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Politique - La Tribune Bordeaux

Université de Bordeaux : la difficile mise en place de la sélection en master 1

Hélène Lerivrain

Publié le 12 juin 2017 à 10:50 - Mis à jour le 12 juin 2017 à 11:32

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La mise en place de la sélection à l’entrée du master 1 à l’Université de Bordeaux fait des mécontents. 80 étudiants de droit, science politique, économie et gestion de Pessac qui ont validé leur troisième année de licence n'ont pas décroché de place pour la rentrée de septembre. L’association OSB IV tire la sonnette d’alarme tandis que l’Université explique que des ajustements sont en cours.

Manon a validé sa 3e année de licence d'administration économique et sociale (AES) à l'Université de Bordeaux Pessac avec 11,4 de moyenne mais n'a pas de place en master 1 à la rentrée prochaine. Xavier en licence 3 d'économie-gestion avec 11,75 de moyenne a également essuyé des refus pour son entrée en master 1 en septembre.

Comme eux, de nombreux étudiants du campus de Pessac seraient dans l'impasse, à savoir clairement "recalés" selon l'Organisation socio-culturelle de Bordeaux IV (OSB IV).  "La faute à la mise en place de la sélection en première année de master autorisée par la loi du 19 décembre 2016 et validée par l'université de Bordeaux en février dernier en conseil d'administration", explique Theo Contis, membre de l'association OSB IV et du CA de l'Université de Bordeaux.

"Ce que nous souhaitons pointer du doigt, au-delà-de cette loi abjecte, c'est le manque de préparation de l'Université de Bordeaux face à une telle réforme. Elle aurait pu prendre le temps de la préparer et attendre l'année scolaire 2018/2019 pour l'appliquer, ça n'a pas été le cas",regrette Theo Contis."Il faut savoir que c'est un processus très complexepour lequel nous n'avons pas d'expérience", réagit pour sa partAchille Braquelaire, vice-président de la commission formation et vie universitaire à l'Université de Bordeaux. "Je ne valide pas le manque de préparation. Quand on ne connait pas, c'est toujours pareil,il y a des ajustements à faireet il faut bien se jeter dans le bain. Au-delà de cela, je fais partie de ceux qui sont favorables à une sélection avant l'entrée en M1 plutôt qu'en M2."

80 étudiants ayant validé leur licence dans l'attente

Toujours est-il qu'en l'état, il y a urgence reconnaissent les deux parties. D'après des chiffres recoupés à partir de données fournies par l'Université de Bordeaux et de témoignages recueillis par ses propres moyens auprès des étudiants, l'association OSB IV affirme que pour ce qui est du collège droit, science politique, économie et gestion de l'université de Bordeaux, 46 % des étudiants du campus de Pessac qui ont fait une demande de master 1 au sein de la même université de Bordeaux ont essuyé des refus. Sont concernées les demandes d'inscription en master 1 en fac d'économie-gestion-AES et auprès de l'Institut d'administration des entreprises (IAE).

"Parmi ces 46 %, plus de80 étudiants ont validéde manière certaine leur année, parfois avec de bonnes moyennes, de 10/20 jusqu'à la mention bien. Les autres attendent leurs résultats de stage ou de rattrapage pour compter parmi les étudiants effectivement reçus", précise Theo Contis.

Achille Braquelaire ne nie d'ailleurs pas ces chiffres :

"Nous avons les mêmes. 70 à 80 étudiants qui ont eu leur année n'ont effectivement pas de place en M1.Nous travaillons en urgence sur l'intégration des bons élèves qui n'ont pas eu de place en considérant qu'il y a eu des erreurs de recrutement.Par ailleurs,nous demandons aux étudiants qui ont été acceptés dans plusieurs masters de faire leur choix rapidementafin de libérer des places. Un fois ce processus terminé, nous y verrons déjà plus clair."

Mais l'OSB IV ne s'en tient pas là et précise que les capacités d'accueil ont été remplies dans la plupart des masters proposés par l'Université de Bordeaux par environ 45 % de candidatures extérieures, ce qu'elle dénonce. "Il avait été convenu lors du conseil d'administration de février que le recours à des candidatures extérieures ne se ferait que dans l'hypothèse où tous les étudiants de l'Université trouveraient une place", précise Theo Contis.

Achille Braquelaire se défend : "Nous avons toujours intégré des étudiants de l'extérieur parce que tel master peut davantage correspondre à son projet personnel."

"Flou autour de la question des recours"

Pour ceux qui n'auraient définitivement pas de place, un recours est possible. "La loi garantit aux étudiants un droit à la poursuite des études", souligne l'OSB IV toutefois sceptique.

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"Pour le moment le site d'orientation trouvermonmaster.com destiné à saisir le recteur ne fonctionne pas.Le rectorat doit ensuite pouvoir proposer 3 possibilités de poursuite d'études au jeune recalé. Ainsi, au dernier moment, l'étudiant pourrait se voir envoyer dans un établissement ou même une académie différente de la sienne. A ce sujet, la loi prévoit une aide financière à la mobilité mais à ce jour, à notre connaissance, elle n'a toujours pas été chiffrée, ce qui ajoute à notre inquiétude."

OSB IV demande des solutions en urgence

L'Organisation socio-culturelle de Bordeaux IV demande donc, dans l'urgence, des mesures appropriées pour proposer des solutions satisfaisantes à tous les étudiants ayant eu leur licence. Elle a d'ores et déjà rencontré le directeur de la faculté d'économie-gestion-AES ainsi que le vice-président de l'Université de Bordeaux en charge de la formation pour les alerter de la situation et trouver des solutions. "Si l'université de Bordeaux nous a entendus, les composantes ne se sont pas encore prononcées sur un quelconque engagement", précise l'OSB IV.

Les discussions doivent se poursuivre cette semaine. Le rectorat et l'université ont prévu de se rencontrer demain pour préparer la phase 3 de cette sélection à savoir la saisine du recteur par les étudiants.

"Ce n'est pas un rendez-vous de crise, il a été fixé il y a deux mois même si nous reconnaissons qu'il y a urgence parce que des étudiants sont aujourd'hui dans l'attente, mais encore une fois nous y travaillons. Quand le recteur proposera une solution, l'étudiant aura alors 15 jours pour l'accepter ou non",explique Achille Braquelaire.

"Ça doit aller vite car du côté des étudiants l'incompréhension domine", confirme Theo Contis. "Certains viennent nous voir pour nous demander s'il ne serait pas préférable de redoubler leur licence 3." "J'ai bien pensé au privé mais je suis boursière, je ne peux pas me le permettre. Cette situation est incroyable", lâche Manon. Tout le monde devrait y voir plus clair tout début juillet.

Hélène Lerivrain

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