BPGO : quatre banques pour mieux innover

Pascale Paoli-Lebailly, à Rennes

Pascale Paoli-Lebailly, à Rennes
Sauf coup de théâtre, un nouvel acteur régional bancaire verra le jour le 7 décembre prochain.
Baptisé Banque Populaire Grand Ouest, cet ensemble dont le siège social sera établi à Saint-Grégoire près de Rennes, sera le fruit de la fusion juridique de Banque Populaire Atlantique, de Banque Populaire de l'Ouest (groupe BPCE), du Crédit Maritime Atlantique et du Crédit Maritime Bretagne-Normandie. Les 310 000 sociétaires que comptent les quatre établissements sont invités à voter ce rapprochement lors d'assemblées générales extraordinaires qui se tiendront le 5 décembre. Et ils devraient l'entériner à une large majorité.
Depuis plusieurs mois, les quatre banques expliquent à ces particuliers et entreprises détenteurs de parts sociales tous les bénéfices de ce rapprochement, pour elles et pour le territoire.
Après les études d'opportunité et de faisabilité lancées en avril dernier, ce projet a déjà été avalisé les 28 et 29 septembre par les différents conseils d'administration. La création de BPGO, dont Maurice Bourrigaud, actuel dirigeant de la BPO, sera le directeur général doit consolider l'ancrage régional historique des quatre établissements et apporter des capacités d'investissement accrues, notamment pour créer de nouveaux services aux clients.
Dans cet élan commun pour assurer l'avenir (dans ce sens, dire "BP Go!", qui traduit le mouvement vers l'avant), deux profils de banques s'unissent. Généralistes et orientées vers les commerçants, les artisans, les entreprises de taille moyenne et la fonction publique, BPO et BPA complètent le positionnement du Crédit Maritime, très impliqué dans les activités liées au monde de la mer, de la conchyliculture et du tourisme.
« Ce nouvel ensemble de 840 000 clients et de 425 agences (75 pour le Crédit Maritime) interviendra sur 12 départements du Grand Ouest, précise Régis Guyony, directeur engagement responsable et communication chez Banque Populaire Atlantique à Nantes, qui poursuit :
Au-delà des investissements de 63 M€ directement liés à la fusion, la BPGO aura demain la capacité d'investir plus, en innovation notamment. L'enjeu porte par exemple sur la création de nouveaux services pour les clients et l'accélération de la transformation digitale de la structure. Le volet numérique devrait voir ses investissements doubler, avec des efforts conséquents dans la banque à distance. Pour les clients, l'arrivée de BPGO se traduira notamment par l'extension à l'ensemble du périmètre de la banque à distance Blue Pop lancée en 2016 par BPA.
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Concrètement, outre l'extension du fonds Litto Invest créé en Pays de la Loire, une enveloppe annuelle de 80 M€ sur trois ans doit ainsi permettre de financer le développement des filières de la pêche, de la culture marine ou de l'éolien.
Au sein de l'ensemble, le Crédit Maritime restera d'ailleurs une marque à part entière. Il n'y aura pas de changement d'enseigne le 7 décembre et pour les sociétaires, l'incidence de la fusion portera sur le fait qu'ils détiendront des parts de BPGO tout en gardant des droits distincts. Leurs parts sociales permettront toujours d'élire des représentants du monde de la mer.
En l'absence de tout licenciement sec, l'impact de la création de BPGO sur les 3 400 collaborateurs sera limité précise la banque. Mais pas complètement neutre. « La taille du réseau est cohérente et toutes les agences seront conservées assure Régis Guyony. Toutefois, un plan de départs volontaires, liés à des départs en retraite ou à des fins de contrats à durée déterminée, portera sur un maximum de 200 collaborateurs à horizon 2020 ». 400 personnes devraient par ailleurs êtres mutées en interne ou géographiquement voire être appelées à se reconvertir.
Le plan de numérisation et de création de nouveaux services induira également un investissement dans la formation des personnels aux nouveaux usages bancaires. La fusion des moyens informatiques est pour sa part annoncée pour septembre 2018.
Les sièges administratifs d'Angers et de Nantes conserveront leur représentativité.
Grâce à cette fusion, la future BPGO devrait devenir la 3ème Banque Populaire de France. Compte tenu des économies d'échelle, la banque projette d'augmenter son résultat net de 25 % sous trois ans.
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Par Pascale Paoli-Lebailly,
correspondante de La Tribune pour la Région Bretagne
Pascale Paoli-Lebailly, à Rennes