Transports publics : et si on rêvait à un 100% électrique ?

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Un bus électrique à Marseille.
Un bus électrique à Marseille. (Crédits : Reuters)
OPINION. En dépit d'une volonté politique affichée en faveur de la transition énergétique et la démocratisation des motorisations électriques dans le domaine de la mobilité, l'application concrète de ce principe dans les transports du quotidien se heurte au scepticisme ambiant autour du coût, de la sécurité, des capacités et du cycle de vie des batteries. Pourtant des solutions, peu exploitées, existent pour lever les différents freins liés au développement de l'électrique en France. Par Christophe Gurtner, PDG de Forsee Power.

A l'aune des élections municipales de 2020, le sujet de la mobilité pour tous est la priorité de l'ensemble des forces politiques quel que soit leur terrain de bataille, et c'est une bonne nouvelle. Avec la gratuité des transports, l'autre grande thématique du débat sera bien celle du mix énergétique des flottes de véhicules publics que proposeront les futurs édiles à leurs concitoyens.

Au-delà de cette volonté politique, l'électrification est également devenue une exigence légale. La Loi de transition énergétique, votée quelques mois avant la conférence de Paris sur le climat, impose à compter de 2020 que la moitié des renouvellements de parc des services conventionnés et la totalité à partir de 2025, devra se faire au moyen de véhicules à faible émission. Le Plan Mobilité Propre, qui constitue un des piliers de la future Loi d'Orientation des Mobilités (LOM), dévoile quant à lui tout un arsenal visant à développer les transports en commun sur le territoire : appels à projets pour financer des transports en commun en site propre, chantier du Grand Paris Express, investissement de l'Etat dans les transports en commun via le contrat de plan État-Région, création de zones à faible émission, développement des infrastructures de recharge, etc.

Malgré une détermination commune, l'application concrète dans les transports de tous les jours se révèle bien plus compliqué, notamment à cause du scepticisme ambiant autour du coût, de la sécurité, des capacités et du cycle de vie des batteries... A rebours d'une réalité bien plus positive !

Des leviers encore sous-exploités

Car les progrès technologiques permettent désormais de lever les différents freins au développement de l'électrique :

  • Les prix des batteries de bus se sont effondrés, passant de 2000€ le Kilowatt/heure il y a 5 ans à moins de 500€ aujourd'hui ! Si l'on raisonne en termes de coût total de possession ramené à la durée de vie d'un bus le constat est encore plus satisfaisant : la compétitivité du bus électrique est déjà quasiment à l'équivalence de celle du bus au diesel (5 à 10% d'écart) et devrait encore s'améliorer dans les années à venir grâce à l'amélioration de la durée de vie des batteries (7 à 8 ans, c'est-à-dire mi-vie du véhicule) et à la réduction des couts liés aux volumes croissants (les productions de grande série démarrent désormais en Europe).
  • Du point de vue de la capacité, l'innovation galopante dans l'électrique permet de nombreuses avancées : toujours plus de légèreté, d'autonomie et de propreté. La généralisation du système de protection BMS (Battery Management System), intégré à la fabrication, permet également d'assurer une sécurité des batteries au moins plus efficace que les standards des véhicules thermiques.
  • Le bus électrique est aussi sûr qu'un autre type de motorisation. La sécurité des systèmes de batteries est assurée par les fonctions préventives redondantes, à la fois électroniques et mécaniques. Des normes spécifiques obligatoires valident un ensemble de tests pour une mise sur le marché en toute sécurité.
  • Le cycle de vie des batteries est quant à lui sans cesse amélioré. Elles sont désormais une véritable solution de stockage d'énergie, exploitant les batteries lithium-ion usagées. Cette seconde vie permet d'optimiser le réseau intelligent et le système de gestion de l'énergie, combinant le solaire, les véhicules électriques et le stockage stationnaire en utilisant des batteries neuves et d'occasion, en mode bidirectionnel. Lorsque la batterie atteint la fin de la vie, la filière de recyclage, désormais organisée, et disposant d'une capacité de recyclage déjà installée, permet de revaloriser la quasi-totalité des composants.

La France, terre d'avenir de l'électrique ?

Nous avons la chance d'avoir une véritable filière industrielle de la batterie en France en matière de transports publics urbains ! Contre les chasses gardées, et avant de faire le lit de la concurrence internationale, les entreprises de transports et les collectivités locales doivent s'asseoir autour de la table pour mettre en œuvre une véritable politique du transport public électrique dans nos villes.

C'est de toute façon le sens de l'histoire qui exige moins de pollution liée aux déplacements humains, au bénéfice de tous, citoyens et professionnels. En effet, au-delà de la préservation évidente de notre planète et de la santé de chacun, il y va aussi de l'intérêt économique de la France, avec un marché européen de la batterie pour bus estimé à 500 millions d'euros dès 2020.

Certains pays n'ont pas attendu pour se doter de transports publics électriques. Le bus propre a déjà conquis de nombreuses municipalités en Chine, en Norvège, aux Pays-Bas, au Portugal ou en Grande-Bretagne. En France, 1 000 bus électriques pour "Paris et la petite couronne" pourraient circuler dès début 2020.Il faut aller plus loin ! Ne laissons pas la bataille se jouer chez nos voisins plus ou moins proches, prenons notre avenir en main !

La solution immédiate à une situation urgente

Car cette transition énergétique se fait attendre, le dernier rapport du GIEC le démontre : la réduction nécessaire des émissions mondiales de gaz à effet de serre (CO2 mais aussi méthane et protoxyde d'azote) en 2050 devrait être de l'ordre de 70% par rapport à leur niveau de 2010 pour espérer maintenir la hausse moyenne des températures en dessous de 2°C.

L'électrique est surtout une solution 0 émission dont la mise en place peut se réaliser dans un délai court et à moindre coût. C'est également une solution de confort pour les piétons, chauffeurs et passagers puisque les bus circulent silencieusement.

L'électrique n'est pas un choix unique pour l'avenir. Des solutions complémentaires et non atteindront une maturité dans les 10 prochaines années, mais c'est un choix immédiat, éprouvé, raisonné et positif pour l'environnement et la société.

Les communes et métropoles sont les chefs de file pour l'exercice des compétences relatives à la mobilité durable et l'organisation des services publics de proximité. Elles doivent logiquement montrer l'exemple en matière de transition énergétique, alors que des millions de citoyens attendent de pouvoir enfin monter un jour dans un moyen de transport sans émission dans l'air, silencieux et réputé plus maniable, qui bénéficie à l'environnement, aux usagers et aux conducteurs.

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Commentaires
a écrit le 18/12/2018 à 9:37 :
Comme je le dis plusieurs fois, raf de votre stratégie c'est votre boulot les gars, soit vous virez les trollages qui me collent, soit vous validez mes réponses parfaitement dans les clous soit vous ne validez pas mon commentaire tout simplement, avec un sur deux censuré je suis habitué !

Mais il est hors de question que vous m'imposiez votre système de modération que je trouve désespérant de faiblesse. CA sent bien trop fortement la défaite tout ça.

Et me voilà obligé du coup de demander la suppression de mon propre commentaire... -_-

Au secours.
a écrit le 18/12/2018 à 9:37 :
Comme je le dis plusieurs fois, raf de votre stratégie c'est votre boulot les gars, soit vous virez les trollages qui me collent, soit vous validez mes réponses parfaitement dans les clous soit vous ne validez pas mon commentaire tout simplement, avec un sur deux censuré je suis habitué !

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Comme je le dis plusieurs fois, raf de votre stratégie c'est votre boulot les gars, soit vous virez les trollages qui me collent, soit vous validez mes réponses parfaitement dans les clous soit vous ne validez pas mon commentaire tout simplement, avec un sur deux censuré je suis habitué !

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Et me voilà obligé du coup de demander la suppression de mon propre commentaire... -_-

Au secours.
a écrit le 15/12/2018 à 9:21 :
Dans l'état actuel de la technologie, le tout électrique ne fait que déplacer le problème de la pollution de l'utilisateur vers le fabricant, mais ne résout rien. Traduction : les bobos parisiens se moquent bien de faire polluer le monde, si leur petite zone géographique est préservée. Des lapins crétins.
a écrit le 14/12/2018 à 15:42 :
N'importe quoi! 0 gr/CO2 pour une partie. Si vous comptez la fabrication batterie + fabrication d'électricité + le recyclage des batterie. Les vrais chiffres pour l'électrique ne sont pas si propre : c'est 90gr/km de CO2 avec l'électricité actuelle (nucléaire) et 15gr/CO2 avec l'électricité propre (qu'on aura dans 50 ans). La seule alternative est de convertir nos vieux diesels (Euro3 à 6 inclus) en Dual Fuel Diesel+GNV ou bien Diesel+GPL pour diminuer immédiatement le CO2 + le méthane grâce au bioGNV. Et on diminue le NOx par la même occasion.
Avec un véhicule neuf en bioGNV on est immédiatement à 5gr/km deCO2 !!
https://www.change.org/p/fran%C3%A7ois-de-rugy-environnement-transition-remboursement-des-kits-de-conversion-des-diesels-en-gnv-ou-gpl
Réponse de le 14/12/2018 à 17:47 :
@ Chis91 : votre solution n'est pas satisfaisante du tout car un moteur thermique a un faible rendement donc lui allouer du BioGNv dont on ne dispose pas en quantité infinie est une perte colossale alors que par exemple des chaudière à condensation biométhane ont un rendement largement supérieur. Par ailleurs dans la gamme des bus et tramways il y a ceux à charge rapide donc quasiment sans batteries (voir Alstom) qui ont un bien meilleur bilan. De même on va passer aux batteries Na-ion (bien meilleur bilan également que le Li-ion et ressource plus de 1000 fois supérieure : sodium). En outre pour les poids lourds et longue distance l'hydrogène est approprié avec des piles à combustible au rendement de 65% sur un véhicule.Enfin nous sommes dépendants d'importations fossiles et avec les solutions précitées on se passe totalement de nos importations qui nous coûtent quand même en moyenne 56 milliards d'euros par an et qui financent des conflits.
a écrit le 14/12/2018 à 15:06 :
Le tout électrique, c'est tendance, c'est à la mode comme cela était pour le diesel. Sauf que l'on est incapable de subvenir au besoin du tout électrique. Cette énergie n'est pas des plus propres, on ne sait pas réellement recycler les batteries, on est obligé d'acheter à l'étranger, etc ... De plus, déjà en hiver, actuellement, nous sommes obligés de réduire nos consommations d'électricité en cas de grands froid. S'il y a encore plus de besoin sans trouver avant, les solutions pour ce développement, on fonce droit dans le mur. C'est aberrant !!! Pour cela, je suis pour l'hybride mais certainement pas pour l'électrique !
Réponse de le 14/12/2018 à 17:52 :
@ Jade : c'est faux de que vous dites on recycle les batteries à 100% et à faible coût (voir Manganese Inc; Li-cycle etc). Par ailleurs et selon RTE 16 millions de véhicules électriques c'est seulement 34 TWh soit 7% de la consommation, autrement dit bien moins que les gains d'efficacité énergétique réalisés dans le temps de diffusion que prend ces véhicules. Enfin s'il y a des pics de demande électrique c'est à cause la la gabegie liée au nucléaire (radiateurs et chauffes-eaux de type grilles pains) et nous sommes numéro 1 mondial en thermosensibilité (+2,4 GWh de demande par degré de moins sous zéro en hiver)
a écrit le 14/12/2018 à 14:37 :
Sans changement profond de paradigme le 100% électrique = 100 % nucléaire.
C'est pas ma définition du rêve.

On va avoir de vrais problèmes pour en changer, rien qu'en France il y a plus de 1500 associations dont le seul but est d’empêcher l'installation de nouvelles éoliennes.... au nom de l'écologie !

De plaintes en recours, il se passe maintenant 9 ans en moyenne entre le dépôt d'une demande de permis et le premier Watt éolien produit ,contre trois ans en Allemagne.
Réponse de le 14/12/2018 à 17:50 :
Parce que vous croyez les parcs éoliens vont modifier le paradigme?
Ils vont simplement accroître l'utilisation de la filière gaz, ce qui a déjà commencé en France depuis 2017 (voir les rapports RTE) et aller à l'encontre des buts soit disant recherchés.
Il n'y a pas moins écologiques que ces machines monstrueuses de plus de 180m qui peuvent toujours être installés à 500m des habitations, malgré leur hauteur et leurs nuisances sonores et visuelles croissantes, grâce aux actions en sous main des partis et des ONG écologistes.
Je ne parle pas des dizaines de millions de tonnes de béton armé qui resteront à jamais enfouies dans nos campagnes dès que cesseront la valse généreuse des subventions.
SI c'est ça votre définition du rêve, ce n'est pas la mienne!
a écrit le 14/12/2018 à 13:39 :
"Forsee Power"

Je préfèrerais des chiffres brut de ventes, des tendances de tel ou tel produit, des baises et des hausses directes de tel ou tel secteur, bref je préfèrerais vraiment des articles sur l'économie appliquée que des publi-reportages aliénants au possible.

Forsee Power est dans le business qu'il promeut, quelle crédibilité ?

JE comprends bien qu'il faille que vous rentriez des sous mais vous n'avez pas de sub publiques ? Peut-être pas vous c'est vrai, en général on subventionne les très gros médias des très gros milliardaires les petits c'est peut-être moins automatique. Plus les médias privés comme publics peuvent nous conditionner et plus l'état les aident à le faire. LÀ aussi il serait temps de remettre en question ce fonctionnement particulièrement abrutissant.

"Soustraire les médias à l’emprise de l’argent et de l’Etat en créant un service mutualisé: Projet pour une presse libre" https://www.monde-diplomatique.fr/2014/12/RIMBERT/51030 (article gratuit)

Libérés vous pourrez enfin véritablement nous informer sans que l'on ai à se taper les propagandes de toutes sortes vu qu'en néolibéralisme l'obscurantisme est de mise.
a écrit le 14/12/2018 à 13:31 :
"une solution de confort pour les piétons, chauffeurs et passagers" sur un site suisse j'ai lu que les véhicules devront faire un peu de bruit, sinon c'est accidentogène, les gens rivés à leur écran mobile traversant sans regarder ni entendre un véhicule silencieux.
Les batteries fatiguées iront à Fessenheim constituer une gigantesque zone de stockage d'énergie électrique une fois les installations démantelées.

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