Sarbacane, société nordiste spécialisée dans les outils de campagnes d'e-mailing, vient de lever 23 millions d'euros pour accélérer son développement. Elle mise notamment sur la croissance externe, à l'échelle européenne.Sarbacane, c'est aujourd'hui 3 milliards d'e-mails envoyés par an mais aussi près de 400 millions de SMS, avec des clients principalement PME et ETI. Fin juillet, un nouveau tour de table a permis de faire entrer le capital-risqueur français IDI à hauteur de 25% (soit un apport de 7 millions d'euros), en remplacement de la société privée d'investissement indépendante Ardian entrée chez Sarbacane en 2017. 15,5 millions ont été levés en crédit bancaire. Le management (ayant 5% des parts) a amené 500.000 euros.
« L'objectif de cette opération était de changer d'actionnaire, car nous nous sommes beaucoup développés en organique par le développement de nouvelles activités », explique Mathieu Tarnus, président fondateur de Sarbacane, œuvrant dans la droite ligne de son père qui avait fondé l'éditeur de logiciel Goto Software. « Nous ambitionnons de réaliser 25 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2024, contre 14 en 2020 et 11 en 2019 : nous devons donc passer par de la croissance externe », précise-t-il.
Première acquisition
Une première acquisition a déjà été effectuée... en plein confinement. « Nous avons racheté fin avril Datananas (800.000 euros de chiffre d'affaires et cinq salariés) qui propose une solution d'automatisation de la prospection commerciale par email : le principe est d'engager la conversation de façon automatique pour faciliter les premières démarches de la prospection », poursuit Mathieu Tardus.
Un mouvement qui ne s'arrêtera pas là. « Dans certains pays, Sarbacane n'est pas assez représenté : nous effectuerons des rachats en fonction des opportunités. Le marché est très éclaté, comportant beaucoup d'acteurs identiques. Nous souhaitons grandir et aller vite ». La cible idéale ? Une société établie, réalisant de 1 à 5 millions de chiffre d'affaires, qui possède des parts de marché et des preuves de rentabilité. « Pour nous, peu importe le pays car le business est mature partout en Europe », affirme-t-il. A terme, Sarbacane souhaite inverser la répartition de son chiffre d'affaires, réalisé aujourd'hui à 90% en France, pour aller chercher 50% de son activité à l'international.
Gaëtane Deljurie, à Lille