Université de Bordeaux : la difficile mise en place de la sélection en master 1
Hélène Lerivrain
Hélène Lerivrain
Manon a validé sa 3e année de licence d'administration économique et sociale (AES) à l'Université de Bordeaux Pessac avec 11,4 de moyenne mais n'a pas de place en master 1 à la rentrée prochaine. Xavier en licence 3 d'économie-gestion avec 11,75 de moyenne a également essuyé des refus pour son entrée en master 1 en septembre.
Comme eux, de nombreux étudiants du campus de Pessac seraient dans l'impasse, à savoir clairement "recalés" selon l'Organisation socio-culturelle de Bordeaux IV (OSB IV). "La faute à la mise en place de la sélection en première année de master autorisée par la loi du 19 décembre 2016 et validée par l'université de Bordeaux en février dernier en conseil d'administration", explique Theo Contis, membre de l'association OSB IV et du CA de l'Université de Bordeaux.
Toujours est-il qu'en l'état, il y a urgence reconnaissent les deux parties. D'après des chiffres recoupés à partir de données fournies par l'Université de Bordeaux et de témoignages recueillis par ses propres moyens auprès des étudiants, l'association OSB IV affirme que pour ce qui est du collège droit, science politique, économie et gestion de l'université de Bordeaux, 46 % des étudiants du campus de Pessac qui ont fait une demande de master 1 au sein de la même université de Bordeaux ont essuyé des refus. Sont concernées les demandes d'inscription en master 1 en fac d'économie-gestion-AES et auprès de l'Institut d'administration des entreprises (IAE).
Achille Braquelaire ne nie d'ailleurs pas ces chiffres :
Mais l'OSB IV ne s'en tient pas là et précise que les capacités d'accueil ont été remplies dans la plupart des masters proposés par l'Université de Bordeaux par environ 45 % de candidatures extérieures, ce qu'elle dénonce. "Il avait été convenu lors du conseil d'administration de février que le recours à des candidatures extérieures ne se ferait que dans l'hypothèse où tous les étudiants de l'Université trouveraient une place", précise Theo Contis.
Achille Braquelaire se défend : "Nous avons toujours intégré des étudiants de l'extérieur parce que tel master peut davantage correspondre à son projet personnel."
Pour ceux qui n'auraient définitivement pas de place, un recours est possible. "La loi garantit aux étudiants un droit à la poursuite des études", souligne l'OSB IV toutefois sceptique.
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L'Organisation socio-culturelle de Bordeaux IV demande donc, dans l'urgence, des mesures appropriées pour proposer des solutions satisfaisantes à tous les étudiants ayant eu leur licence. Elle a d'ores et déjà rencontré le directeur de la faculté d'économie-gestion-AES ainsi que le vice-président de l'Université de Bordeaux en charge de la formation pour les alerter de la situation et trouver des solutions. "Si l'université de Bordeaux nous a entendus, les composantes ne se sont pas encore prononcées sur un quelconque engagement", précise l'OSB IV.
Les discussions doivent se poursuivre cette semaine. Le rectorat et l'université ont prévu de se rencontrer demain pour préparer la phase 3 de cette sélection à savoir la saisine du recteur par les étudiants.
"Ça doit aller vite car du côté des étudiants l'incompréhension domine", confirme Theo Contis. "Certains viennent nous voir pour nous demander s'il ne serait pas préférable de redoubler leur licence 3." "J'ai bien pensé au privé mais je suis boursière, je ne peux pas me le permettre. Cette situation est incroyable", lâche Manon. Tout le monde devrait y voir plus clair tout début juillet.
Hélène Lerivrain