Depuis plusieurs mois les tensions s'accumulent au sein du NPA (Nouveau parti anticapitaliste), parti d'extrême-gauche fondé en 2009 à l'initiative d'Olivier Besancenot, figure de proue de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR). Les promoteurs de cette transformation, à laquelle va adhérer Philippe Poutou, constituent désormais une sorte de canal historique au sein du NPA. Le quotidien Le Monde a dévoilé cet été la profondeur de la nouvelle crise qui mine désormais le NPA, dans une tectonique des plaques où la somme des contradictions semble avoir atteint un seuil critique.
Dans ce contexte délétère, l'élection municipale de Bordeaux pourrait constituer le catalyseur fatal entraînant l'implosion du NPA et ceci à cause d'un succès politique inespéré. En s'engageant dans la création du collectif Bordeaux en luttes, avec La France Insoumise (LFI), initiative dans laquelle le coordinateur local de LFI, Clément Agostini, a joué un des rôles clés, le NPA de la Gironde, mené par Philippe Poutou, a mis les tendances qui le composent sous forte tension.
Dans l'interview qu'il a accordé il y a quelques semaines à La Tribune, Philippe Poutou est revenu sur cette situation, validant son rapprochement gagnant avec La France Insoumise pour les municipales à Bordeaux (9,4 % au second tour, trois élus municipaux) et dénonçant au passage le sectarisme des autres tendances au sein du NPA, qui étaient, selon lui, hostiles à ce rapprochement. Des tendances, qu'il juge minoritaires, qui n'empêcheront pas le mouvement impulsé de se poursuivre. Entretien qui a créé un émoi certain au sein de la Fédération de la Gironde du NPA. Jusqu'à accélérer le départ de Petra Bernus, étudiante à l'université Bordeaux Montaigne, tout juste âgée de 20 ans, du collectif Bordeaux en luttes, dont elle a été la porte-parole, et de la tendance à laquelle elle appartient : le NPA Révolution permanente.