Crédit Mutuel Arkea : un fonds de 10 millions d'euros pour la pêche

Pascale Paoli-Lebailly, à Rennes

Pascale Paoli-Lebailly, à Rennes
L'avenir de la pêche en France peut-il dépendre en partie des banques ? Un vieux bateau, c'est une rentabilité dégradée, mais moderniser une flotte coûte cher si l'on ne dispose pas d'un capital. Pourtant, avec 27 ans d'âge en moyenne, les deux tiers des 4.000 bateaux de pêche en France sont à renouveler.
C'est pour répondre à cette question qu'Arkéa Capital, filiale du Crédit Mutuel Arkéa et le Crédit maritime Bretagne-Normandie, ont annoncé la création d'un fonds de 10 à 12 millions d'euros dédié aux activités de la mer en Bretagne, et principalement de la pêche.
Présentes aux Assises de la pêche et des produits de la mer qui se sont tenues à Quimper les 21 et 22 septembre, et où le ton était presque alarmiste, les deux établissements bancaires ont souhaité apporter une solution nouvelle aux entreprises de pêche ne disposant pas du capital nécessaire : ils proposeront à compter de novembre-décembre un outil dont le but est de faciliter les mises de fonds propres.
L'objectif est d'éviter que l'ossature de la filière pêche ne se mette en péril. La Bretagne compte actuellement 1.300 bateaux (il y en avait 3.000 dans les années 1990-1995), et si sa flotte n'est pas modernisée, elle risque d'en perdre encore. Or, c'est une région cruciale pour ce secteur puisqu'elle représente 50% de la pêche française, 1/3 de la conchyliculture et 90% de l'algoculture.
Pour les investisseurs ne pouvant financer leur projet en intégralité, le nouveau fonds est conçu comme un levier complémentaire par rapport au prêt classique qui requiert des patrons de pêche un apport d'au moins 30% minimum de la valeur du bateau. Certains achats oscillant entre 2,5 et 3,5 millions d'euros.
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Marc Brière, président du directoire d'Arkea Capital, créateur du fonds auquel souscrivent le Crédit Mutuel Arkéa et le Crédit maritime, explique la problématique en ces termes :
Il ajoute :
Pour les banques, le rendement sera de l'ordre de 7% à 8%.
Ouvert à l'ensemble du secteur breton de la mer, le futur fonds sera alimenté en fonction du nombre de dossiers et permettra aux entreprises de pêche de ne pas ponctionner leur trésorerie. Les deux banques, qui ensemble financent 95% des entreprises de pêche bretonnes, envisagent de soutenir entre 15 et 30 projets d'une valeur allant de 300.000 euros à 700.000 voire 800.000 euros.
L'initiative reçoit un accueil plutôt positif mais encore prudent de la part des dirigeants d'armement, tant que les modalités pratiques ne sont pas notifiées. De même, la Région Bretagne, qui s'inquiète des conséquences du Brexit sur la filière pêche et du risque d'affaiblissement de la filière française à l'échelle européenne, envisage d'accompagner cet effort financier, comme l'a souligné Pierre Karleskind, vice-président de la Région Bretagne en charge de la mer.
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« Ce fonds relève d'une initiative privée des banques mais est ouvert à toutes les options y compris celle d'accueillir des souscripteurs publics aux mêmes conditions (clause "pari passu") que les souscripteurs privés », relève Mars Brière, qui estime par ailleurs que rien n'empêche de reproduire ce schéma dans d'autres régions.
Par Pascale Paoli-Lebailly,
correspondante de La Tribune pour la Région Bretagne
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