RGPD : l’Europe enfin stratège dans la bataille de l’économie numérique

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(Crédits : DR)
RGPD, voici 4 lettres qui, mises bout à bout, forment un acronyme qui va bouleverser prochainement la vie de 500 millions d'européens.  Pourtant, ce dispositif est peu connu du grand public et nombreux sont ceux qui ne veulent pas en entendre parler. Le RGPD, Règlement Général sur la Protection des Données, entrera pourtant en vigueur le 25 mai 2018 et modifiera la façon dont les entreprises numériques traitent les données personnelles des consommateurs en Europe. Par Nicolas Rieul, VP Strategy EMEA, S4M

Le RGPD est critiqué par une grande partie des acteurs économiques concernés, arguant qu'il met à mal une économie numérique en croissance et créatrice d'emplois. C'est en fait tout le contraire. En effet, ce Règlement va faire de toute société qui traite ou stocke des données de citoyens des 28 états membres des mini-forteresses. L'objectif étant de responsabiliser ces entreprises en renforçant la sécurisation et la protection des données personnelles auxquelles elles ont recours. Le RGPD est un élément essentiel d'une stratégie dont les résultats sur l'économie européenne se feront ressentir d'ici 5 à 10 ans.

Un outil puissant de protectionnisme

Si le RGPD avait existé il y a 20 ans, Google, Facebook ou Amazon n'auraient pas pénétré le marché européen aussi facilement, avec des offres déployables sur le vieux continent à peine sorties de leurs garages ou laboratoires à idées aux Etats-Unis. Le délai nécessaire pour qu'ils s'adaptent à la réglementation aurait laissé le temps aux entreprises européennes de développer des services compétitifs. Le même phénomène s'est produit en Chine avec des acteurs comme WeChat ou Alibaba. Certes critiquable sous bien des aspects, le protectionnisme Chinois a pourtant permis l'émergence de champions régionaux, les BAT (Baidu, Alibaba, Tencent). Le RGDP va donner le même type de moyens à l'Union Européenne, avec une puissance inégalée. Signe fort de cette impulsion : Isabelle Falque-Pierrotin, Présidente de la CNIL française et du G29 (groupe des CNIL européennes) vient d'accéder il y a quelques semaines à la présidence de l'ICDPPC (coordination des CNIL mondiales).

S'attaquer aux fondations de l'Intelligence Artificielle : la donnée

En imposant à toutes les sociétés européennes de respecter des normes contraignantes dans la gestion et la sécurisation de leurs données, base de toute innovation technologique et notamment l'Intelligence Artificielle, l'Europe va freiner l'émergence et la pénétration de nouvelles start-ups américaines sur son marché. Trop occupées dans leurs premières années à développer leur activité sur leur marché intérieur, ces start-ups se heurteront à une nouvelle barrière réglementaire : le RGPD. Ce sont donc les fondations de leurs services technologiques, basées sur la donnée, qu'il leur faudra reconstruire avant de pouvoir séduire les utilisateurs européens. Cela laissera le temps aux sociétés européennes de développer des services similaires, pensés dès le départ dans le respect du RGPD et de « l'esprit européen ». Ces acteurs en conformité avec le RGPD, réglementation la plus contraignante du monde, n'auront par ailleurs aucun problème pour intégrer d'autres marchés internationaux. Qui peut le plus, peut le moins !

Une arme défensive contre l'impérialisme américain

En parallèle d'une domination militaire, politique, culturelle et économique, les GAFA renforcent de manière incontestable la domination des Etats Unis sur le terrain des nouvelles des technologies. Le RGPD défend les entreprises européennes en ciblant ce qui est au cœur des services proposés par ces géants américains : les données. Avec des amendes allant jusqu'à 4% du chiffre d'affaire monde en cas de non-respect du RGPD, nous sommes très loin des 150 000 euros d'amende de la CNIL infligés à Facebook en mai dernier.  Cela change totalement la donne et met en péril le fonctionnement même de leur modèle. Le second volet défensif est celui de la fiscalité. L'Union a montré dernièrement sa volonté d'en finir avec les jeux de défiscalisation qui permettent aux GAFA d'échapper à l'impôt au sein de l'Union. La commissaire européenne à la Concurrence, Margrethe Vestager, a ainsi de nouveau dénoncé l'hégémonie des mastodontes américains lors du dernier Web Summit, n'hésitant pas à les accuser de « détruire la démocratie » et rappelant sa volonté de les contraindre à payer des impôts en Europe.

Construire l'écosystème qui verra naitre le prochain Mark Zuckerberg en Europe

Ces actions fiscales et réglementaires de protectionnisme sont défensives, de ce fait nous ne sommes pas naïfs au point de croire que l'Europe créera l'écosystème qui verra naitre le nouveau Mark Zuckerberg grâce au RGPD. Toutefois avec un tel dispositif, elle se dote de moyens permettant de voir naître en Europe les futurs géants du web. Alors arrêtons l'Eurobashing et saluons une Union Européenne stratège dans sa vision à long terme de la défense des intérêts économiques de la région.

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Commentaires
a écrit le 07/12/2017 à 12:03 :
Cette réglementation est un accessoire politique et programme pour rassurer les citoyens
Du vent..,
Si réellement la liberté avait existé
Il n’y aurait jamais eu le la baisse du dollard
Il n’y aurait jamais eu le monopole des GAPA
Jamais eu «  les écoutes de masses »
Jamais eu la fabrication de virus ou des ordinateurs avec des espions furtifs mis en vente...

L’europe Veut rassurer pour relancer la vente IT.

Leur «  seul » but est l’argent
Pas la «  liberté et le respect humain«
a écrit le 07/12/2017 à 10:07 :
Le raisonnement de Mr Rieul ne tient plus si les GAFA sont plus rapides et efficaces pour mettre en oeuvre la RGDP. Leur gestion des données est en effet mieux maîtrisée que celle de la "vieille économie", c'est d'ailleurs ce qui fait leur succès ! L'industrie européenne va se retrouver dans une situation cocasse où elle aura des difficultés à mettre en oeuvre la RGDP et pourrait subir des amendes délirantes. Tous les acteurs connaissant le sujet savent d'ailleurs que la RGDP, comme toute mesure technocratique, est quasi inapplicable et très coûteuse (perte de compétitivité...). Pour la plupart des grands acteurs de l'industrie européenne qui ont des SI anciens, très complexes et peu maîtrisables, elle donc plutôt vécu comme une charge, une contrainte qui grève leur compétitivité à l'exportation notamment.
Comme toute mesure protectionniste, elle est vouée à l'échec car l'essentiel est avant tout d'avoir une industrie compétitive et innovante. Recherchons plutôt des solutions dans la l'éducation, la recherche et un environnement favorable à l'émergence de nouvelles industries.
PS : les succès chinois sont plus liés à la taille critique de leur marché et à des aspects culturels.
a écrit le 06/12/2017 à 10:58 :
En effet le RGDP va permettre à l'union européenne de conserver à l'abri des sociétés américaines du numériques les données des européens mais cela reste du protectionisme seulement là pour attendre qu'un acteur européen se déclare, il doit déjà être en préparation d'ailleurs, qui pourra ainsi disposer de nos informations à marchander pouvant concurrencer enfin les géants comme microsoft, google et fb, du moins essayer.

Parce que quand l'état a vendu les données de nos cartes grises au secteur marchand ça ne lui a pausé aucun problème de principe par contre là, bizarre non ? Et tout d'un coup l'europe se ferait le chantre de l'humanisme et de la protection personnelle de données ? Vous nous prenez vraiment pour des débiles mentaux.

Bref arrêtez de nous endormir avec votre hypocrisie habituelle, la sécurité a vraiment bon dos en son nom nous sommes en train d'anéantir tout principe de liberté.
Réponse de le 06/12/2017 à 11:11 :
Je suis d'accord avec vous sur les données des cartes grises. L'Etat n'a pas à faire cela, les données appartiennent aux citoyens. idem pour la santé où on continue joyeusement d'échanger ces données sans consulter les patients (nom réaliste finalement).
Ex ingénieur Alcatel, nous avions en main en France la puissance numérique ! Tout a été gaspillé par des financiers sans scrupules associés à des énarques. Je ne peux donc qu'approuver qu'il y ait enfin une réflexion stratégique. Cela suppose l'intervention de gens compétents (CNIL) donc de mettre à l'écart les énarques, c'est ce qui arrive dans ce cas, vous l'aurez peut-être remarqué. Il faut faire de même maintenant pour l'industrie française, définir une stratégie portée par des gens compétents. Idem pour les ressources maritimes inexploitées alors que la France a le deuxième domaine maritime du monde ! grrrr ...
Réponse de le 07/12/2017 à 9:11 :
Tiens je vous ai déjà répondu mais il semblerait que ma réponse ne soit pas passée, difficile de poser une analyse objective sur notre président tant chouchouté par les rédacteurs en chef de toutes sortes, les amis des puissants.

Vous vous focalisez sur les énarques de façon totalement subjective, ils ne sont pas tous mauvais comme les députés de lrem ne sont pas tous bons hein et de très loin, sans parler des ministres et de notre président (c'est bon je ne précise pas vous pouvez me le valider quand même, un minimum de démocratie svp, merci).

Par ailleurs nous parlons d'un sujet précis, la soit disant sécurisation des données personnelles, qui n'est en fait que protectionnisme j'insiste et j'aimerais bien que l'on m'oppose des arguments et non des dogmes ou des messes stériles et vous déviez sur les énarques, c'est vraiment très mauvais signe quant à votre capacité d'entrevoir et d'analyser les phénomènes.

Merci de valider ce commentaire, merci pour la démocratie qui il semble n'a jamais été autant menacée que sous le mac, même sous sarkozy on pouvait écrire plus contre lui. La fameuse "démocrature" est en place.

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