• La Tribune
  • La Tribune Dimanche
  • La Tribune Afrique
  • Air&Cosmos
  • |
  • Événements
  • L'instant Sélection
Une du journal La Tribune

Dernière édition

Flèche menu déroulant
Newsletters
Logo La Tribune
  • Économie
  • Finance
  • Tech & IA
  • Énergie & industrie
  • Transports
  • Défense & aérospatiale
  • Climat
Logo La Tribune
  • Économie
  • Finance
  • Tech & IA
  • Énergie & industrie
  • Transports
  • Défense & aérospatiale
  • Climat

Sélectionnez votre région

Logo La Tribune

RECHERCHER

Loupe

LTD
La Tribune Dimanche
Ouvrir dans une nouvelle fenêtre
Air&Cosmos icon
Air&Cosmos
Ouvrir dans une nouvelle fenêtre

À la une
  • Finances publiques
  • Fiscalité
  • Immobilier
  • Consommation
  • Distribution
  • Politique internationale
  • Finances personnelles
  • Banque & assurances
  • Marchés financiers
  • Intelligence artificielle
  • High tech
  • Télécoms
  • Start-up
  • Énergie
  • Politique industrielle
  • Chimie & pharmacie
  • Automobile
  • Mobilités
  • Aéronautique
  • Défense
  • Spatial
  • Environnement
  • Agriculture & agroalimentaire
Idées & débats
Kiosque numériqueNewsletters
La Tribune DimancheLa Tribune AfriqueAir&Cosmos
  • La Tribune Now
  • Votre argent avec Finance Héros
  • Construire les mobilités de demain
  • Fonction Finance 2.0 avec Cegid
  • Transformations durables avec Forvis Mazars
  • Accélérer avec le Cloud par AWS
  • Fisher Investments
  • Au coeur du business
  • VisionAir avec Bpifrance
  • Adaptabilité permanente : Le pouvoir d’agir avec IBM Consulting
  • Succès d'entreprises avec Deloitte
  • L'Œil sur vos Finances
  • Les Rencontres de Roissy Meaux Aéropôle
  • France Travail accompagne le Salon des Maires
  • La CCI Paris Ile-de-France, le réflexe des entrepreneurs
  • #La Tribune Business Interviews
  • #La Tribune Business Dossiers
  • #La Tribune Business TV
  • Instant Sélection
Événements
OpinionsTribunes

Souriez, vous êtes surveillés !

Florence Rodhain

Publié le 27 mai 2020 à 10:13 - Mis à jour le 28 mai 2020 à 11:05

Photo d'illustration

Photo d'illustration

Reuters

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
LireS'abonner

Les plus lus

  • 1

    Laurent Delahousse, journaliste : « Mes vacances sont un mélange d’improvisation et d’organisation »

  • 2

    Olivier Guérin, professeur de médecine en gériatrie : « Notre mode de vie pèse davantage que notre génétique sur notre espérance de vie »

  • 3

    « On se demande ce que ça va être au mois de septembre ou octobre » : les Vendéens tentent de faire face à une « sécheresse extrême »

  • 4

    Farnborough : des centaines de commandes d’avions en vue, limitées par les capacités d’Airbus et Boeing

  • 5

    Cyclisme : du changement dans la direction de l'équipe de Paul Seixas

  • 6

    Petites lignes : Ferromobile teste sa navette autonome près de Bordeaux pour la mettre sur les rails dès 2028

Régions

  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne-Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur

La Tribune +

  • Espace abonné
  • Kiosque numérique
  • Annonces légales
  • Déposer vos annonces légales

Services

  • Supplément
  • La Tribune now

Evénements

  • ACT50
  • Aéroforum
  • AIM
  • Bordeaux Solar Summit
  • Family & Business Forum
  • Forum Europe Afrique
  • Impacts Santé
  • Les Lauréates
  • Paris Air Forum
  • Sommet Aéronautique & Spatial de Bordeaux
  • Sommet Économique de la Corse
  • Tech For Future
  • World News Media Congress
  • Tous nos événements en régions

Pour gérer vos consentements,

Suivez-nous sur les réseaux sociaux

YouTube
LinkedIn
Facebook
Instagram
X

Application mobile

App Store
Google Play

  • Nous Contacter
  • Charte d'indépendance et de déontologie
  • Mentions Légales
  • CGU
  • CGU Pro
  • Gestion des cookies
  • Exercez vos droits
  • Politique de confidentialité

Droits de reproduction et de diffusion réservés @LaTribune

Partenaire digital de confiance - Certification de qualité
  • La Tribune
  • La Tribune Dimanche
  • La Tribune Afrique
  • Air&Cosmos
  • |
  • Événements
  • L'instant Sélection
Google icon
Ajouter La Tribune à vos sources préféréesAjouter La Tribune à vos sources préférées
IDEE. La peur et le divertissement incitent les populations à accepter de renoncer à leurs droits civils pour raisons sanitaires. Par Florence Rodhain, Université de Montpellier

En 2011, l'ancien président de la CNIL, Alex Türk, annonçait la fin du concept de vie privée pour 2020.

Sommes-nous arrivés à ce stade avec l'application « StopCovid » ? Le débat et vote prévus aujourd'hui à l'Assemblée nationale ont suscité l'ire d'environ cinq cents experts en sécurité informatique et militants des libertés civiles qui alertent quant aux dérives possibles d'une telle technologie.

Mais au-delà de l'usage de tels outils, c'est l'acceptabilité du contrôle généralisé de la population dont il question. L'Histoire se souviendra-t-elle du Covid-19 comme du moment où les citoyens ont massivement renoncé à leurs droits civils pour raisons sanitaires ?

Deux leviers semblent être utilisés conjointement pour faire pression sur la population : la peur (Big Brother) et le divertissement (Big Mother), tant il est vrai que dans la théorie psychanalytique, le père ou le grand frère est celui qui fait respecter la Loi, tandis que la mère est celle qui soigne au sens large du terme (nourriture), mais c'est aussi celle qui distrait.

Vers la surveillance généralisée

La surveillance des données est déjà, d'une certaine façon, généralisée. Qui peut encore croire que nos conversations restent dans le domaine privé, quels que soient le support utilisé et les protections invoquées ?

Newsletter

Ma Tribune

L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Illustration de la newsletter Ma Tribune

Le confinement a vu un téléchargement massif d'applications de visio-conférences telles que Zoom et Houseparty. Téléchargée des millions de fois, Zoom fait désormais partie du top des applications les plus téléchargées dans le monde. Rien que sur la journée du 22 mars 2020, Zoom a été téléchargée plus de 600 000 fois. Au 25 mars 2020, en France ainsi que dans des dizaines d'autres pays, Zoom était l'application gratuite la plus téléchargée sur smartphone. Alors que Zoom comptait 10 millions d'utilisateurs en 2019, elle en comptait 200 millions en mars 2020.

Zoom est utilisée par de nombreuses universités françaises comme support pour les cours en ligne et pour les réunions. Or, le 26 mars 2020, on apprend que Zoom a envoyé à Facebook des données sur ses utilisateurs, sans leur consentement, même si ces derniers n'étaient pas usagers de Facebook. Par ailleurs, ni Zoom ni Houseparty ne chiffrent les conversations. Dans sa politique de confidentialité, Houseparty déclare être :

« libre d'utiliser le contenu de toutes les communications passées via ses services, dont toute idée, invention, concept ou techniques » même pour « développer, concevoir ou vendre des biens et des services ».

Suzanne Vergnolle, doctorante en droit spécialiste de la protection des données personnelles, précise :

« Si vous êtes une entreprise, par exemple, et que vous comptez échanger des informations secrètes, sachez que Houseparty et Zoom peuvent accéder à vos conversations. »

Par ailleurs, rappelons que ces technologies sont aussi au service de la justice, qui a récemment validé la surveillance du confinement par des drones policiers. Des villes françaises testent aujourd'hui la reconnaissance faciale pour des raisons sécuritaires, à l'exemple de la ville de Nice qui se situe à l'avant-garde de l'expérimentation.

Appliquer la « sousveillance »

Comment contraindre les populations à accepter de telles mesures, ou du moins, à ne pas les contester ? Il s'agit ici de susciter la soumission librement consentie.

On évoque alors plutôt que la surveillance, le principe de « sousveillance », où l'individu n'est même plus sur-veillé mais plutôt sous-veillé par ses traces numériques, de façon discrète, immatérielle et omniprésente. Dans 1984, publié en 1949, Orwell n'explique pas la façon dont Big Brother s'est emparé du pouvoir, il n'éclaire pas le processus d'émergence de cette société, mais la décrit dans les détails ; et à bien des égards, nous avons déjà dépassé certaines caractéristiques de surveillance de cette société.

Ainsi, Orwell n'avait pas prédit le télécran portatif, la soumission librement consentie, mais avait déjà alerté sur l'idée de vidéo-surveillance (exercée dans son ouvrage par le télécran, similaire à nos écrans connectés contemporains). Il n'avait pas non plus prédit que chaque individu accepterait de se soumettre à une forme généralisée de surveillance par le biais d'un petit appareil portatif qui serait, en plus, payant.

Big Mother : divertir pour asservir

Ce qu'Orwell n'avait pas prédit, c'est l'aspect ludique attribué au fameux instrument de contrôle de la population. Si les outils numériques sont si largement acceptés, c'est bien par l'aspect ludique qui distrait et, par ce biais, endort son possesseur.

C'est là qu'il s'agit de mobiliser une autre dystopie tout aussi célèbre : Le Meilleur des mondes d'Huxley, et le fameux soma, qui supprime toute velléité de résistance. Les citoyens, dans ce roman, étaient fortement incités à utiliser le soma, qui leur était présenté officiellement comme un simple médicament, alors qu'en fait il s'agissait d'une drogue artificielle de synthèse, qui pouvait, à fortes doses, les plonger dans un sommeil paradisiaque.

Les outils numériques d'aujourd'hui semblent combiner le soma du Meilleur des mondes et le télécran de 1984.

Ainsi, actuellement, un adolescent entre 13 et 18 ans passe 6h40 par jour devant des écrans pour se distraire, en dehors de tout usage éducatif ou sérieux ; cela représente 100 jours dans une année ou encore l'équivalent de 2,5 années scolaires.

Plus de 4 étudiants sur 10 se sentent incapables de se passer de leur téléphone ne serait-ce qu'une seule journée.

L'objet numérique est devenu une extension de soi, une prothèse. Pour pouvoir continuer à utiliser ses fonctionnalités, pratiques mais aussi et surtout ludiques, l'individu est prêt à sacrifier un peu de liberté, comme si dans la balance bénéfices/risques, les bénéfices apportés par l'utilisation de l'outil numérique compensaient les risques d'intrusion dans la vie privée.

Par ailleurs, les outils numériques représentent de véritables sources de distraction, d'éloignement du savoir et de difficultés scolaires en classe. Une étude inédite que nous avons menée pendant cinq ans auprès d'étudiants post-bac en France montre que les étudiants, avec l'iPad distribué gratuitement par les écoles d'enseignement supérieur, passent en moyenne, pendant 1h30 de cours, 61 minutes à se distraire (Facebook, jeux vidéo, vidéos distractives, etc.). Seul 20 % de leur usage de ces outils a un lien avec le cours.

Chaque like reçu libère immédiatement une dose de dopamine, on le voit clairement lorsque l'on observe les utilisateurs sous IRM ; cela correspond bien au fameux soma de Huxley...

Big Brother : Effrayer pour dompter

Le vocable de la guerre est invoqué par les puissances nationales pour lutter contre le Covid-19. Peut-on y voir là un hasard ? La guerre semblerait autoriser des comportements interdits en temps de paix.

Chaque temps de « guerre » serait un temps de risque pour les libertés individuelles : ce serait le temps des décisions sans concertation, celui des exceptions. Mais en matière de surveillance numérique, l'exception devient vite la règle. C'est ce qu'on constate depuis le 11 septembre 2001.

Dernier exemple en date en France : l'état d'urgence, mesure exceptionnelle et normalement de courte durée datant de 1955, instaurée pendant la présidence de François Hollande le soir des attentats du 13 novembre 2015, a été régulièrement prolongée jusqu'à ce que le Président Macron fasse passer cette loi d'exception en loi organique. Cette nouvelle loi contient plusieurs dispositions nouvelles de surveillance électronique, par exemple les personnes suspectées peuvent être obligées de fournir l'ensemble de leurs identifiants, mots de passe, etc.

À partir du 1er novembre 2017, la France est sortie officiellement de deux ans d'état d'urgence (un record historique) mais pour se retrouver sous la coupe de la loi antiterroriste. Celle-ci est dénoncée comme « liberticide » par ses opposants, et critiquée par des experts de l'ONU.

Le registre de la peur reçoit cependant l'assentissement de la population : 57 % des Français soutenaient le texte de loi, bien que 62 % d'entre eux estimaient que la loi aura « tendance à détériorer leurs libertés ».

Déjà, dans le Livre blanc sur la sécurité publique, le ministère de l'Intérieur de 2011 souligne la résistance probable de la population aux nouvelles technologies, pouvant être considérées comme intrusives. Ainsi, on peut lire à la page 180 :

« [...] le recours aux nanotechnologies combiné notamment à la géolocalisation est susceptible d'induire des craintes quant à la protection des libertés individuelles ».

La publication rappelle ainsi que :

« [...] l'importance du ressenti de la « menace » (qu'elle soit à des fins terroristes ou mercantiles) est à même de contribuer à une perception plus favorable de la société en matière d'emploi des nouvelles technologies [...] ».

Une servitude volontaire

Peur du terrorisme, peur de la maladie : ce sentiment est entretenu par le biais d'incertitudes et d'informations continues soigneusement choisies, voire disséminées dans les divertissements plébiscités. Preuve en est, le succès que rencontrent d'anciennes séries Z de zombies et autres productions survivalistes.

Le divertissement, comme la peur, permettent une forme de servitude volontaire qui s'appuie également sur le plaisir du narcissisme exhibitionniste qu'autorise les réseaux sociaux.

On attribue à Benjamin Franklin la phrase suivante : « Si tu es prêt à sacrifier un peu de liberté pour te sentir en sécurité, tu ne mérites ni l'une ni l'autre ».

À quoi on pourrait ajouter : « Si tu es prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de divertissement, tu ne mérites ni l'une ni l'autre. »

The Conversation ____

Par Florence Rodhain, Maître de Conférences HDR en Systèmes d'Information, Université de Montpellier

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

Florence Rodhain

Sur le même sujet

Grégoire Du Peloux

OPINION. « La finance va imposer ses standards de confiance à l'IA 2.0 »

D'ici quelques années, des agents d'IA piloteront des portefeuilles, instruiront des dossiers de crédit et déclencheront des opérations de marché sans intervention humaine directe. La question n'est pas de savoir si cela arrivera. Elle est de savoir qui aura écrit les règles.

Idées & Débats
Olga Givernet

OPINION. « Nos infrastructures méritent mieux que des arbitrages de court terme »

Le changement climatique n'est plus une menace pour demain. Il est déjà une réalité. Il modifie déjà les conditions dans lesquelles nos infrastructures, réseaux d'eau, d'énergie, de transport et de télécommunications, sont exploitées.

Idées & Débats
Carine Pichon

OPINION. « Dans l’incertitude, ne pas décider devient un risque stratégique »

Nous avons longtemps considéré que le principal risque pour les entreprises venait de l’extérieur : tensions géopolitiques, ruptures d’approvisionnement, guerre commerciale ou transition technologique. Ces risques demeurent. Mais dans un environnement devenu durablement instable, un autre risque s’impose avec force : celui de ne plus réussir à décider.

Idées & Débats
David Cluzeau

OPINION. « Redresser les finances publiques : il est temps de changer de méthode »

Alors que Bercy prépare les arbitrages budgétaires pour 2027 et que la campagne pour l'élection présidentielle se rapproche, les propositions se multiplient pour redresser les finances publiques. C'est une bonne nouvelle. Notre pays a besoin d'un débat exigeant sur les moyens de retrouver une trajectoire budgétaire soutenable. Mais ce débat ne pourra produire des réponses durables que s'il s’appuie sur une méthode réellement féconde.

Idées & Débats
Fabrice Gourgeonnet

OPINION. « Sur la route de la transition électrique, le défi du pouvoir d'achat »

De la guerre en Ukraine au blocage du détroit d’Ormuz : chaque crise internationale nous rappelle la même réalité. Une partie de notre pouvoir d'achat reste dépendante des fluctuations du prix du pétrole.

Idées & Débats
L'avion-ravitailleurs MRTT d'Airbus est un programme européen

OPINION. Contrôles des exportations d'armes : programmes européens en coopération et autonomie stratégique

L'association EuroDéfense* plaide pour l'extension aux 27 pays de l'Union européenne de l'accord relatif aux contrôles des exportations de l'industrie de défense, signé en 2021 par Paris, Berlin et Madrid et rejoint fin 2025 par Londres. Cet accord repose sur le principe que chaque partenaire respecte les autorisations d'exportation délivrées par un autre dans le cadre de programmes de coopération gouvernementaux ou industriels.

Idées & Débats
Véronique Chabourine

OPINION. « Coupe du monde 2026 : et si le football n’était plus seulement du soft power ? »

La Coupe du monde 2026 dépasse désormais la seule logique du soft power. Son changement d’échelle, les capacités qu’elle mobilise et les effets qu’elle produit invitent à renouveler la lecture stratégique.

Idées & Débats
"Certains territoires démontrent que le redressement industriel n'est pas une chimère"

OPINION. La réindustrialisation ne viendra pas seulement d’en haut : elle doit partir des territoires

Signée notamment par les maires de Dunkerque, de Morlaix et de Decize, une tribune collective assure que la reconstruction industrielle n’est pas seulement l’affaire de l’État, des grands groupes ou encore des start-ups. Elle se joue également « dans la capacité des territoires à s’organiser, à soutenir leurs pépites et à porter leurs stratégies propres pour devenir des lieux de production ».

Idées & Débats