Privatisation de l'aéroport Toulouse-Blagnac, Jean-Luc Moudenc a-t-il changé d'avis ?

Sophie Arutunian

Sophie Arutunian
Lors du conseil municipal marathon du vendredi 10 avril dernier (une journée entière de débats qui a notamment abouti à la hausse des impôts locaux), les élus de la Ville de Toulouse, dans leur ensemble, se sont prononcés contre la privatisation de l'aéroport de Toulouse. Plus précisément, le conseil municipal a voté un vœu déposé par le groupe communiste, qui demande que la gestion de l'Aéroport de Toulouse-Blagnac "reste sous maîtrise publique et que la cession des parts de l'État soit stoppée dans les plus brefs délais". Par ce vote, la Ville de Toulouse affirme également son soutien et sa participation dans la durée "à toute initiative coordonnant usagers et collectivités pour le refus de l'augmentation des vols de nuit, pour la baisse des nuisances aériennes, le soutien à l'emploi dans l'aéroport et le respect de son activité industrielle".
C'est la première fois que le maire UMP de Toulouse Jean-Luc Moudenc prend une position claire sur ce dossier. "Il n'avait jamais dit avant qu'il était contre. Mais il n'avait non plus jamais dit qu'il était pour", souligne le communiste Pierre Lacaze, à l'origine du vœu voté vendredi dernier. En effet, contrairement aux maires UMP de Nice ou de Bordeaux (Christian Estrosi et Alain Juppé), également concernés par la privatisation de leurs aéroports, Jean-Luc Moudenc ne s'était encore jamais affiché contre le projet du gouvernement.
Une non-position assumée par le maire et son entourage. Selon un proche de Jean-Luc Moudenc :
Ainsi, plusieurs fois, devant les médias, le maire de Toulouse s'était montré confiant, assurant que les collectivités avaient obtenu des garanties, notamment pour l'avenir d'Airbus, mais aussi sur le financement par le nouvel actionnaire du Parc des expositions.
Contacté, le maire de Toulouse, en vacances, n'a pas répondu à nos sollicitations. Son adjoint aux Finances Sacha Briand, "accaparé par le budget", affirme "ne pas avoir vraiment suivi le débat sur l'aéroport" et renvoie vers un autre adjoint, François Chollet. Selon ce dernier, "la promesse faite par le futur acquéreur de financer le Parc des expos n'est pas remise en cause". Pour rappel, le futur acquéreur, Symbiose, se serait engagé à financer l'infrastructure à hauteur de plusieurs dizaines de millions d'euros.
Par ailleurs, un autre élément serait à prendre en compte, selon le communiste Pierre Lacaze : les départementales.
Pour l'élu EE-LV Antoine Maurice,
En effet, le vœu sera transmis au Premier ministre. "C'est un signe fort. Jusqu'alors, Jean-Luc Moudenc avait refusé de voir le changement d'actionnaire comme un problème", analyse l'écologiste.
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Le maire n'a pas changé d'avis, entend-on dans les couloirs du Capitole, il est "pragmatique".
"Jean-Luc Moudenc a fait changer le mot privatisation pour le remplacer par 'cession des parts de l'État', ce qui n'est pas faux", confirme Pierre Lacaze.
Pour François Chollet, la position de Jean-Luc Moudenc a toujours été claire et lisible :
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Pour rappel, jeudi 9 avril, Jean-Luc Moudenc avait voté, en conseil métropolitain, contre un recours en justice qui attaquerait le pacte d'actionnaires (qui lie l'État au futur acquéreur Symbiose). Une action juridique jugée inutile, et qui aurait eu "peu de chances d'aboutir". C'est finalement le Collectif contre la privatisation de l'aéroport, mené par l'avocat Christophe Lèguevaques, qui porte ce recours devant le tribunal administratif de Toulouse.
Sophie Arutunian
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