Président marquant de la Gironde, Philippe Madrelle est mort en habit de sénateur
Jean-Philippe Déjean

Philippe Madrelle
Mikaël Lozano / Objectif Aquitaine
Jean-Philippe Déjean

Philippe Madrelle
Mikaël Lozano / Objectif Aquitaine
Figure emblématique de la vie politique girondine, Philippe Madrelle, sénateur PS, est mort hier mardi 27 août 2019 à l'âge de 82 ans des suites d'une longue maladie. Cet ancien professeur d'anglais né dans le nord Gironde, à Saint-Seurin-de-Cursac, où son père, Jacques, a été conseiller municipal SFIO (Section française de l'internationale ouvrière : ancêtre du PS -NDLR) puis maire, aura décroché un nombre impressionnant de mandats.
Comme le rappelle Jean-Luc Gleyze, actuel président (PS) du Conseil départemental de la Gironde, Philippe Madrelle est tombé dans la politique quand il était tout petit puisque son père recevait à la maison "nombre de personnalités de gauche" et qu'il n'hésitait pas à mobiliser la famille lors des préparatifs des campagnes électorales.
C'est ainsi qu'il va devenir un jeune militant du Parti socialiste et entamer une carrière politique à l'ancienne, cumulant un nombre très conséquent de mandats. Philippe Madrelle a commencé par être élu conseiller municipal d'Ambarès, en 1965, avant de devenir député (1968-1980), maire de Carbon-Blanc (1976-2001), président du Conseil général de la Gironde (1976-1985 et 1988-2015), du Conseil régional d'Aquitaine (1981-1985), et sénateur (1980-2019).
Défenseur des campagnes, Philippe Madrelle, qui n'a jamais cherché à être maire de Bordeaux, manquait rarement de mettre en avant la défense des intérêts des territoires ruraux lors de ses conférences de presse de début d'année au conseil général. Philippe Madrelle entretenait ainsi à petite intensité, dans une forme pédagogique, l'antagonisme ancestral opposant une capitale girondine arrogante et dominatrice à des territoires ruraux méfiants, toujours prêts à résister à l'ogre marchand du port de la Lune. Et tout le monde reconnait qu'il n'arrêtait pas de labourer jour après jour ce territoire départemental qui est aussi la trame du plus vaste département de France métropolitaine, avec ses 10.000 km2, écumant villages, petites villes rurales et territoires reculés.
"Je lui dois tout" résumait hier dans la soirée Alain Rousset, président (PS) de la région Nouvelle-Aquitaine.
Avant de souligner : "Il a toujours attaché une importance particulière à la solidarité, à la cohésion entre les territoires ruraux et urbains... il avait quelque part pressenti les fractures territoriales mises en relief, avec fracas, ces derniers mois".
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L'hommage de Nicolas Florian, maire (LR) de Bordeaux
Présenté en 2017 par "L'Express" comme un "Champion du cumul des mandats..." et un chef de clan, Philippe Madrelle avait confié au magazine national qu'il arrêterait définitivement la politique en 2020, à l'échéance de son dernier mandat de sénateur. Jean-Luc Gleyze, élu du sud Gironde, qui a succédé en 2016 à Philippe Madrelle à la présidence du Conseil départemental de la Gironde, souligne l'ancrage territorial :
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Fait du hasard, c'est lors de sa dernière conférence de presse de rentrée au titre de la présidence du Conseil général de la Gironde, le 7 janvier 2015, que les journalistes présents ont appris l'attaque de l'équipe de Charlie Hebdo à Paris, pour laquelle il avait demandé une minute de silence.
Jean-Philippe Déjean