Aviation privée : Air Affaires lève 2,1 millions d'euros pour décoller en Europe

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(Crédits : DR)
Avec bientôt 200 avions privés disponibles, la plateforme fondée il y a deux ans met en relation PME régionales, pilotes professionnels et propriétaires d'avions privés. Cette levée de fonds conséquente doit lui permettre de compléter son maillage en France et d'accélérer son déploiement en Europe.

Pour un entrepreneur brestois, l'organisation d'un trajet rapide en avion sur une destination interrégionale, et sans passer par Paris, est d'une complexité effrayante. Pour un entrepreneur brestois également pilote amateur, il est fort dommage qu'environ 1 500 avions privés en France ne volent que 30 ou 50 heures par an. Entre les deux réalités, Charles Cabillic, fondateur du groupe W3 (Allovoisins, AC3..) et du fonds West Web Valley, a décidé de créer un pont... aérien. Fondée il y a deux ans, la startup Air Affaires se développe sur l'idée de répondre aux besoins des entreprises, et notamment des dirigeants et cadres de PME, en les mettant en relation avec des pilotes professionnels et des propriétaires d'avions privés. Conçue comme un club d'affaires auquel on s'abonne pour 6 mois (950 €) ou à l'année (1 900 €), cette plateforme web dirigée par Olivier Bécot, regroupe à ce jour 173 avions et 322 pilotes.

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Air Affaires, Charles Cabillic, Olivier Bécot,

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Elle a déjà permis d'organiser 350 déplacements professionnels vers plus de 120 destinations en France et en Europe, d'Angers vers Brives ou de Rouen vers Frankfort. La jeune entreprise, qui se rémunère via la cotisation de ses membres, vient de lever 2,1 M€ auprès d'investisseurs privés, et souvent d'utilisateurs du service, pour accélérer l'envol de son activité en Europe, notamment en Allemagne, au Royaume-Uni, et en Espagne.

"Redynamiser l'activité des 380 aérodromes français"

« Après la création de l'entreprise début 2017 et la mise en place d'un cadre juridique et d'assurances ad hoc, l'activité d'Air Affaires a été particulièrement bien accueillie en région », souligne Charles Cabillic.

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Charles Cabillic, Olivier Bécot, Air Affaires,

[Charles Cabillic, fondateur (à gauche), et Olivier Bécot, directeur général (à droite). Photo: DR]

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« En quelques clics, nous offrons la possibilité à nos membres travaillant hors de grandes métropoles de gagner du temps en réalisant facilement et de manière flexible des trajets impossibles autrement, sans passage chronophage par Paris. Dans le même temps, c'est aussi une manière de redynamiser l'activité des 380 aérodromes français qui, désertés par les compagnies aériennes commerciales, meurent à petit feu. Il y a aujourd'hui un aérodrome à moins de 30 km de chaque entreprise. »

70 membres ; 250 € l'heure de vol

Plus que les grosses entreprises qui peuvent choisir la solution du GIE, groupement qui achète un avion en commun et en partage les frais d'exploitation, Air Affaires cible particulièrement les PME et entreprises de taille moyenne. Le « club de rencontres » est ainsi prisé par les cabinets d'avocats, les consultants en entreprise ainsi que des entreprises du secteur industriel ou des assurances. Depuis le début de 2018, 70 sociétés installées sur l'ensemble du territoire français se sont engagées pour un an. 80% des clients sont français, 20% issus d'autres pays européens.

« Les premiers mois d'exploitation ont validé le fait qu'il y avait une profondeur de marché », indique Charles Cabillic, qui reconnaît que, côté tarifs, un vol HOP! restera toujours moins cher qu'un trajet en avion privé. « Ce panel assez varié rend ainsi possible une offre d'avions large, répondant à la qualification IFR (vol aux instruments) et permettant de voler en cas de mauvais temps. Air Affaires propose des appareils de 4-6 places jusqu'à 69 places pour une heure de vol, assurance comprise, de 250-300 € minimum (600 € / heure en moyenne). »

A ce coût s'ajoute la rémunération du pilote, 50 € environ pour un petit appareil. Ces professionnels qualifiés répondent à trois profils : instructeur dans un aérodrome et éventuellement en recherche d'un poste dans une compagnie aérienne, jeune retraité ou salarié d'une compagnie désireux d'arrondir ses fins de mois.

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Air Affaires, Charles Cabillic, Olivier Bécot,

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Une appli au 1er trimestre 2019

La levée de fonds doit permettre d'accroître le maillage et le champ d'action de la startup qui termine 2018 avec un petit chiffre d'affaires d'un peu plus de 100 000 €. Outre des embauches pour étoffer l'équipe actuelle de sept personnes, Air Affaires prévoit des investissements ciblés pour se faire connaître en France et en Europe et enrichir la plateforme technologique avec des outils rapides d'aide à l'organisation des vols (déplacement multi-étapes, porte-monnaie électronique).

Au 1er trimestre 2019, Air Affaires lancera une appli dédiée à destination de ses abonnés. Selon son plan d'affaires pour l'année à venir, elle compte bien la décliner dans plusieurs langues !

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Commentaires
a écrit le 23/12/2018 à 16:59 :
Et la pollution de l’air ?

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