Un tiers du parc de bureaux du premier quartier d'affaires européen sera bientôt obsolète. Plutôt que démolir et de reconstruire des gratte-ciel, l'établissement public Paris La Défense pousse ses utilisateurs à rénover les tours. Sauf qu'il s'agit d'opérations complexes sur les plans économiques, financiers et techniques. Aussi, son directeur général Pierre-Yves Guice défend une adaptation de la fiscalité immobilière, mais aussi l'ouverture des pieds d'immeuble et des toits au public. Explications.Entre la remontée des taux d'intérêt et le télétravail, La Défense est-elle toujours attractive, trois ans après le premier confinement lié à la Covid-19 ? Le premier quartier d'affaires européen compte 3,7 millions de mètres carrés de bureaux. Aux dires du directeur général de l'établissement public qui le gère, en 2021 puis en 2022, 210.000 m² ont été pris à bail, des niveaux records sur une période de dix ans. Sauf que depuis 2023, le taux de vacance a, lui, atteint un nouveau record de 15%.
« C'est le signe d'un marché à deux vitesses, où des entreprises vont et viennent, et où d'autres vont rencontrer de grandes difficultés à trouver de la place »,décrypte, pour La Tribune, le directeur général de Paris La Défense, Pierre-Yves Guice.
Réduire les émissions de gaz à effet de serre
Peut-être est-ce aussi la faute de gratte-ciel, qui ne sont plus adaptés aux usages d'aujourd'hui ? Toujours est-il que, dès février 2021, peu après sa prise de fonctions, le patron du quartier admettait que des tours étaient « plus obsolètes que d'autres ». « J'ose croire que les questions de reconversion se préciseront » », affirmait-il alors à La Tribune.
Aussi, dès l'automne 2021, annonçait-il son ambition de construire « le premier quartier d'affaires post-carbone ». Pour ce faire, il avait alors fixé l'objectif de diviser par deux les émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2030. Parmi les pistes justement : des « États généraux de la transformation des tours ». Car même si l'équation économique reste compliquée à résoudre, il vaut mieux d'un point de vue environnemental transformer les gratte-ciel plutôt que de les détruire.