 2019 [...] Mais les différentes mesures vont soutenir la construction. Il est en outre trop tôt pour dire qu'on est à la fin d'un cycle de croissance ».

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Par ailleurs, la thématique du logement et de la construction est la grande absente du grand débat national. Elle est simplement intégrée à une question de plus grande ampleur : « Quelles sont les solutions pour se déplacer, se loger, se chauffer, se nourrir qui doivent être conçues plutôt au niveau local que national ? ». C'est pourquoi Alexandra François-Cuxac, présidente de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI), et ses adhérents participeront au débat national afin de porter le sujet du logement abordable. La dirigeante considère en effet qu'il n'a « jamais été suffisamment porté par les présidents de la République ».

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Un choc de confiance

La mise en place de l'impôt sur la fortune immobilière (IFI) ainsi que la suppression de l'APL accession sont autant de freins qui ont pu dissuader les investisseurs privés de se lancer dans des opérations en 2018. Entre l'entrée en vigueur du prélèvement à la source cette année et les élections municipales du printemps 2020, 2019 risque d'être tout aussi délicate. 

Dans le même temps, les premiers décrets d'application du projet de loi sur l'évolution du logement, de l'aménagement et du numérique (Elan) doivent être publiés cette année. Selon les formules consacrées du gouvernement, ces textes officiels doivent permettre de « construire plus, mieux et moins cher » et faciliter le fameux « choc d'offres ». Intervenant aux vœux d'Action Logement, le ministre de la Ville et du Logement Julien Denormandie a toutefois demandé à ce que l'action de son ministère ne soit plus jugée sur le nombre de logements neufs construits.

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Commentaires
a écrit le 29/01/2019 à 14:17 :
Ben quand on voit le nombre de maisons+jardin remplacées par d'horribles blocs de béton dans mon quartier cette année, c'est clair que cette crise n'est pas encore arrivée chez nous !!
a écrit le 29/01/2019 à 8:26 :
Premier problème de notre pays l’inconstance des politiques en matière fiscale et es aides. Dans un même quinquennat l’exécutif est capable de changer une fois par an sa politique fiscale qu’elle soit punitive ou incitative. Pour ce qui des aides, elles sont données après coups ce qui veut dire emprunter avant donc gonfler ses traites s’il y a emprunt . Autre point pour la rénovation énergétique une grande partie de la classe dite moyenne n’est pas éligible aux aides ce qui fait qu’elle ne rénove pas , pourtant cette classe est celle qui pourrait faire décoller d’une façon significative l’économie. En France et M. Macron est dans la même ligne que ses prédécesseurs qu’ils soient de droite ou de gauche et le le Président actuel dans un entre deux n’est pas mieux pas constant dans ces actions voir l‘APL voir les aides pour le double vitrage….. Il privilégie la classe la plus aisée sans contrainte de placement voir l’ISF, donne des miettes aux plus démunis qui bien sur ne sont jamais satisfaits et cela se comprend avec une seule classe qui paie, la moyenne et qui donc n’investit plus, pire parfois elle décroche ou préfère d’autres placements qui ne vont pas dans l’économie réelle.
a écrit le 28/01/2019 à 21:32 :
Logique l immobilier est surrrevalue d au moins 20% par rapport aux revenus des acheteurs
.
Les taux vont remonter donc la bulle va exploser. Le ralentissement est plutôt une bonne nouvelle vu que ça va éviter de construire des appartements vides car trop cher et de génèrer des faillites de promoteurs et par ricochet dans le btp
a écrit le 28/01/2019 à 17:41 :
Macron a tout fait pour dissuader les "constructeurs" potentiels d'investir dans la pierre parce qu'il considère que les propriétaires sont des rentiers.

Tout à son délire il a totalement oublié qu'on a besoin de 150 000 logements neufs chaque année pour compenser ceux qui sont détruits et loger les 80 000 nouveaux habitants et que ne pas les construire induit une pénurie qui ne peut que conforter le caractère de rente pour les propriétaires de logements locatifs.

Il a du oublier qu'on n'importe pas des immeubles comme du blé ou des conserves de tomate, et que c'est de l'emploi local tant à la construction, qu'à l'entretien ou la rénovation.

Encore un échec patent de sa politique, qui a des effets énormes sur la mobilité, le pouvoir d'achat et la pollution.
Réponse de le 28/01/2019 à 19:04 :
A mon avis la bulle immobilière va éclater.
Réponse de le 28/01/2019 à 20:31 :
Il n'y a pas de bulle, il y a pénurie de logements donc aucune raison que le cours s’effondre, notamment dans les zones urbaines.
a écrit le 28/01/2019 à 16:16 :
Et il est temps d'arrêter d'artificialiser l'espace à tout va. L'avenir est au logement neuf… sur de l'ancien (friches ou autres) et à la rénovation.
a écrit le 28/01/2019 à 15:52 :
La politique du 80% neuf et 20% de rénovation à l'heure du pouvoir d'achat en deuil n'est pas raisonnable, non seulement elle ne fait travailler que les groupes à actions financières au lieu de faire travailler les artisans, véritables représentants de professions de qualité mais en plus elle tue notre patrimoine immobiliers, le nombre de maisons magnifiques je vois laisser en ruines, quand il n'y a pas une maison phoeinix juste à côté, est à pleurer

ET le pire c'est que ce même marché financier tient les prix de l'immobilier beaucoup trop élevés parce qu'ils y ont investi en masse et ces gens là ne perdent jamais de fric en oligarchisme, ils ne le veulent pas du coup leurs politiciens leurs votent des lois allant dans ce sens et tout les citoyens stagnent, au mieux.
a écrit le 28/01/2019 à 15:46 :
les prix sont stratospheriques, non?
la france n'a meme pas eu de correction des prix apres 2009
y a un decallage entre la sante du pays et le niveau des prix immobiliers; maintenant que les banques voient que les taux vont certainement remonter et que la conjoncture risque plus de se degrader que de s'ameliorer, il est temps de preter a tous ces gens qui ne pourront pas rembourser
Réponse de le 29/01/2019 à 5:21 :
A Churchill.
Dans tous les pays developpes existe cette meme constante.
Ce marche devrait etre "corrige", le pb c'est que personne ne sait quand.
L'attentisme semble etre la regle presque partout. Sauf qu'ailleurs on continue de construire.
Mais faut constater qu'acheter de quoi se loger est carrement devenu une gageure pour bcp.
Wait and see...

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