« Le gouvernement est trop tatillon sur les énergies renouvelables » Robert Herrmann (Eurométropole de Strasbourg)
Olivier Mirguet
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Selon Robert Herrmann, le projet de réseau transfontalier de chaleur alimenterait jusqu'à 30.000 foyers.
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Le président (PS) de l'Eurométropole de Strasbourg, Robert Herrmann, défend un projet qui permettrait, pour 25 millions d'euros d'investissement, de récupérer la chaleur résiduelle d'une aciérie allemande et d'alimenter 30000 logements français.
LA TRIBUNE -L'agglomération de Strasbourg a jeté les bases d'un réseau transfrontalier de chaleur. De quoi s'agit-il ?
ROBERT HERRMANN - Badische Stahlwerke exploite à Kehl l'une des plus grosses aciéries allemandes. Ils ne savent que faire de cette chaleur résiduelle. L'usine se trouve à quelques centaines de mètres des quartiers densément habités du nord de l'agglomération de Strasbourg. L'idée consiste à récupérer la chaleur et à aménager un caloduc [dispositif de transmission de la chaleur, Ndlr] qui passerait sous le Rhin. Nous pouvons alimenter jusqu'à 30.000 foyers avec cette énergie. Soit 45 gigawatts qui, sinon, continueront d'être perdus.
Mais le projet n'avance pas. Où sont les blocages ?
L'idée a été lancée il y a cinq ans. Nous avons signé cette année un accord de principe avec l'entreprise allemande. Il ne reste plus qu'à établir une société d'économie mixte pour permettre l'investissement. Mais pour être compétitive, cette énergie aura besoin d'un coup de pouce fiscal. Nous voulons être certains d'avoir droit à un taux de TVA réduit. Le gouvernement n'est ni pour ni contre, il ne nous répond pas ! Notre projet est pourtant conforme aux principes défendus par le traité d'Aix-la-Chapelle, signé au début de cette année entre la France et l'Allemagne. Le ministère de l'Action et des Comptes publics doit nous donner son feu vert.
Quel peut être le rôle de votre collectivité dans la transition énergétique ?
Avec Kehl, nous visons la neutralité carbone à l'échelle transfrontalière en 2050. La transition énergétique ne pourra réussir que si l'on change les comportements individuels et si on laisse agir les collectivités. À Strasbourg, nous essayons d'être créatifs. Nous avons déjà créé une installation pour fabriquer du gaz biométhane à partir des boues de notre station d'épuration.