"Je n'ose croire que l'ancien maire de Prades (aujourd'hui Premier ministre, ndlr) veuille faire mourir les commerçants de Perpignan et d'ailleurs", déclare dans une interview accordée à La Tribune Louis Aliot, le maire de Perpignan, vendredi 30 octobre. Il est alors l'un des tout premiers maires de la région Occitanie, mais aussi de France, a prendre un arrêté municipal permettant l'ouverture des commerces de proximité non-alimentaires, contraints à la fermeture suite à la promulgation d'un nouveau confinement national le même jour.
Depuis, la liste des maires frondeurs en Occitanie ne cesse de s'allonger au fil des heures... Béziers (Pyrénées-Orientales), Rodez (Aveyron), Fleurance, Seissan, Riscle (Gers), Mazamet, Lavaur, Albi, Castres (Tarn), Beaumont-de-Lomage, Montauban (Tarn-et-Garonne), pour ne citer que ces exemples... Mais ils sont plusieurs dizaines au total à prendre des arrêtés similaires. "Une poignée de maires irresponsables", selon le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire. Des propos qui ont marqué les esprits.
"Ses propos sont insupportables et ils sont même blessants ! Bien sûr que la situation sanitaire est inquiétante, mais c'est affligeant de voir la manière dont nous sommes traités alors que nous avons simplement donné l'alerte ! C'est hallucinant de constater que notre ministre de l'Économie n'ait pas remarqué cette distorsion de concurrence entre nos commerces de proximité, contraints à la fermeture, et nos supermarchés qui vendent les mêmes produits quelques kilomètres plus loin et qui, eux, peuvent rester ouverts", s'insurge Christian Teyssèdre, le maire de Rodez qui a pris un arrêté municipal pour que ses commerces de proximité puissent ouvrir à nouveau.
Depuis, l'élu local a retiré son arrêté car il estime avoir été entendu à la suite de l'annonce dimanche 1er novembre de la fermeture de certains rayons de supermarchés et un avenant au décret national précisant les produits jugés "essentiels". Ceux qui ont fait marche arrière de la sorte se comptent sur les doigts d'une main dans la région car la tendance est davantage à une montée de la grogne qu'à un apaisement.