Au lendemain des régionales, Alain Juppé rattrapé par le national

Pascal Rabiller

Pascal Rabiller
Même si le sujet est de la plus haute importance pour la ville de Bordeaux, le budget primitif 2016 n'a pas pesé lourd pendant la conférence de presse qui précédait, à 14 h 20, le conseil municipal actuellement en cours au Palais Rohan.
La politique nationale, l'annonce d'une éventuelle éviction de Nathalie Kosciusko-Morizet du bureau politique des Républicains, les rumeurs d'anticipation des primaires pour l'élection du candidat du même parti pour les prochaines présidentielles et le positionnement stratégique du parti ont été au cœur des préoccupations des nombreux médias TV, radios et journaux.
Ironisant sur l'intérêt soudain de ces derniers pour les affaires budgétaires de la ville, Alain Juppé s'est tout de même prêté au jeu de questions - réponses qui lui était imposé.
Concernant l'éviction possible, voire probable de NKM lors du prochain conseil national du parti qui aura lieu en janvier, le maire de Bordeaux estime que ce "n'est pas une réponse adaptée aux différents points de vue qui peuvent s'exprimer. NKM n'est pas la seule à s'être prononcée sur le ni-ni voulu par la direction des Républicains. Je ne crois pas que l'exclusion soit une bonne solution, une bonne approche des choses."
S'il reconnaît que l'opposition n'a pas eu "tout bon" et l'actuel gouvernement "tout faux", Alain Juppé, qui entend faire jouer un "grand rôle" à Virginie Calmels, son adjointe battue hier au second tour des régionales face à Alain Rousset (PS), précise qu'il pense que beaucoup de ce qui a été fait par le gouvernement de François Hollande et de Manuel Valls "ne va pas dans le bon sens".
Concernant les bruits d'appareil faisant état d'une possible anticipation de la date de primaires initialement programmées en novembre prochain, Alain Juppé n'a pas caché ses doutes quant à la possibilité même d'un avancement de la date... et aussi ses craintes de voir la règle du jeu évoluer :
Au-delà des affaires nationales, Alain Juppé a tenu a faire un point sur l'objet initial du point presse : le conseil municipal de Bordeaux et le budget prévisionnel. Il a notamment annoncé que le budget serait revu à la baisse pour ce qui est des investissements, l'enveloppe passant à 70 M€ dans l'exercice qui vient (contre 85 à 93 M€ les années précédentes).
Il a précisé aussi que la taxe d'habitation n'augmentera pas en 2016, que la masse salariale va connaître un baisse de 56 M€ du fait de transferts vers la métropole, et que pour le personnel municipal, la maîtrise de la hausse des charges de personnel serait limitée à +1,5 % grâce, notamment, à des non-remplacements de départs en retraite...
Des annonces importantes, mais passées légèrement inaperçues cet après-midi.
Pascal Rabiller