Pourquoi Tours Metropole dégaine son Hub éco

Une première en France. Courant septembre, les entreprises de la métropole tourangelle auront à leur disposition une plate-forme numérique collaborative et multi-services. Face à sa concurrente Orléans, plus dynamique, Tours mise sur ce nouveau Hub éco pour démultiplier l’économie de son territoire.
Illustration de la prééminence de la santé à Tours Métropole, la future station de Heathtech, dont la construction est prévue en 2023 dans l’ancien quartier des casernes.
Illustration de la prééminence de la santé à Tours Métropole, la future station de Heathtech, dont la construction est prévue en 2023 dans l’ancien quartier des casernes. (Crédits : Reuters)

Testé pendant plusieurs mois avec le soutien d'une soixantaine d'entreprises ambassadrices, le nouveau carrefour (Hub) économique de la métropole de Tours, regroupant la vingtaine de communes de l'agglomération, commencera à être déployé courant septembre sur le Web. Concrètement, il assurera d'une part de la visibilité au savoir-faire des sociétés industrielles et artisanales du territoire.

Par le biais de la plateforme, elles pourront d'autre part recruter des salariés, et se voir aussi proposer la mise à disposition ou l'échange de ressources, locaux ou matériels notamment. Le Hub éco leur permettra enfin de bénéficier d'un accompagnement personnalisé dans leurs projets de développement. La démarche de la métropole de Tours est ainsi de faciliter la mise en relation entre les différents acteurs économiques, les secteurs d'activités et les écosystèmes.

Objectif, muscler les filières économiques de son territoire, existantes ou en gestation. Tours et sa périphérie sont performants dans l'industrie de la santé, la production d'énergie, les mobilités, enfin le tourisme durable. La collectivité tente par ailleurs de faire émerger deux nouveaux clusters centrés sur les ressources humaines et le divertissement digital.

Vaccin tourangeau

Subventionné à 90% par le plan France relance, le Hub éco sera piloté dans les prochaines semaines par une coordinatrice, spécialement recrutée par la métropole. Elle aura en charge de coordonner, d'animer et de développer la plate-forme en fédérant à la fois les entreprises et leurs réseaux. « Grâce au digital, le dispositif sera plus léger et moins onéreux qu'une maison des entreprises classiques, explique Thibault Coulon, vice-président de Tours métropole, en charge du développement économique. Par son agilité, le Hub éco table également sur une efficacité nettement supérieure ».

Première filière de Tours, la santé est structurée localement autour de quatre domaines, l'industrie pharmaceutique et cosmétique, les biotechnologies et les biomédicaments, les dispositifs médicaux et les Medtechs. Parmi les 17 établissements recensés employant près de 1.200 salariés sur son territoire, la métropole compte plusieurs sites de laboratoires de renom comme Sanofi, Boiron et Chemineau ainsi que Delpharm et Recipharm.

Les deux façonniers ont conditionné plusieurs millions de doses de vaccin anti-Covid pour le compte de Pfizer et Moderna au premier semestre 2021. Cet écosystème, appuyé sur des réseaux de chercheurs référents (Laboratoire CHRU, Université, Inrae, etc) a notamment permis d'incuber la Start Up Lovaltech, à la base du futur vaccin français par spray nasal contre le Covid. Il sera encore renforcé l'année prochaine avec l'arrivée du groupe de Medtech Doliam à Saint Pierre des corps qui prévoit d'investir 80 millions d'euros sur trois ans.

Usine de production d'hydrogène vert

L'autre grand chantier prévu concerne la seconde filière de la métropole, la production d'énergie. Tours héberge notamment le Centre National d'équipement de production d'énergie (CNEP), la branche d'ingénierie d'EDF, lui-même situé à une trentaine de kilomètres de le centrale nucléaire de Chinon. Elle prévoit à moyen terme la construction d'une usine de fabrication d'hydrogène vert. Retenu en juillet par l'Agence de l'environnement et de la recherche de l'énergie (Ademe), le projet Hy'Touraine impliquera dans ce cadre plusieurs syndicats d'énergie et communautés de communes d'Indre et Loire ainsi que les groupes STMicroelectronics et Veolia.

Il sera facilité par le Hub éco en tant qu'outil de mise en relation et d'accompagnement des donneurs d'ordre et des fournisseurs sur cet immense chantier. La collectivité table en troisième lieu sur sa future plate-forme numérique pour accroître le rayonnement touristique de Tours. 12e ville de France en termes de visiteurs avec près d'1,5 million de nuitées avant la crise sanitaire, elle bénéficie de la proximité des châteaux de la Loire. L'objectif est de passer dans le Top 10 des destinations de l'Hexagone à l'horizon 2025.

Quatrième filière solidement implantée dans la métropole tourangelle, la mobilité, avec le vélo et le ferroviaire représenté par Faiveley (Wabtec) à Saint-Pierre-des-corps, devrait également connaître un coup d'accélérateur. Le déménagement à Tours au second semestre du fabricant de vélos haut de gamme Cyfac viendra ainsi renforcer un écosystème déjà présent grâce à Starway, constructeur local de vélos à assistance électrique (VAE) et à la plate-forme de réparation de cycles Veloop. La fabrication de vélos « made in Touraine » à grande échelle figure ainsi dans les priorités de la métropole.

Capitale des RH

S'il a pour mission d'enrichir le tissu économique tourangeau, le Hub éco a également pour vocation de contribuer à muscler deux autres filières encore émergentes. Il s'agit en premier lieu du divertissement digital autour notamment de l'univers des jeux vidéo. La présence dans la métropole d'acteurs majeurs du secteur, comme Solary, ESL (e-sport) et Varonia (salles de réalité virtuelle), a permis la création en 2021 du cluster Pixel Players.

Il sera prochainement hébergé dans l'incubateur tourangeau de startups Mame. Ville d'accueil des directions des ressources humaines des armées de terre, de l'air et de la marine, Tours compte enfin capitaliser dans l'avenir sur cette expertise. Elle ambitionne même de devenir la capitale de la fonction RH après avoir lancé l'année dernière Smart Base RH qui regroupe un observatoire, un Think tank et un laboratoire de recherche. Objectif : densifier le tissu économique autour de la formation et du conseil déjà largement représenté sur le territoire de la métropole avec une cinquantaine d'entreprises dont Artus, l'un des leaders de l'intérim.

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