Végétaliser pour mener à bien la transition écologique dans les territoires :  qu'attendent les régions pour s'en emparer ?

À l'approche des élections régionales, l'Union Nationale des Entreprises du Paysage, fédération professionnelle qui représente les 29.550 entreprises et 97.300 actifs du secteur du paysage, appelle les candidats à mener une politique de végétalisation de leurs territoires, pour le bien de leur population.

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(Crédits : DR)

Les périodes de confinement successives en ont attesté : les Français éprouvent le besoin d'accéder à davantage de nature dans leur vie quotidienne. Les espaces verts ont été une échappatoire pour beaucoup lors des restrictions de déplacements, en témoignent le développement des activités de jardinage et l'accélération des départs des citadins vers la campagne et les zones périurbaines. La crise a souligné les inégalités d'accès au vert et la nécessité d'accélérer la végétalisation des territoires pour restaurer un équilibre entre les activités humaines et la nature.

Alors que le gouvernement peine encore à considérer la nature comme un enjeu majeur de la politique environnementale centralisée, les régions doivent occuper un rôle majeur pour accompagner les territoires dans leurs efforts de végétalisation. Face au déclin de la biodiversité, les régions ont plus que jamais la capacité d'agir pour reconnecter le citoyen à la nature et l'intégrer à cette transformation écologique majeure.

Impulser une dynamique de végétalisation à l'échelle régionale

Cheffe de file en matière d'aménagement du territoire, certaines régions pionnières, ont déjà engagé des actions fortes au profit du végétal en milieu urbain. Mais face à l'artificialisation croissante, l'exemplarité doit devenir la règle, toutes les régions doivent désormais accélérer, ensemble, en fonction des moyens et des objectifs de chacune.

Promouvoir un urbanisme durable

D'ici 2050, deux tiers de l'humanité vivra en ville. La densification des villes entraîne une raréfaction du foncier qui entrave le développement du vert en milieu urbain. L'urbanisme durable répond au double objectif de densifier la ville et d'y accroître la place de la nature. Les projets de végétalisation des sols, toitures et façades publics représentent un potentiel pour multiplier les trames vertes et bleues et préserver les continuités écologiques nécessaires à l'épanouissement de la biodiversité. En plus de favoriser l'absorption de l'eau de pluie, la création d'un habitat pour la faune et la flore, la végétalisation contribue à abaisser les températures de l'air, d'améliorer la qualité de l'air en captant les particules fines et d'atténuer l'effet d'îlot de chaleur.

Favoriser la reconversion des friches en espaces verts

Pour réduire l'étalement urbain et répondre à l'objectif de « Zéro Artificialisation Nette », la densification des centres ne peut plus se limiter uniquement à de la revalorisation ou à de la réhabilitation du bâti. Il est primordial que les politiques de recyclage des friches contribuent davantage au verdissement des espaces urbains. C'est aussi un enjeu de santé publique, la végétalisation est intrinsèquement liée à la santé des populations et permet de réduire le risque d'apparition ou d'aggravation de nombreuses maladies.

Mieux informer sur les dispositifs d'aides et de fonds européens

Les régions manquent de moyens pour accélérer la végétalisation des territoires. Or il existe une multitude d'aides et de fonds européens à leur disposition, à l'instar des Fonds européens de cohésion et des Fonds de développement régional. L'enjeu est pour elles de s'assurer de leur meilleure diffusion à l'échelle infrarégionale.

De surcroît, pour accroître la place de l'écologisation urbaine, les régions peuvent pleinement compter sur le soutien de l'Union européenne qui a pour ambition, d'ici 2030, de mettre un terme à la « perte d'écosystèmes urbains verts » et prévoit des solutions pour les intégrer davantage dans la planification urbaine. Alors que Bruxelles prévoie de consacrer 25% de son budget pour la préservation de la biodiversité, les régions doivent endosser la responsabilité d'une juste répartition des aides européennes dans les territoires.

Dans un espace urbain où vit désormais 3 Français sur 4, un changement de paradigme doit s'opérer pour repenser les lieux de vie en société et permettre une meilleure relation entre ville et nature. L'évolution des politiques publiques en matière de végétalisation est aujourd'hui incomplète pour réaliser une densification douce et les nouveaux exécutifs régionaux doivent en faire une priorité.

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Signataires :

Laurent Bizot (Président de l'Unep), Jean-Luc Gardien (Hauts-de-France), Jean-Michel Azière et Marc Doublier (Grand-Est), Paul Del Pozo (Île-de-France), Jean-Jacques Amiot (Normandie), Cédric Morel (Bourgogne-Franche-Comté), Corinne Delpeyroux (Occitanie) Jean-Michel Bertaux (Centre-Val de Loire), Alain Martineau (Pays de la Loire), Christophe Gendron (Bretagne), Jacques Priou (Nouvelle-Aquitaine), Antoine Pechuzal (Auvergne-Rhône-Alpes), Boris Lesne (Provence-Alpes Côte d'Azur, Corse), Florence Schupp (Outre-mer)

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