Le torréfacteur nordiste Méo-Fichaux vise un café neutre en carbone
Gaëtane Deljurie, à Lille
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Reuters
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C'est d'abord l'histoire d'un groupe familial engagé, fondé en 1928 par Emile et Jules Meauxsoone. La marque Méo, c'est d'ailleurs le raccourci de leur nom de famille. Leur successeur, Gérard Meauxsoone, l'actuel dirigeant, a été l'un des pionniers du commerce équitable, avec la marque certifiée par le label Max Havelaar dès 1999.
Cette année, le torréfacteur annonce avoir multiplié par deux son chiffre d'affaires depuis quatre ans, pour atteindre 58 millions d'euros. Méo se positionne ainsi comme la dixième marque du marché du café en France. Sachant que sur le podium, s'érigent aux premières places trois mastodontes, à savoir Nestlé, JDE (Jacques Vabre, Senseo ou Tassimo) et Lavazza, qui se partagent 81% du marché.
« Depuis les années 1990, Méo comme Fichaux ont toujours travaillé à réduire leur empreinte carbone », s'accorde à dire Dominique Ruyant, directeur général de Méo-Fichaux. Le rapprochement des deux PME nordistes, Fichaux plus spécialisée dans la torréfaction à façon pour les marques de distributeur et Méo tournée vers le consommateur en grande distribution, a pu se faire en 2009, « parce que les deux entreprises possédaient le même ADN, avec deux sites de production dans le Nord à La Madeleine et à Lille près du port fluvial ». Cette fusion a d'ailleurs fait naître le premier torréfacteur indépendant français, produisant 34.000 tonnes pour 160 millions de CA (40% pour la marque Méo et 60% pour les marques de distributeurs), en employant 250 salariés.
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Aujourd'hui, Méo est même devenu la première marque de café bio, segment en croissance générale dans le monde du café. « On n'en faisait que quelques centaines de kilos en 1998 », sourit Gérard Meauxsoone qui se souvient d'avoir été récompensé à l'époque comme « entreprise citoyenne responsable ». Aujourd'hui, le bio représente désormais 51% du CA global de la marque. Méo poursuit sur cette lancée en proposant désormais le premier robusta bio de France, avec un café plus corsé généralement moins cher, là où la concurrence exploite plutôt l'arabica, plus doux et plus aromatique (représentant 80% de la production mondiale). Son positionnement se veut « bio-accessible » en proposant un prix moyen constaté inférieur à 13 euros du kilo, soit 10 ou 15% moins cher que les cafés conventionnels.
Gaëtane Deljurie, à Lille