Merck investit 85 millions d'euros à Molsheim
Olivier Mirguet, à Strasbourg

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Olivier Mirguet, à Strasbourg

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L'avenir s'éclaircit pour le site industriel alsacien de Merck, le groupe allemand de pharmacie et de chimie qui emploie 1.400 salariés à Molsheim (Bas-Rhin). Fragilisé en 2015 après le rachat par sa maison-mère de Sigma -Aldrich, fabricant américain de matériel pour la recherche scientifique dont les gammes entraient en concurrence avec celles produites en Alsace, l'unité de Molsheim annonce plusieurs investissements successifs pour un montant cumulé de 85 millions d'euros sur cinq ans.
Premier investissement : le centre de collaboration M Lab, une unité de recherche appliquée destinée, sur 4.000 mètres carrés, à la simulation des process mis au point par ses clients dans les métiers de la biotechnologie. M Lab permettra entre autres de renforcer la présence de Merck en Afrique et au Moyen-Orient, où le groupe a identifié des potentiels de croissance dans la pharmacie, la chimie et l'agro-alimentaire. La construction en cours de ce bâtiment de 4.000 mètres carrés à Molsheim mobilisera un investissement de 10 millions d'euros. Il sera opérationnel début 2019.
Le deuxième projet concerne le transfert, annoncé en juillet 2017, d'une unité de production depuis Eppelheim (Allemagne) vers Molsheim. Il s'agit de relocaliser, en France, la production de consommables de laboratoire tels que des cassettes de milieux de culture ou des milieux gélosés que ses clients utilisent en bactériologie. Ce transfert apportera 500 références de produits nouvelles à Molsheim. Il se traduira par un investissement de 15 millions d'euros et entraînera l'arrivée de 100 salariés. Ces deux projets capacitaires s'ajoutent aux investissements courants pour la maintenance du site (45.000 mètres carrés construits sur 14 hectares) et les augmentations de capacité de production, d'où le total de 85 millions d'euros à investir jusqu'en 2022.
Implanté depuis 1972 dans cette commune du piémont vosgien, le site a focalisé son activité sur des équipements et des produits consommables pour les sciences de la vie. Il a intégré le groupe Merck en 2010, suite au rachat de Millipore par le géant allemand de la pharmacie et de la chimie. La branche Santé de Merck, qui produit notamment le Levothyrox, n'est pas active à Molsheim.
Parmi les best-sellers figure le Milli-Q, une unité de purification de l'eau produite exclusivement à Molsheim.
Les syndicats allemands voient d'un mauvais oeil la relocalisation des productions vers l'Alsace. Ils considèrent que la bataille est toujours en cours.
Jürgen Glaser s'interroge aussi sur la disparition de 165 emplois au terme du transfert : l'activité d'Eppelheim (265 salariés) ne serait maintenue qu'avec 100 personnes à Molsheim.
Pour justifier le déménagement, la direction de Merck évoquait l'année dernière des contraintes liés à son environnement urbain, qui rendraient son extension impossible. Merck dispose encore de réserves foncières à Molsheim.
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