Six ans après avoir initié le projet, les porteurs du village du réemploi ïkos à Bordeaux demeurent plongés dans l'incertitude : « le plan de financement n'est pas bouclé », évoque Marion Besse. La directrice de l'association voit le projet d'ouverture d'un lieu dédié à l'économie circulaire et à l'insertion, porteur d'une centaine d'emplois à Bordeaux, encore repoussé. C'est à la fois pour alerter sur son cas, mais aussi pour servir d'exemple et peut-être un jour de contre-exemple, qu'ïkos a organisé, en partenariat avec Bordeaux Métropole, un colloque national dédié à la place et au financement de l'économie circulaire dans les villes.
« Nous envisageons un dépôt de permis de construire début 2024, une fois que la phase d'avant travaux sera bouclée », indique Marion Besse à La Tribune. Sur une enveloppe de 19 millions d'euros nécessaires pour lancer le projet, ïkos doit encore trouver six millions d'euros. Et compte sur l'État, suite à la visite de deux ministres en janvier, pour l'aider à boucler la somme. « On espère être les premiers en France et pouvoir être copié. » Plusieurs intervenants ont parlé d'une « bascule culturelle » à mener pour pousser encore davantage les politiques publiques à promouvoir l'économie circulaire. « Les financements publics ou privés ne suffisent pas », reprennent tout à tour Catherine Mechkour-Di Maria, secrétaire générale du réseau national des ressourceries et recycleries, et Aurore Medieu, responsable économie circulaire pour ESS France.