Coronavirus : comment les masques de Décathlon ont équipé des respirateurs

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(Crédits : DR)
Sur les réseaux sociaux, le masque Easybreath de Décathlon, dédié à la pratique du snorkeling, est présenté désormais... comme un éventuel masque de protection face au coronavirus ! Si rien ne prouve la protection contre le Covid-19, une entreprise italienne, en partenariat avec un hôpital du Nord de l'Italie, a par contre vraiment testé une adaptation de ce masque pour un respirateur.

C'est une des images largement partagée sur les réseaux sociaux :  un homme circule dans les rues de Milan avec le masque Easybreath de Décathlon sur la tête ! Cette photo, qui prête plutôt à sourire, a amené Décathlon à rappeler officiellement qu'Easybreath « n'a pas été conçu pour cet usage ».

Son design innovant, avec un masque couvrant tout le visage et une prise d'air déportée, est un best-seller chez Décathlon : il permet en effet de remplacer à la fois le masque et le tuba dans les explorations marines en eaux peu profondes.  Et a priori, Milan ne se situe pas en bord de mer... « Son utilisation initiale demeurant la pratique du snorkeling, nous recommandons donc de ne pas modifier le masque par soi-même ; cela pourrait impacter son fonctionnement, notamment concernant les flux d'air », indique-t-on chez Décathlon.

Des valves imprimées en 3D

Sauf que depuis quelques jours, une autre photo circule : le même masque mais adapté, grâce à des valves imprimées en 3D, aux respirateurs artificiels devenus si précieux dans le monde hospitalier pour lutter contre ce Covid-19 qui attaque les poumons. Ce cliché est lui tout ce qu'il y a de plus sérieux.

L'entreprise italienne Isinnova, basée à Brecia dans le nord de l'Italie et spécialisée dans le développement d'objets innovants, explique sur son site internet avoir été contactée « par un ancien médecin-chef de l'hôpital Gardone Valtrompia, le Dr Renato Favero, par l'intermédiaire d'un médecin de l'hôpital Chiari, l'établissement de santé pour lequel nous avons fabriqué ces valves d'urgence ».

L'objectif était évidemment de pallier à la pénurie de masques « C-PAP » hospitaliers, qui fonctionnent avec les respirateurs artificiels. « Nous avons contacté Décathlon qui nous a tout de suite fourni le dessin du masque, poursuit l'entreprise. Le produit a été démonté et étudié. Un nouveau composant a ensuite été conçu pour garantir la connexion au ventilateur. Nous avons appelé ce lien « la valve Charlotte », et nous l'avons rapidement imprimé en utilisant l'impression 3D ».

Prototype testé avec réussite

D'après l'entreprise, le prototype a été testé avec réussite, sur l'un des salariés de l'entreprise. « L'hôpital lui-même était enthousiaste et a décidé de tester l'appareil sur un patient dans le besoin même si, ni le masque ni le lien ne sont certifiés : leur utilisation est soumise à une situation de besoin impératif », poursuit l'entreprise. Le patient doit d'ailleurs signer une décharge avant d'enfiler ce masque improvisé.

« Nous avons décidé de breveter d'urgence la valve de liaison (Charlotte Valve), pour éviter toute spéculation sur le prix du composant. Nous précisons que le brevet restera libre d'utilisation et que notre initiative est totalement à but non lucratif, car nous avons l'intention que tous les hôpitaux dans le besoin puissent l'utiliser si nécessaire », conclut l'entreprise Isinnova, qui a par ailleurs partagé librement le fichier pour la réalisation du lien en impression 3D.

Sur son fil Twitter, Décathlon a confirmé que « ces derniers jours, nous avons en effet été très sollicités par des centres de recherche, des hôpitaux, des universités, etc. de plusieurs pays. Nous avons naturellement accepté de partager nos plans en 3D et nos informations techniques aux projets les plus sérieux et les plus avancés ».

Le service communication de Décathlon a ajouté que « depuis dix jours, nous sommes sollicités par des hôpitaux en France confrontés à la pénurie de matériel afin qu'ils réalisent des adaptations sur l'Easybreath en y ajoutant des valves de liaison pour protéger leur personnel soignant.Bien entendu pour être solidaire avec eux, nous avons offert ce masque et partagé avec des centres de recherche le plan 3D pour qu'ils puissent avancer dans cette direction. »

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Commentaires
a écrit le 28/03/2020 à 9:39 :
Le problème de pénurie potentielle concerne le respirateur lui-même et non pas le masque que l'on raccorde dessus.
Des masques faciaux ou 1 /2 faciaux, on en trouve partout. Il y a les stocks militaires, la protection civile, l'industrie et le milieu sportif objet de l'article.
Réponse de le 28/03/2020 à 11:28 :
Relisez l'article qui concerne essentiellement l'Italie qui manque de tout.
Si ts ces stocks avaient été dispo ou existants, ils auraient certainement été adaptés.
Ne rendez pas les italiens plus stupides que ce que vous l'êtes par ce commentaire.
Et rappelez vous qu'ils sont sur une cadence qui dépasse désormais 1000 décès par jour.
Et donc, les encourager c'est peut 'être plus constructif que les dénigrer. Merci pour eux.
a écrit le 28/03/2020 à 7:21 :
Les politiciens du passé (sur 30 ans..) sont redevables de cette situation car pendant toutes ces années, ils n'ont fait qu'appauvrir l'Etat en privatisant (eh oui, après il faut partager les gains plutot que les toucher à 100%), en se privant de sources budgétaires comme les autoroutes (il suffisait de baisser le cout du peage, tout le monde aurait été gagnant). Et cette situation, ce dogme libéral à fait le tour de l'europe et on en voit les conséquences en situation d'urgence. Bravo pour l'inventivité et la solidarité, mais les politiques auront des comptes à rendre...
Réponse de le 31/03/2020 à 18:59 :
Voilà ce que c'est de voter macron,maintenant on voit le résultat
Réponse de le 31/03/2020 à 19:00 :
Voilà ce que c'est de voter macron,maintenant on voit le résultat
a écrit le 27/03/2020 à 23:31 :
Par le système D, la débrouille et le talent, on peut répondre à la pénurie du moment.
En économie de guerre, le but n'est pas d'utiliser forcément le matériel qui a passé avec succès tte la batterie de tests et essais d'homologation aux normes sanitaires, de durabilité, de resistance, de sécurité des personnes, de sécurité anti incendie, de respect environnemental...et j'en passe ( ttes ces contraintes normatives et reglementaires que le tps de paix nous permet).
En économie de guerre, le but c'est de sauver des vies et ce tps de guerre nous est compté.
a écrit le 27/03/2020 à 13:00 :
encore un exemple de gens qui essaient, au lieu de hurler que c'est incompatble avec la methode scientifique, et qu'il n' y a pas de double aveugle sur des echantillons suffisamment grands!
impensable de faire ca en france, l'administration stalinienne s'y opposerait comme elle s'oppose a tout ce qu'elle ne maitrise pas
Réponse de le 27/03/2020 à 17:13 :
Parce que vous croyez qu'ils n'ont pas fait des tests avant que l'administration ne les autorise ? Non, mais quel abr...

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