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Si fusion il y a, "tous les accords antérieurs seront annulés" prévient Méric

Photo de Pierrick Merlet

Pierrick Merlet

Publié le 23 novembre 2018 à 11:21 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 00:16

Georges Méric

Georges Méric

Rémi Benoit

Le Quotidien Numérique

04 juin 2026

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Le gouvernement réfléchit actuellement à une possible fusion entre les Départements et les Métropoles de taille européenne, dont fait partie Toulouse. Un projet souhaité par Jean-Luc Moudenc, président de Toulouse Métropole, mais rejeté par Georges Méric, le président du Conseil départemental de Haute-Garonne. Ce dernier se dit prêt à annuler tous les accords de subventions passés avec la Métropole depuis 2015 si la fusion est imposée. Un choix qui pourrait remettre en cause des projets comme la...

La Tribune : Depuis plusieurs jours, des stands pour présenter le Conseil départemental et ses actions ont fait leur apparition dans des lieux stratégiques comme les stations de métro. Est-ce que cela a un lien direct avec la menace de fusion qui pèse sur votre collectivité ?

Georges Méric : Non, nous le faisons chaque année. Il n'y a pas plus, ni moins. Il y a une volonté chaque année d'exprimer ce que nous apportons à la population. Notre rapport avec les élus locaux est très fort, ce sont nos premiers partenaires et nous sommes leur partenaire de proximité immédiate. Après, il y a le grand public et il faut leur expliquer ce qu'est le Département et ce qu'il fait.

Ainsi, nous défendons la thèse de la complémentarité entre la Métropole et le Département. Essentiellement, la Métropole est le fer de l'économie néolibérale, et le Département, c'est d'abord la solidarité et l'humain. Alors, faire disparaître le Département, c'est être dans le tout marché. Privilégier la Métropole comme le modèle lyonnais (le Département du Rhône et la métropole lyonnaise ont fusionné au profit de la Métropole début 2018, ndlr), c'est abandonner les territoires périurbains et ruraux. Nous ne serons alors plus dans l'égalité citoyenne. Pour cette raison, nous sommes contre le modèle lyonnais mais nous ne sommes pas contre une coopération. Nous l'avons déjà prouvé trois fois : en décembre 2015 avec un accord sur les compétences partagées dans le cadre de la Loi NOTRe, en 2016 par l'approbation du PDU (Plan de déplacements urbains, qui comprend la 3ème ligne de métro, ndlr) avec un appui de 201 millions d'euros de subventions, et par l'accord politique du 29 juin qui est un accord consensuel, et comme le dit le président de la République, "cousu main".

Pourquoi est-ce toujours l'échelon départemental qui est menacé quand un projet de réforme territorial est élaboré ?

On vise deux institutions : les communes et les Départements. Le partage des compétences entre les communes et les intercommunalités posent des problèmes à de nombreux maires. La commune est affaiblie par rapport à l'intercommunalité.

Le Département est le seul à pouvoir agir sur la solidarité avec l'action sociale d'une part et la solidarité territoriale d'une autre part. La métropole concentre les gagnants de la mondialisation, où il y a une richesse mais aussi la France périphérique, celle que l'on voit aujourd'hui avec les gilets jaunes. La France des exclus et des perdants, commence au sein de la métropole, dans les banlieues et les quartiers ghettoïsés. Le Département est là pour assurer l'équilibre social entre ces territoires.

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Pour certains, cette fusion pourrait se faire si les richesses du territoire étaient équitablement réparties entre la métropole et les territoires qui l'entourent afin de laisser au futur Département une marge de manoeuvre significative. Êtes-vous d'accord avec cette vision des choses ?

C'est aussi irréaliste que la théorie du ruissellement. Je n'ai jamais vu des riches donner aux pauvres. D'ailleurs, dans les divers contrats passés par la Métropole, il n'y a pas un euro transféré vers un territoire périphérique. Seul le Département peut aller subventionner un pôle routier, sauver les stations de ski, financer une école dans un petit village rural, ou payer 30% d'une opération de restauration d'une mairie.

Seriez-vous prêt à déchirer l'accord de coopération qui lie le Département à la Métropole si cette situation d'incertitude s'éternisait ?

S'il y a obligation d'appliquer le modèle lyonnais, il est sûr que tous les accords antérieurs seront annulés, l'accord de 2015, celui sur le PDU et celui de juin dernier. Nous repartirons avec une feuille vierge et bien sûr, les subventions seront arrêtées car on ne peut pas être subventionné par quelqu'un qu'on tue, qu'on ampute, qu'on fait devenir un "Département résiduel", comme le suggère le langage technocratique parisien. Cela veut dire que les territoires périurbains, ruraux et de montage sont résiduels. Des résidus de quoi ? De la mondialisation ?

N'est-ce pas réducteur dans le débat de voir ce projet de fusion que sous l'angle de deux visions économiques qui s'affrontent ?

Je ne suis pas contre le marché, mais le tout marché pose des problèmes, notamment sur le numérique. Si l'on reste sur le tout marché, le périurbain, le rural et la montage n'auront jamais la fibre. Le tout marché n'apporte pas la fibre partout et l'égalité citoyenne n'existe pas dans le tout marché. Il faut qu'il y ait des collectivités territoriales comme le Département qui soient chef de file dans ces projets pour amener la fibre chez tous les foyers haut-garonnais. Sans l'investissement public, il y aurait des Haut-garonnais de première zone et des Haut-garonnais de seconde zone. D'ailleurs, si nous continuons comme ça, il y aura deux France. La France des métropoles et le reste.

Vous recevrez samedi 24 novembre, plusieurs dizaines d'élus locaux et responsables associatifs pour défendre l'importance de votre collectivité. Est-ce une démonstration de force symbolique avant votre rendez-vous le 28 novembre avec la ministre de la Cohésion des territoires, Jacqueline Gourault, qui a promis de ne rien imposer ?

À lire également

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C'est une démonstration des élus locaux et du mouvement associatif pour montrer à Paris qu'en Haute-Garonne le Département est indispensable sur tout le département. La ministre a dit lors de son discours à Rennes le 8 novembre (lors du congrès de l'Assemblée des départements de France, ndlr) qu'il fallait des accord locaux, c'est-à-dire entre les deux partis, ce n'est pas le président de la Métropole qui fera l'accord. Je tiens à souligner que l'accord du 29 juin est très avantageux pour la Métropole, avec 250 millions d'euros de subventions nouvelles prévues.

Pierrick Merlet

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