À Toulouse, la désillusion est grande dans certains écoquartiers

Florine Galéron
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Rémi Benoit

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Rémi Benoit
Avec 89 logements répartis sur quatre bâtiments, la résidence des Quatre-Vents est l'un des plus grands programmes d'habitat participatif de France. Il est né dans une friche industrielle de la Cartoucherie, un écoquartier en devenir à Toulouse. Depuis la loi Alur en 2014, qui a donné une définition juridique à l'habitat participatif, ce type de réalisation connaît un certain essor. La particularité des Quatre-Vents est d'avoir intégré l'accession sociale à la propriété afin d'attirer le plus grand nombre. En plus de bénéficier des dernières normes thermiques, les habitants disposent de multiples salles communes, de chambres d'amis, d'un studio de musique...
Mais un peu plus d'un an après la livraison du programme, la désillusion est grande chez certains.
Dans son appartement, c'est un ballet ininterrompu d'artisans qui viennent, depuis un an, réparer les malfaçons. Il montre un mur tordu dans une chambre : "Rien d'anormal, apparemment c'était conçu comme ça", s'énerve-t-il. Il n'est pas le seul dans ce cas. Via un groupe WhatsApp, les habitants s'échangent photos et témoignages de leurs galères. Sur le volet participatif, une bonne partie des résidents s'implique dans les assemblées générales mais "le processus de décision est très long, il faut un an pour trancher sur un sujet car les 89 logements doivent se mettre d'accord", regrette l'un d'eux. Plusieurs habitants réfléchissent à attaquer en justice le groupe Des Chalets, qui a réalisé le programme. Relancée à plusieurs reprises, l'association des habitants des Quatre Vents n'a pas donné suite à nos demandes d'interview.
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Pierre Marchal, directeur général de Garonne-Développement, en charge de l'assistance à maîtrise d'ouvrage, reconnaît que "la mise en route a été difficile". Mais il assure qu'il reste "à peu près 20 % des problèmes à résoudre qui sont d'ordre conjoncturel avec des entreprises n'ayant pas toujours la réactivité souhaitée". Pour l'exemple du parking sans portail, il vise "une société qui n'a pas respecté son plan de charge". Certains artisans ont également fait faillite, ce qui a pu retarder les réparations. De son côté, Benoît pointe "un budget trop serré par rapport aux ambitions du projet". Son logement lui a été vendu à 2 500 euros le mètre carré, un prix très attractif sachant qu'à Toulouse la cote du neuf était de 3 845 euros en 2018, selon la Fédération des promoteurs immobiliers. Sur ce point, Garonne-Développement rappelle que "les terrains ont été vendus à des tarifs bonifiés par les collectivités, ce qui a permis de proposer ces prix mais en aucun cas il n'y a de problème de coût de construction".
Florine Galéron