Membre de la majorité de gauche au conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, le parti écologiste EELV est le premier à se lancer officiellement dans la campagne des prochaines élections régionales prévues en mars 2021. Une initiative prise sans donner de coups de canifs au contrat de majorité qui le lie au PS d'Alain Rousset. Les derniers sondages montrent que, comme ses futurs concurrents, Nicolas Thierry a les moyens d'emporter la victoire.Associés depuis l'élection de 2016 à la majorité PS qui gouverne la Nouvelle-Aquitaine, dont Alain Rousset (PS), est le président, la formation EELV (Europe Ecologie Les Verts) a désigné, le 26 octobre à Poitiers, Nicolas Thierry, élu de Gironde et vice-président en charge de l'environnement et biodiversité à la Région, comme son chef de file pour les prochaines élections régionales de 2021 prévues en mars, en même temps que celles des conseils départementaux. L'élue EELV lot-et-garonnaise Maryse Combres, cheffe de file de l'opposition municipale à Agen, formant avec lui un binôme en tête de la liste écologiste.
EELV est ainsi la première formation politique représentée à la Région à déclarer sa candidature pour la prochaine échéance électorale régionale. Cette annonce ne signifie pas pour autant qu'EELV a décidé de rompre son alliance avec l'actuelle majorité régionale, malgré des tensions récurrentes sur la gestion des ressources en eau.
"Prendre cette région, c'est notre objectif"
"Nous sommes des gens sérieux, nous avons posé des lignes rouges et tant qu'elles ne sont pas rompues nous restons alliés [avec le PS], nous assumerons nos responsabilités jusqu'à la fin du mandat. Prendre cette région, c'est notre objectif. La position que nous avons aujourd'hui est le résultat des élections lors du dernier scrutin régional. Depuis, les choses ont beaucoup changé et nous prétendons gagner ces régionales pour faire de la Nouvelle-Aquitaine la première région écologique d'Europe", déroule pour La Tribune Nicolas Thierry.
Les dernières élections municipales constituent sans aucun doute pour les Verts la séquence politique la plus saillante de la période 2016-2020, puisque deux des trois métropoles de Nouvelle-Aquitaine, Bordeaux (avec Pierre Hurmic) et Poitiers (avec Léonore Moncond'huy), ont basculé dans le camp écologiste, Limoges lui préférant son maire (LR) sortant, Emile-Roger Lombertie. Le fait d'annoncer sa candidature à Poitiers, où il a été accueilli par Léonore Moncond'huy, est un symbole d'autant plus fort que la capitale poitevine est le porte-drapeau d'un territoire en première ligne sur la question de la gestion des ressources.
La mobilisation contre les Bassines monte en puissance
Le dossier des prélèvements d'eau par l'agriculture dans la Sèvre niortaise et le Marais poitevin, en particulier dans les Deux-Sèvres, par le biais des Bassines, cristallise ainsi les tensions au sein de la majorité régionale. Le plus gros projet doit aboutir à la construction de 16 Bassines, des retenues d'eau d'une capacité totale de stockage de 6,8 millions de mètres cubes, moyennant 50 millions d'euros d'argent public.