Démographie : le poids des grandes villes faiblit

Contrairement aux idées reçues, la progression de la démographie dans les grandes communes est inférieure au reste du territoire. Paris ne pèse plus que 3,4% de la population totale contre 5,9% en 1962.
Jean-Christophe Chanut

2 mn

La croissance de la population dans les grandes agglomérations a été de 0,3% par an en moyenne entre 2009 et 2014, contre 0,5% pour l'ensemble du territoire.
La croissance de la population dans les grandes agglomérations a été de 0,3% par an en moyenne entre 2009 et 2014, contre 0,5% pour l'ensemble du territoire. (Crédits : © Robert Pratta / Reuters)

La population française continue sa croissance... Oui, mais de façon différente selon les points du territoire. Et, élément intéressant car peu souligné, contrairement aux idées reçues, la progression de la démographie dans les plus grandes communes est inférieure à celles des villes plus modestes. C'est, en tout cas,  ce que montrent les dernières données de l'Insee en la matière.

La croissance des grandes villes freine

Au 1er janvier 2014, les très exactement 35.868 communes françaises (hors Mayotte) rassemblent 65.906.986 habitants, soit 1.602.486 de plus qu'en 2009. Entre ces deux années, la population a augmenté de 0,5% par an en moyenne. Certes, mais durant cette période, la population de la plupart des grandes villes a progressé moins vite que la moyenne nationale. Ainsi, si l'on se concentre sur les cent plus importantes communes, la population y a crû que de 0,3%. Dit autrement, entre les années 2009-2014, les cent premières villes contribuent pour 13% à la croissance démographique nationale (avec un total de 216.000 habitants supplémentaires), alors que les villes classées entre le 1.000e et le 10.0000e rang y ont contribué pour 48% (768.0000 habitats de plus).

Si l'on rentre dans le détail, on constate que la population augmente moins vite que la moyenne dans 55 des cent plus grandes villes. La population a même diminué dans 27 d'entre elles.  La croissance a été nulle, voire la population a baissé, dans des villes comme Caen, Le Havre, Brest, Nancy, etc.

A Paris aussi la croissance est nulle. Le cas de la capitale est ainsi emblématique. La population parisienne a, en effet, fortement baissé entre 1962 et 1990, passant de 2,8 millions d'habitants à moins de 2,2 millions, puis s'est stabilisée ensuite. En 2014, Paris comptait ainsi 2.220.445 habitants, soit plus de 500.000 de moins qu'en 1962. Alors que cette année-là, Paris abritait 5,9 % de la population vivant en France, elle ne pèse plus que 3,4 % en 2014.

La part de la population des grandes villes représente 13% de la population totale

La part de la population résidant dans les 49 communes qui suivent Paris est de son côté passée de 15,7 % en 1962 à 13,0 % en 2014 ; la diminution y a été plus régulière qu'à Paris au fil des décennies. Dans une moindre mesure, les communes positionnées entre le 50e et le 100e rang national ont elles aussi perdu de leur poids démographique, même si les principales villes de France ont cependant gagné en population. Ainsi, entre 2009 et 2014, Marseille est passée de 858.902 à 866.644 habitants,  Lyon de 487.978 à 514.707, Toulouse de 447.396 à 474.246 Nice de 344.460 à 347.636, Strasbourg de 276.136 à 280.680 et Bordeaux de 240.522 à 250.776. En revanche, derrière, des villes plus modestes ont perdu des habitants. Par exemple, Saint-Etienne est passée de 175.203 à 173.504 habitants et Caen de 112.218 à 109.750.

Le site de l'Insee https://www.insee.fr/fr/statistiques/zones/2534314?debut=0 permet de connaître la population de chaque commune de France métropolitaine et des DOM.

Jean-Christophe Chanut

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Commentaires 5
à écrit le 10/01/2017 à 5:27
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C'est normal, les gens vont habiter en petite et grande couronne, car Paris coûte trop cher.

à écrit le 05/01/2017 à 18:45
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Sympa, cette étude de l'INSEE. Y'a la même avec les agglomérations? Parce qu'il n'y a pas de secret: quand le mètre carré est à un prix prohibitif dans la grande ville, on va dans les petites villes de l’agglomération. Ca explique en partie, le fait ...

à écrit le 05/01/2017 à 17:58
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mouai pas très surprenant en même temps. Cela traduit le fait métropolitain et la sortie des classes populaires des centres villes trop chers. Elle est là la fameuse France péri urbaine. Les investissements publics et installation d entreprises n ont...

le 08/01/2017 à 5:45
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C'est quand meme simplet la defenition du Parisien ideal. Il y a les bobos et les autres... Bordeaux, Rennes, Nantes, Lyon ont aussi leur dose de bobos a eux.... Je suis de droite et cela fait aussi partie de la democratie, non ? Apres, c'est vrai q...

à écrit le 05/01/2017 à 15:39
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Merci beaucoup pour cette bonne information particulièrement importante. "élément intéressant car peu souligné, contrairement aux idées reçues" Ce ne sont pas des idées reçues, tous les experts, spécialistes et autres intervenants nous affirm...

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