Couverture mobile : l'Arcep met la pression sur les opérateurs, la Nouvelle-Aquitaine zone pilote

Mikaël Lozano

Mikaël Lozano
Jusqu'à présent, les cartes de couverture du réseau mobile étaient binaires - ça capte, ça ne capte pas - et ne prenaient en compte que la situation bien particulière d'une personne immobile, debout, en extérieur. Mais l'Arcep, dotée de nouveaux pouvoirs et d'outils par la loi pour la République numérique en 2016, peut désormais aller plus loin. L'autorité de régulation imposera donc à partir de septembre 2017 aux opérateurs mobiles des cartes de couverture du service voix/SMS à 4 niveaux : pas de couverture, couverture limitée (pas de communications à l'intérieur du bâtiment), bonne couverture (communications en intérieur dans certains cas) et très bonne couverture.
La logique de l'Arcep est imparable : plus de transparence sur la qualité réelle de la couverture entraînera plus de concurrence et donc poussera les opérateurs à investir et à innover pour se distinguer, ce qui mécaniquement devrait se traduire par un meilleur service pour le consommateur final. Historiquement, au début de la 4G, les opérateurs de téléphonie avaient tendance à "survendre" leurs performances réelles : il y a 4 ans, l'Arcep constatait une fiabilité des cartes de couverture autour de 80 % seulement, une fois confrontées à la réalité des faits. Depuis ce taux est remonté, voisinant avec les 98 % de fiabilité. Mais il est temps d'aller plus loin et d'offrir au grand public un regard plus fin.
Les 4 opérateurs français que sont Orange, Bouygues, SFR et Free vont donc être dans l'obligation de fournir à l'Arcep leurs cartes de couverture en incluant les 4 niveaux précités, au lieu des documents binaires. Mais il ne s'agit que de simulations numériques. L'autorité régulatrice les publiera mais ne va pas s'en contenter. Elle va aussi contrôler les éléments au moyen de deux types de campagne de tests : une menée par ses soins en conditions réelles sur le terrain, grâce à des voitures équipées, et une seconde sur les axes de transport que sont le TGV, les TER, les autoroutes... réalisée par un prestataire indépendant. Les mesures effectuées seront refacturées aux opérateurs.
Martine Lombard, membre du collège de l'Arcep ( crédit photo La Tribune / Mikaël Lozano)
Concrètement, le consommateur va pouvoir utiliser l'application en ligne https://monreseaumobile.fr pour consulter les cartes, zoomer sur son quartier ou la zone qui l'intéresse, contrôler la couverture et la qualité de services de chacun des 4 opérateurs... L'Arcep annonce une précision de cet outil inférieure à 200 mètres. Les cartes seront publiées en open data, l'autorité régulatrice espérant vivement que des entreprises sauront s'en saisir pour créer de nouveaux usages, des comparateurs de couverture par exemple.
La Nouvelle-Aquitaine a été choisie comme seule région pilote. A compter d'aujourd'hui, l'Arcep a publié les fameuses cartes, expérimentales car fournies par les opérateurs mais encore non vérifiées. Les trois prochains mois vont permettre de rôder le système et de s'assurer que les campagnes de tests se déroulent correctement. 4 véhicules vont notamment sillonner la région et vérifier la moitié des cartes de Nouvelle-Aquitaine. Un territoire qui n'a pas été choisi par hasard comme le précise le préfet de Région Pierre Dartout :
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A partir de septembre, le dispositif sera étendu au niveau national, uniquement pour le service voix / SMS. L'Arcep envisage rapidement ensuite de l'ouvrir à d'autres types de services (3G, 4G, ...).
Mikaël Lozano