Aéroport de Toulouse : la Caisse d'Épargne ne veut pas racheter du capital basé à Hong Kong

Florine Galéron

caisse d'épargne
Rémi Benoit

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Rémi Benoit
La Caisse d'Épargne Midi-Pyrénées alliée au fonds d'investissement Ardian et au fonds Mirova de Natixis a jusqu'au 15 mars pour déposer son offre ferme afin de racheter aux actionnaires chinois de Casil Europe les 49,99% de capital dans l'aéroport de Toulouse.
D'après lui, Edeis, qui a montré son intérêt le 25 février dernier, ne va pas candidater*. Selon Pierre Carli également, "aucun chinois n'a déposé d'offre à ce jour", contrairement à ce qu'indiquait la Dépêche du Midi il y a quelques jours.
Par ailleurs, le dirigeant a précisé que la Caisse d'Épargne Midi-Pyrénées n'est pas prête à tout pour racheter ces parts aux actionnaires chinois. "Nous sommes candidats au rachat des titres de l'aéroport, pas ceux de Casil Europe", a-t-il glissé. Pour rappel, la société des actionnaires chinois Casil Europe dispose d'un siège à Paris mais via un montage complexe elle est détenue par une autre société basée à Hong Kong, appartenant à la liste grise des paradis fiscaux. En cas de cession des titres de Casil Europe, l'opération échapperait ainsi à la fiscalité française.
Reste à savoir quelle sera la position adoptée par Casil Europe : vente des titres de Casil Europe ou de l'aéroport. Le président du directoire de la Caisse d'Épargne Midi-Pyrénées rappelle par ailleurs que "Casil Europe pourrait aussi bien décider de ne pas vendre ses parts", par exemple si la valorisation proposée n'est pas à la hauteur de ses attentes. Pour rappel, les actionnaires chinois avaient racheté en 2015 les parts de l'État pour 308 millions d'euros et espèrent plusieurs offres de repreneurs au-delà de 500 millions d'euros.
Enfin, Pierre Carli se dit inquiet de la tournure judiciaire prise par l'opération au cours des derniers jours. Lundi, le rapporteur public de la cour d'appel de Paris a préconisé la nullité de tous les actes administratifs concernant la vente des parts de l'État en 2015 avec le risque au terme d'un marathon judiciaire d'une annulation de la privatisation. De même, une audience se tiendra au Tribunal de commerce de Paris mercredi 13 mars sur un recours demandant "la mise sous séquestre des actions que Casil Europe détient dans le capital de la société Aéroport Toulouse-Blagnac". Objectif : empêcher la revente des actions chinoises tant qu'il reste des recours sur l'opération de rachat des parts de l'État en 2015.
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Le dirigeant de la Caisse d'Épargne s'exprimait à l'occasion de la présentation de ses résultats annuels. En Midi-Pyrénées, la banque a réalisé un produit net bancaire de 371 millions d'euros en 2018 (contre 375 en 2017). Une baisse notamment due à des taux d'intérêt très bas qui rognent sur la marge des banques qui a chuté de 47% en cinq ans (passant de 1,87% à à 0,98%).
Le résultat net lui est en hausse de plus de 10% passant de 80 à 89 millions d'euros sur une année. De même, la banque poursuit son plan de réorganisation qui prévoyait entre 2016 et 2020 la fermeture de 35 agences et la suppression de 120 postes. En 2018, deux agences ont été ouvertes (Albi, Onet-le-Château) et dix fermées. 40 postes ont été supprimés.
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*Suite à la publication de cet article, le groupe Edeis fait savoir qu'il est toujours candidat au rachat des parts de Casil Europe dans l'aéroport. D'après le groupe français, le calendrier prévu pour la cession du capital "s'inscrit dans un cadre purement financier" : "Reconduire un processus purement financier conduira à reproduire les erreurs du passé. Avec ses 10%, l'Etat a la possibilité d'aider les territoires à sortir de cette logique en favorisant une solution locale de long terme... C'est la raison pour laquelle nous avons choisi de sortir du cadre imposé par les banquiers d'affaire".
Florine Galéron
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