Porté par les postes à pourvoir rapidement dans l'après-Covid, l'intérim a connu une croissance marquante en 2021 (+18% à 20% par rapport à 2020, selon l'Observatoire de l'intérim et du recrutement). Aussi, pour les acteurs du secteur, l'heure est à l'accélération et au concept de « phygital » pour physique et digital. C'est en ce sens que s'inscrit le plan d'attaque d'Artus, la PME d'Indre-et-Loire qui a retenu les leçons de la pandémie. S'appuyant sur des agences dotées d'un rayon d'action de 200 kilomètres, et grâce aux possibilités offertes par le numérique, l'entreprise va lancer son expérimentation phygitale grandeur nature en mars à Lille. Avec elle, le recrutement d'intérimaires à distance va intégrer la dématérialisation de l'ensemble du processus.
Concrètement, Artus, créé en 1992 déploie un tout nouveau dispositif orienté trente ans après sa création vers la digitalisation : entretien avec le candidat réalisé en visioconférence, contrat de travail intégrant la signature numérique, relevés d'heures effectué sur Internet, et enfin, fiche de paie en PDF. Le premier confinement en mars 2020, qui a réduit de façon drastique les possibilités de déplacement des candidats, avait poussé le groupe à tester ce nouveau mode opératoire. Une cellule dédiée d'une dizaine de salariés, basée dans les locaux du groupe à Saint-Avertin, dans l'agglomération tourangelle, avait ainsi permis à Artus de recruter des intérimaires hors du grand Ouest, pour des entreprises des Hauts-de-France, de Champagne-Ardenne et de Rhône-Alpes. « Cette expérience de conquête de nouveaux clients à distance s'est traduite par des résultats encourageants puisque nous avons réalisé quatre millions d'euros de recettes sur cette diversification en 2021, se félicite Alexis de L'Espinay, président du groupe. Nous lui ajoutons aujourd'hui une vraie dimension de proximité avec nos futures agences phygitales ».
Après Lille le mois prochain, Artus prévoit de s'implanter à Lyon d'ici la fin de l'année. Le programme d'ouverture comprend en 2023 Reims, Marseille, Toulouse et Strasbourg. D'ici 2025, Artus envisage de réaliser 40 millions d'euros de recettes via le « phygital », sur un chiffre d'affaires prévisionnel total de 250 millions d'euros.