PORTRAIT. Beaucoup de médias le désignent comme « le transfuge de LFI », tant son parcours a surpris et bouleversé la donne. Le haut-savoyard frontiste, après des études de droit à Lyon, s’est d’abord engagé à gauche de l’échiquier politique, avant de démissionner avec fracas pour rejoindre les rangs du RN en 2019. Celui qui pourrait se poser comme le deuxième homme des Régionales n'a pas encore présenté l'ensemble de son programme, mais prévoit d'en préciser de nouveaux contours ce jeudi.Entre Paris et la région Auvergne Rhône-Alpes, ce nouveau frontiste interroge. D'abord, de par son parcours politique, en provenance de La France Insoumise (LFI). Mais aussi, par son profil : car, à 32 ans, ce jeune Haut-savoyard passé par des études de droit à Lyon ne correspond pas vraiment à l'image des candidats que l'on a l'habitude de croiser au sein des rangs du parti.
D'ailleurs, Andrea Kotarac n'est pas officiellement encarté, bien qu'investi par le bureau national : le jeune homme, qui avait déjà remporté un mandat de conseiller régional sous les couleurs de LFI à l'époque en 2015, s'affiche désormais comme un fervent soutien du RN, et même plus largement de Marine Le Pen aux présidentielles de 2022, tout en gardant une forme d'autonomie.
En local, certains lui auraient même préféré le candidat isérois Alexis Jolly, déjà conseiller régional du RN et secrétaire départemental. La balance aura finalement penché en faveur d'Andrea Kotarac, en partie en raison d'une plus grande exposition médiatique, mais aussi du soutien affiché par des proches Marion Maréchal Le Pen issus de la sphère lyonnaise.
Converti aux idées frontistes depuis 2019, il avait appelé ses électeurs à voter pour le candidat RN Jordan Bardella, évoquant son divorce avec une gauche qu'il estime «gangrenée par des concepts racialistes, par l'islamo-gauchisme, et complaisante avec des associations islamistes ».
La vision localiste du monde, quesaco ?
Celui qui se positionne comme la nouvelle tête de liste du RN en Auvergne Rhône-Alpes a cependant cofondé, début 2021, le parti localiste, aux côtés du député européen Hervé Juvin, dont il a été l'assistant parlementaire.
Un mouvement rattaché au RN, qui prône « une vision localiste des affaires du monde », où le local sera le pilier de « la renaissance d'une nouvelle forme de démocratie ». On y retrouve d'ailleurs un certain nombre de thèmes qui se posent en réponse directe à la période de crise actuelle : « Nous voulons développer les emplois non délocalisables, protéger les filières locales, et faire en sorte que les métropoles n'assèchent pas tout ce qui se passe autour », explique à La Tribune Andrea Kotarac.