Grande région : pourquoi "Nouvelle-Aquitaine" va être choisi

Mikaël Lozano

Mikaël Lozano
Chargée de piloter le groupe de travail planchant sur le nouveau nom de la région Aquitaine Limousin Poitou-Charentes, l'historienne Anne-Marie Cocula a remis lundi 20 juin un rapport de plus de 130 pages à son président (PS) Alain Rousset. Ce pavé intitulé "Quel nom pour ma région ?" et sous-titré "Faire vivre notre pluralité" est le fruit de la réflexion et de la consultation préalables au vote des conseillers régionaux, qui aura le 27 juin. S'il n'a qu'une vocation consultative, il s'appuie néanmoins sur un travail mené sur plusieurs fronts : cogitations du groupe de travail mené par Anne-Marie Cocula, discussions lors de réunions publiques, décryptage des 41.000 contributions déposées en un an sur le site Internet dédié et des courriers reçus, et avis des personnels du Conseil régional.
Qu'en ressort-il ?
A défaut d'un plébiscite, le rapport remis au président de la Région Alain Rousset suggère donc d'adopter "Nouvelle-Aquitaine", qui pourtant n'apparaissait dans le trio de tête d'aucun mode de consultation. Implacable tel un sniper embusqué derrière son pupitre, Anne-Marie Cocula a dégommé, ce lundi, les autres propositions. Aliénor ? "On nous a dit que c'était la duchesse qui avait inventé le divorce et que ce serait donc malvenu. De plus, les habitants d'Aliénor seraient les Aliénais..." Sud-Ouest ? "Toulouse est à côté, et c'est une marque partagée." Sud-Ouest Atlantique ? "Si l'on se place à l'échelle de l'Europe, le Sud-Ouest Atlantique, c'est le Portugal. De même que le Grand Est, vu d'Allemagne, c'est l'Ouest. Il nous fallait sortir d'une perspective franco-française." Aquitania ? "Ce nom présentait l'avantage de remonter aux sources historiques, mais des responsables économiques et politiques percevaient cette dénomination comme trop proche d'un parc d'attractions." Grande Aquitaine ? "Le nom appelait à plus de modestie."
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Même si "Nouvelle-Aquitaine" apparaît au final plus comme un choix de la raison qu'un coup de cœur, Anne-Marie Cocula et Alain Rousset, de concert, espèrent néanmoins que ce nouveau nom sonnera comme "une nouvelle naissance, pleine de promesses". La chef de file du groupe de travail, historienne de son état, insiste sur le fait que le territoire correspond quasiment aux frontières de l'ancien duché d'Aquitaine :
Allergique au sigle ALPC ("Ce n'est pas avec ça que je vais vendre à l'étranger"), Alain Rousset avait eu un coup de cœur pour "Guyenne et Gascogne". Pas de chance, c'est le nom d'une chaîne de supermarchés, passée depuis sous l'enseigne Carrefour. Va donc pour Nouvelle-Aquitaine, qui sera au centre des débats - et des votes - lors de la prochaine plénière du Conseil régional, lundi 27 juin. Un rejet est-il plausible ? "Il ne faut jurer de rien, mais j'espère que non", indique Alain Rousset. Le duo n'est pas inquiet outre-mesure que la pétition contre ce nouveau nom, lancée par un Rochelais, ait engrangé en une semaine 21.000 signatures, soit la moitié du total de contributions recueillies en un an sur le site Internet. Alain Rousset balaie les craintes qui voient là une "Aquitanisation" à marche forcée des anciens territoires :
Il faudra de toute façon du temps. Anne-Marie Cocula signale elle-même dès les premières lignes du rapport "l'intérêt limité" des citoyens pour cette question du nom. Comme toujours, si les critiques pleuvent, les participations n'ont pas formé un torrent d'apports constructifs :
Mikaël Lozano