LA TRIBUNE - Vous êtes député LREM depuis 2017, pourquoi avoir choisi de briguer cette fois la présidence de la Région ? Votre parcours de chef d'entreprise (Infogram, Robopolis, etc) constitue-t-il selon vous un atout pour ce poste ?
BRUNO BONNELL - De tous les postes de la république, je pense avec sincérité que c'est de loin le plus intéressant. Car il s'agit d'une fonction où il faut avoir une vision à long terme, pour un territoire qui a tout de même la taille d'un petit pays européen, et qui nécessite d'avoir des capacités d'exécution.
C'est véritablement un poste taillé pour le politique hybride que je suis, avec près de 40 d'expérience dans le domaine de l'entrepreneuriat, et quatre ans dans la politique. Et qui pourrait aussi reprendre toutes les compétences que possède un entrepreneur, mais en y ajoutant une dimension sociétale et de service public.
On avait un temps pressenti l'actuel ministre isérois de la santé, Olivier Véran, qui s'est finalement dit trop occupé sur le terrain sanitaire pour briguer cette fonction. La concurrence pour l'investiture a été rude ?
Je ne pensais pas que j'aurais été choisi au départ comme candidat, car il existait plusieurs options. Mais lorsqu'on m'a demandé si j'envisagerai de me présenter, j'ai su argumenter de mes capacités.
Le sujet, c'est la capacité à exécuter, et à ne pas aborder la gouvernance uniquement de façon politique, comme un marche-pied vers autre chose, à l'image de mes adversaires de droite ou de gauche, ni comme une espèce de traitement des symptômes, comme peuvent le faire le RN ou les Verts, mais sans la dimension de vision.
Une Région, c'est un échelon suffisamment grand pour établir un plan et une stratégie de développement économique, et la penser à long terme. Et c'est d'ailleurs en cela que la présidence actuelle de Laurent Wauquiez a péché, puisqu'il administre la Région aujourd'hui comme un haut fonctionnaire, sans risque ni audace. De mon côté, j'ai l'intention de la développer.