Huawei crée 500 emplois en Alsace dans la téléphonie et les réseaux sans fil
Olivier Mirguet, à Strasbourg
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Huawei implantera en Alsace sa première usine située en dehors de la Chine.
MATTHEW CHILDS
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Huawei implantera en Alsace sa première usine située en dehors de la Chine.
MATTHEW CHILDS
Le géant chinois des télécoms Huawei a annoncé jeudi 17 décembre son intention de fabriquer à Brumath (Bas-Rhin) des solutions technologiques de réseaux mobiles 4G et 5G pour ses clients européens. Le projet mobilisera un investissement de 200 millions d'euros et créera, à terme, 500 emplois directs.
Huawei France, qui compte 1.000 salariés répartis entre six sites à Paris, Boulogne, Grenoble et Sophia Antipolis, se concentrait jusqu'à présent sur des activités de recherche et développement. L'entreprise avait annoncé dès le mois de février son projet de construction d'une première usine en dehors de la Chine. La région Grand-Est s'était mise sur les rangs. Début décembre, les deux derniers sites potentiels pour cette implantation se situaient dans deux zones d'activités proches de Strasbourg. Le site d'Illkirch-Graffenstaden, dans le périmètre de l'Eurométropole, a finalement été écarté au profit de Brumath. L'usine occupera un terrain de 8 hectares, au terme d'une cession du foncier dans le "Business Parc" de cette commune située dans le Communauté d'agglomération de Haguenau.
"Huawei était un dossier prioritaire dans notre stratégie économique. L'Alsace n'a plus connu de création de cette ampleur en "Green Field" depuis la vague d'investissements japonais dans les années 1990", rappelle Lilla Mérabet, vice-présidente (MoDem) du Conseil régional du Grand-Est en charge de la compétitivité, de l'innovation et du numérique. Sony, Yamaha, Ricoh et Sharp avaient alors créé plusieurs milliers d'emplois dans la région. Les deux premiers ont, depuis lors, cessé leurs activités. Pour Huawei, il s'agira de la première grande usine en dehors de Chine. 300 emplois sont promis dans la première phase de montée en puissance. La pose de la première pierre est attendue à Brumath au second semestre 2021. Le lancement de la production est prévu dans les derniers mois de l'année 2022.
Cette annonce intervient alors que Huawei et la 5G font l'objet de critiques récurrentes en France et en Europe. Plusieurs pays de l'Union et la Grande-Bretagne prévoient d'interdire l'acquisition ou de limiter l'utilisation de matériel chinois pour leurs infrastructures de réseaux 5G, en raison de risques pour leur sécurité. Guillaume Poupard, directeur général de l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (Anssi), a indiqué que Huawei ne ferait pas l'objet d'un "bannissement total" mais que les opérateurs français l'utilisant pourraient, au mieux, recevoir des autorisations d'exploitation limitées à huit ans.
Olivier Mirguet, à Strasbourg