« L'objectif est d'anticiper la sécurisation de la ressource en eau » (Isabelle La Jeunesse)
Propos recueillis par Gaëlle Cloarec
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LA TRIBUNE : Quelles sont les raisons qui ont poussé à la création de la chaire partenariale « L'eau dans les territoires des Alpes-Maritimes » ?
ISABELLE LA JEUNESSE : La dynamique de réflexion et d'anticipation sur le rapport à l'eau dans les Alpes-Maritimes n'est pas nouvelle. Déjà, en 2017, le Département créait le Syndicat mixte pour les inondations, l'aménagement et la gestion de l'eau maralpin (Smiage). Depuis, les enjeux du climat, éclairés ces dernières années par les tempêtes Alex, Aline et les épisodes de sécheresse de 2022 et 2023, ont poussé à la création d'un projet de territoire autour de la recherche et de l'innovation en eau, matérialisé par cette chaire partenariale. Celle-ci réunit l'Université Côte d'Azur au travers de l'Institut méditerranéen du risque, de l'environnement et du développement durable (Imredd), le secteur privé, très attendu sur les sujets de l'innovation et du mécénat via la Fondation UCA, et les collectivités du territoire. Ces dernières, en signant cette chaire, font de la ressource en eau une priorité politique et un enjeu d'intérêt général. C'est un message fort.
D'autres chaires en eau existent dans l'Hexagone. Quelle est la particularité de la chaire azuréenne ?
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Il en existe d'autres en effet, à Montpellier, Avignon ou encore Strasbourg, spécialisées respectivement dans la viticulture, les eaux souterraines et l'écosystème du Rhin. Celle des Alpes-Maritimes se distingue par sa territorialité et sa diversité des risques et des milieux. Nous avons ici un continuum terre mer avec des milieux de montagne, de moyenne montagne, des parcs naturels, des communes rurales, un littoral touristique très intense et une grande métropole. Cela fait beaucoup pour un territoire qui n'est finalement pas si grand que cela. Nous sommes donc sur une vision systémique et globale de la ressource en eau, et ce dans un contexte méditerranéen qui a toute son importance du fait de son climat capricieux par nature, et où le changement climatique s'exprime plus fortement qu'ailleurs avec des périodes de sécheresse plus longues et des précipitations plus extrêmes.
Propos recueillis par Gaëlle Cloarec
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