Sortir des sentiers battus : la recette alsacienne pour faire grandir les entreprises

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(Crédits : Reuters)
Pôle emploi, Bpifrance et un chef d'entreprise alsacien ont débattu des méthodes pour lever les freins de la croissance des PME et favoriser l'émergence d'entreprises de taille intermédiaire, vendredi 7 novembre à Strasbourg.

Il y a cinq ans, Caddie employait 750 salariés et encaissait plus de 100 millions d'euros de chiffre d'affaires annuel. La société implantée à Drusenheim (Bas-Rhin) figurait parmi les entreprises de taille intermédiaire (ETI) alsaciennes emblématiques. Fin octobre, elle a échappé de justesse à la liquidation.

L'Alsace, durement touchée par la crise

Cette triste histoire était présente à l'esprit de tous les auditeurs du débat "De PME à ETI : comment lever les freins de la croissance", organisé par La Tribune à Strasbourg le vendredi 7 novembre. Pour répondre à ces questions, Thierry Sommelet, directeur d'investissement ETI et Grands Groupes chez Bpifrance et Jean Niel, directeur régional Alsace de Pôle Emploi - tous deux partenaires de l'événement- ont croisé leurs analyses avec l'expérience de Thomas Riegert, président des Cafés Reck et membre élu de la Chambre de Commerce et d'Industrie du Bas-Rhin.

"La crise touche durement l'Alsace, où l'on recense 140.000 demandeurs d'emploi actuellement. Certains fleurons industriels comme Caddie sont en difficulté. Et dans cette région, la première de France en nombre de salariés travaillant pour des ETI à capitaux étrangers, les fermetures de filiales par les groupes étrangers sont redoutées. Mais les compétences en Alsace sont nombreuses", a relativisé Jean Niel, qui milite pour sortir du schéma classique de recrutement sur CV :

"Le recrutement par simulation donne de très bons résultats. Nous avons signé une convention avec le Syntec numérique pour proposer aux entreprises de ce secteur des profils atypiques que nous pouvons former pour qu'ils soient parfaitement opérationnels."

Ouvrir son capital

Explorer de nouvelles méthodes pour gagner en efficacité : Thomas Riegert en est lui aussi convaincu. "Il y a trois ans, j'ai tout repensé. Nous avons construit une usine 4.0, connectée et pilotable avec un smartphone, qui permet de réaliser des assemblages de crus de cafés personnalisés en petite quantité. Il y a un appartement et un studio photo, pour accueillir nos clients - des restaurateurs ou de grandes marques comme les Galeries Lafayette Haussmann- qui viennent produire chez nous un café à leur marque.

" Ce nouvel outil permettra de livrer les particuliers via une e-boutique en cours d'ouverture. Pour lui, c'est le financement qui freine la croissance des PME, "que les investisseurs ne prennent pas au sérieux quand elles ont de grandes ambitions".

Thierry Sommelet a nuancé, en détaillant les dispositifs de financement mobilisables auprès de Bpifrance, également capable d'intervenir en fonds propres dans le cadre du fonds ETI 2020, doté de 3 milliards d'euros.

"N'hésitez pas à ouvrir votre capital pour vous donner les moyens de réaliser vos projets. Mieux vaut détenir 60% du capital d'un leader mondial que 100% d'une société en panne de croissance, faute d'avoir pu investir pour continuer d'innover", a-t-il plaidé.

Tous trois ont enfin souligné la nécessité de se déployer rapidement à l'international. Et pour cela, la situation géographique de l'Alsace en Europe est un atout.

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Commentaires
a écrit le 15/11/2014 à 21:35 :
Et le groupe Rapp ? Pourquoi personne n en parle ? 300 personnes sur le carreau rien qu à Mulhouse en décembre ! Ça intéresse quelqu un ?
a écrit le 15/11/2014 à 21:35 :
Et le groupe Rapp ? Pourquoi personne n en parle ? 300 personnes sur le carreau rien qu à Mulhouse en décembre ! Ça intéresse quelqu un ?

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