Startups : le navire amiral EuraTechnologies prend-il l'eau à Lille ?
Gaëtane Deljurie, à Lille
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Euratechnologies
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Tout a commencé fin août par un courrier très sec de Martine Aubry, maire de Lille et présidente du conseil de surveillance, représentant l'actionnaire Ville de Lille, à Nicolas Brien, 33 ans, ex directeur général de France Digitale (un lobby des entreprises numériques) et ex-cadre du Parti socialiste dans l'Allier, tout juste arrivé en juin 2021 à la tête d'EuraTechnologies.
Dans le courrier repris par DailyNord.fr, Martine Aubry pointe du doigt :
L'intéressé s'est à son tour défendu, en envoyant, uniquement aux membres du conseil de surveillance, un courrier de sept pages, daté du 31 août. Le quotidien régional La Voix du Nord, qui a pu avoir accès au document, rapporte que le président déchu y justifie d'abord son bilan, listant les actions engagées en une seule année : l'installation du premier campus cyber de province à Lille, en plus d'arrivées de licornes et de levées de fonds exceptionnelles...
Sauf que Nicolas Brien évoque également une situation financière d'EuraTechnologies « pas rassurante », « des fonds propres menacés » et « des choix immobiliers douteux ». Pour lui, le climat social (qui compte une cinquantaine de salariés) était « dramatique sur le plan humain », avec une « part importante de salariés considérés en burn-out », ainsi que des faits de harcèlement (« moral et sexuel ») et même « une agression sexuelle ».
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Dans ce courrier dont de larges extraits sont repris par La Voix du Nord, Nicolas Brien y assume le départ de « 90 % du comité de direction », ainsi que de nombreux salariés, « dont l'état de santé ne permettait plus le maintien en poste ». Il rappelle dans ce contexte une de ses missions, à savoir « remobiliser et renforcer les effectifs (...) Ce qui constitue bien un aveu que le conseil de surveillance savait de longue date que l'équipe était démobilisée et affaiblie à mon arrivée ».
Gaëtane Deljurie, à Lille