Merck investit 85 millions d'euros à Molsheim

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(Crédits : DR)
Le groupe allemand de pharmacie et de chimie conforte son site alsacien et construit un centre de recherche appliquée. Le centre sera destiné à la mise au point d'équipements de laboratoire sur mesure pour ses clients. Merck relocalise aussi à Molsheim une partie de ses activités allemandes de fabrication de consommables pour le contrôle de l'environnement et la bactériologie.

L'avenir s'éclaircit pour le site industriel alsacien de Merck, le groupe allemand de pharmacie et de chimie qui emploie 1.400 salariés à Molsheim (Bas-Rhin). Fragilisé en 2015 après le rachat par sa maison-mère de Sigma -Aldrich, fabricant américain de matériel pour la recherche scientifique dont les gammes entraient en concurrence avec celles produites en Alsace, l'unité de Molsheim annonce plusieurs investissements successifs pour un montant cumulé de 85 millions d'euros sur cinq ans.

Un nouveau développement pour le site de Molsheim

Premier investissement : le centre de collaboration M Lab, une unité de recherche appliquée destinée, sur 4.000 mètres carrés, à la simulation des process mis au point par ses clients dans les métiers de la biotechnologie. M Lab permettra entre autres de renforcer la présence de Merck en Afrique et au Moyen-Orient, où le groupe a identifié des potentiels de croissance dans la pharmacie, la chimie et l'agro-alimentaire. La construction en cours de ce bâtiment de 4.000 mètres carrés à Molsheim mobilisera un investissement de 10 millions d'euros. Il sera opérationnel début 2019.

Le deuxième projet concerne le transfert, annoncé en juillet 2017, d'une unité de production depuis Eppelheim (Allemagne) vers Molsheim. Il s'agit de relocaliser, en France, la production de consommables de laboratoire tels que des cassettes de milieux de culture ou des milieux gélosés que ses clients utilisent en bactériologie. Ce transfert apportera 500 références de produits nouvelles à Molsheim. Il se traduira par un investissement de 15 millions d'euros et entraînera l'arrivée de 100 salariés. Ces deux projets capacitaires s'ajoutent aux investissements courants pour la maintenance du site (45.000 mètres carrés construits sur 14 hectares) et les augmentations de capacité de production, d'où le total de 85 millions d'euros à investir jusqu'en 2022.

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"Molsheim est devenu l'un des quatre sites mondiaux de référence l'activité Life Science du groupe Merck", rappelle Jean-Philippe Maurer, président de Millipore SAS, l'entité juridique qui gère les activités alsaciennes de Merck.

Une gamme de plus de 10.000 produits

Implanté depuis 1972 dans cette commune du piémont vosgien, le site a focalisé son activité sur des équipements et des produits consommables pour les sciences de la vie. Il a intégré le groupe Merck en 2010, suite au rachat de Millipore par le géant allemand de la pharmacie et de la chimie. La branche Santé de Merck, qui produit notamment le Levothyrox, n'est pas active à Molsheim.

"Nos gammes comprennent plus de 10.000 produits que nous exportons à 80%", indique Jean-Philippe Maurer.

Parmi les best-sellers figure le Milli-Q, une unité de purification de l'eau produite exclusivement à Molsheim.

"Nous en vendons partout, dans des laboratoires d'analyse médicale, dans des installations de fécondation in vitro et même dans des centrales nucléaires", se réjouit Jean-Philippe Maurer.

"Cette taille et ce leadership sont de vrais atouts. Ils nous offrent des opportunités et des flexibilités".

Les syndicats allemands voient d'un mauvais oeil la relocalisation des productions vers l'Alsace. Ils considèrent que la bataille est toujours en cours.

Pour Jürgen Glaser, responsable régional du syndicat IG BCE (Berg, Chemie, Energie), "la fermeture d'Eppelheim n'est pas encore actée et elle ne le sera pas avant 2020. Je doute que les salariés allemands n'acceptent un transfert vers l'Alsace. Une partie des effectifs préférera déménager vers Darmstadt, au siège de Merck. En attendant l'échéance de la fermeture annoncée, nous allons nous battre pour que les activité soient maintenues sur le site existant".

Jürgen Glaser s'interroge aussi sur la disparition de 165 emplois au terme du transfert : l'activité d'Eppelheim (265 salariés) ne serait maintenue qu'avec 100 personnes à Molsheim.

"Nous allons supprimer des doublons et des postes administratifs", répond Jean-Philippe Maurer.

Pour justifier le déménagement, la direction de Merck évoquait l'année dernière des contraintes liés à son environnement urbain, qui rendraient son extension impossible. Merck dispose encore de réserves foncières à Molsheim.

"Nous sommes en croissance sur tous nos marchés", se réjouit Jean-Philippe Maurer.

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