L’Aquitaine, poids lourd de la future région

Jean-Philippe Déjean

Départ Bordeaux Solitaire du Figaro 2015
Agence Appa

Jean-Philippe Déjean

Départ Bordeaux Solitaire du Figaro 2015
Agence Appa
C'est dans le cadre de l'exposition "Ce que Bordeaux fut, ce que Bordeaux sera", organisée par l'association "Les dossiers d'Aquitaine" (1), qui se poursuit jusqu'au dimanche 29 novembre à l'espace Mably, 3 rue Mably, à Bordeaux, que Jean Petaux, notamment politologue et docteur habilité à diriger des recherches en sciences politiques, à Sciences Po Bordeaux, a donné une conférence intitulée "Les sept piliers d'ALPC". Une référence faite à l'autobiographie du mythique officier Thomas Edward Lawrence, alias Lawrence d'Arabie, auteur de "Les sept piliers de la sagesse". C'est ainsi que l'enseignant-chercheur en sciences politiques a figuré les dynamiques à l'œuvre dans la future grande région, caractérisées par "cinq piliers forts" et "deux piliers faibles".
Le quinté gagnant sur lequel pourra s'appuyer la future région est ainsi constitué par l'agriculture, l'aérospatial, le binôme culture-patrimoine, l'enseignement supérieur et les sports. Tandis que les deux piliers faibles sont les déséquilibres démographiques et les complexités politiques. Après avoir rappelé que "l'Aquitaine représente presque toujours 60 % de la future région, quelle que soit la variable (population, richesse, etc.)", Jean Petaux a souligné le poids déterminant des déséquilibres démographiques. Sur une population globale de 5,8 millions d'habitants, la future région compte un peu plus de 4 millions d'électeurs, dont près de 58 % se trouvent en Aquitaine, 30 % en Poitou-Charentes et 12 % en Limousin.
"A elle seule la Gironde totalise plus de 1 million d'électeurs, soit 25 % de l'électorat de la grande région. A l'autre extrémité se trouve la Creuse, qui ne compte que 75.000 électeurs, soit moins de 2 % de l'électorat de la future région. Il est donc facile de comprendre que l'élection se gagnera en Aquitaine. Ce qui signifie qu'elle se gagnera encore et toujours en Gironde" analyse Jean Petaux.
L'évolution démographique de ces dernières années va peser, et lourdement, sur l'assemblée régionale qui sortira des urnes le 13 décembre prochain.
En plus de ces déséquilibres, la future région a un autre problème, celui des complexités politiques.
"Cette région elle a trop d'une très grande", s'amuse Jean Petaux, en rappelant qu'avec 84.060 km2 ce sera la plus vaste de France, devant la Guyane (83.534 km2), mais aussi un peu plus grande que l'Autriche (83.855 km2). "C'est la 3e région la plus attractive après Languedoc-Roussillon et Corse, mais c'est aussi la région leader pour le nombre des plus de 60 ans et la plus faible pour les moins de 20 ans. C'est le syndrome de la "Floridisation" : on attire plus les retraités. Ce qui pose un problème de dynamisme, du point de vue de la population active" résume le politologue.
L'étendue géographique de la future région, avec par exemple une distance de 547 kilomètres entre Hendaye, au sud, et Boussac, au nord de la Creuse, "soit 6 h 28 de route en voiture" donne une idée des enjeux à venir.
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L'orientation politique est un autre des angles caractéristiques de la future région.
La future région sera le leader national en agriculture, mais là aussi la Gironde va peser lourd. "L'agriculture de la future région ALPC va se situer devant celles de Bavière et d'Andalousie, avec 9,4 Md€ de chiffre d'affaires, dont 4 Md€ générés par le seul vin de Bordeaux...".
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(1) L'association, qui édite "La Revue des dossiers d'Aquitaine et d'ailleurs", organise aussi des expositions et conférences, et développe une activité éditoriale avec la publication d'ouvrages dans une dizaine de collections (Beaux livres, Mémoire et patrimoine, etc.).
Jean-Philippe Déjean