Remettre l’entreprise au cœur de la société

OPINION. Malgré la crise sanitaire, la dynamique enclenchée depuis plusieurs années par les entreprises vers un capitalisme responsable et une prise en compte de leur impact à long terme de l’ensemble de leurs fonctions et de leurs périmètres d’activité reste plus que jamais d'actualité. Par Jacques Attali, Président de la Fondation Positive Planet et Président du Conseil de Surveillance de l'Institut de l'Économie Positive, Audrey Tcherkoff, Présidente exécutive de l'Institut de l'Économie Positive, Cédric Baecher, Directeur associé et co-fondateur du cabinet Nomadéis, Rapporteur et partenaire technique des indices de positivité., Olivier Marchal, Président de Bain & Company France, Delphine Jouenne, Associée gérante et fondatrice d'Enderby.
(Crédits : CHARLES PLATIAU)

L'entreprise avancée, intelligente, agile, qui veut trouver sa place dans la société et devenir véritablement une entreprise « citoyenne », doit se prêter à un examen de conscience, avec un regard à 360 degrés sur l'impact à long terme de l'ensemble de ses fonctions et de son périmètre d'activité. L'Institut de l'économie Positive a développé un outil de mesure de cet impact, un indice de positivité, et l'applique, entre autres, depuis cinq ans, aux entreprises du CAC 40.

Cette année, malgré la crise du Covid, certaines entreprises de premier plan comme Kering, Schneider Electric, Orange, Michelin et la Société Générale se hissent en tête de ce classement[1]. D'autres, comme Publicis, Safran, Hermès et Saint-Gobain réussissent une progression notable dans plusieurs dimensions de l'indice.

Des progrès restent nécessaires

Pour toutes, des progrès restent encore nécessaires au regard des nombreux autres indicateurs (politique de recrutement des personnes en situation de handicap, délais de paiement des fournisseurs, formation des seniors ou encore représentation des jeunes collaborateurs dans les instances de gouvernance), sans renoncer à améliorer les dimensions stratégiques (réduction de l'empreinte environnementale et contribution à la transition écologique, vision stratégique de long terme impliquant l'ensemble des parties prenantes, etc.).

Les entreprises ont besoin de temps pour mener à bien toutes ces transformations de leur mode de fonctionnement et parfois aussi de leur modèle de développement. Il faut donc suivre leurs progrès plus que leur situation à un moment donné. C'est par leurs historiques de positivité qu'elles démontreront la sincérité de leur engagement de long terme, condition indispensable pour convaincre l'ensemble des parties prenantes et créer plus de valeur partagée. Les parties prenantes, quant à elles, devront également faire preuve de patience et de compréhension et encourager les entreprises dans cette démarche en surveillant les progrès au moins autant que les résultats obtenus.

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[1] 5e édition du Baromètre de la Positivité, décembre 2021, Institut de l'Économie Positive en partenariat avec Nomadéis et Enderby

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Commentaires 3
à écrit le 10/12/2021 à 16:03
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Tant que l'entreprise restera capitaliste, que le pouvoir n'appartiendra qu'aux propriétaires de capitaux, elle restera nuisible et à combattre. Tous ces indicateurs servent surtout leur greenwashing et socialwashing. Pour que notre monde vraim...

à écrit le 10/12/2021 à 13:46
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Bref! Une entreprise est bienvenue si elle ne dépend pas d'une multinationale pour sa survie!

à écrit le 10/12/2021 à 13:33
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"Par Jacques Attali, Président de la Fondation Positive Planet et Président du Conseil de Surveillance de l'Institut de l'Économie Positive, Audrey Tcherkoff, Présidente exécutive de l'Institut de l'Économie Positive, Cédric Baecher, Directeur ...

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