Plus de 3 millions de mètres carrés de bureaux, 500 entreprises, des milliers de salariés et une soixantaine d'immeubles de grande hauteur : la Défense est un moteur de l'économie française qui, depuis qu'elle a été érigée il y a soixante ans, ne cesse de se rebâtir, mais dont l'avenir pose désormais des questions fondamentales. Engagé dans une ambition post-carbone, le quartier d'affaires est également confronté à des évolutions sociétales, notamment depuis la crise sanitaire celle liée au télétravail, de même qu'à une crise immobilière qui s'installe.
« On n'est pas seulement à la fin d'un cycle, mais à la fin d'un modèle », tertiaire, comme celui de l'aménagement, lance Katayoune Panahi, présidente de l'Association des usagers de la Défense (Aude) qui réunit entreprises, écoles et universités du quartier d'affaires. Avec, en filigrane, l'enjeu de la mixité des usages.
Car si des investissements dans les transports continuent de transformer le quartier d'affaires en termes de connectivité, en matière d'usage, au quotidien, « pour ceux qui y vivent et y travaillent, nous sommes plutôt au bout d'un modèle », confirme Pierre-Yves Guice, directeur général de Paris-La Défense. Pour ouvrir un nouvel horizon, les interrogations sont multiples. Les bureaux doivent-ils le rester ? Ou faut-il les penser autrement ? Pour l'heure, « la majorité des chantiers sont de la rénovation d'immeubles existants », observe le dirigeant. Toutefois, le changement radical d'usage des bureaux anciens reste « encore trop marginal », constate-t-il.