Municipales : Villani veut intégrer plus de vingt communes limitrophes à Paris

 |   |  733  mots
(Crédits : BENOIT TESSIER)
S'il est élu maire de Paris, le candidat dissident d'En Marche créera une "structure de concertation" pour agrandir la capitale d'ici à 2030.

[article publié le 10 février à 12h06, mis à jour à 15h43 avec la réaction d'un président d'établissement public territorial]

"Agrandir" Paris. Depuis près d'un an, le candidat dissident de la République en marche dans la capitale, Cédric Villani, fait campagne en pensant à l'échelle du Grand Paris. Hier, dans le Journal du Dimanche, le député de l'Essonne s'est déclaré pour "l'instauration d'une seule et même entité administrative et politique" : le "Nouveau Paris".

Cent soixante ans après l'intégration de Belleville, Charonne, Auteuil ou Montmartre à Paris, Cédric Villani dit penser aux 22 communes limitrophes de Paris situées le long du périphérique, qui doivent "devenir de nouveaux arrondissements". Et même 29 "si l'on compte les communes frontalières des bois de Boulogne et de Vincennes". S'agit-il de remplacer l'actuelle Métropole, qui rassemble déjà 131 communes ? "Je suis persuadé qu'un jour le Nouveau Paris s'étendra sur l'ensemble de la petite couronne", répond-il.

Une "structure de concertation" pour les intégrer dans la décennie

D'après lui, s'ils ne souhaitent pas "venir se mettre sous la tutelle parisienne", les maires des communes voisines "admettent que l'agrandissement de Paris va dans le sens de l'Histoire". En cas de victoire, le candidat à Paris créera une "structure de concertation"  pour intégrer lesdites communes "dans la décennie 2020-2030". Le Forum métropolitain du Grand Paris, qui regroupe déjà la Région, la Métropole, les départements, les onze établissements publics territoriaux (EPT) et près de 140 communes, pourrait servir de cadre, confirme-t-on dans l'entourage du candidat.

Dans le même temps, à la veille d'une concertation conduite par l'exécutif, Cédric Villani se prononce, comme le candidat Macron, pour "un nécessaire effacement des départements de la petite couronne". Sollicités, les présidents de ces derniers ne répondent pas, mais il y a fort à parier qu'ils s'opposeront à leur disparition. Le marcheur dissident "prône" aussi la possibilité pour les onze EPT qui composent la Métropole "de se transformer en communes".

"Il est venu me voir à Nogent, mais je lui ai expliqué que la centralité était déjà partagée entre Paris et la banlieue", témoigne auprès de La Tribune Jacques Martin, président du territoire Paris Est-Marne-et-Bois. "Il veut se distinguer, il veut faire parler de lui, mais qu'il soit un peu plus sérieux !"

Un plan local d'urbanisme "commun"

Sur le fond, Cédric Villani veut se servir du "Nouveau Paris" pour résoudre la crise du logement, et ce via le vote un plan local d'urbanisme "commun". "On passera ainsi de 2,2 à 3,3 millions d'habitants, de 105 à 182 kilomètres carrés, et donc d'une densité de 20.700 à 18.000 ­habitants au kilomètre carré", estime-t-il. "Si ce Nouveau Paris avait la même densité que Paris ­intra-muros, on y logerait 470.000 ­habitants ".

Son directeur de campagne, Baptiste Fournier, infirme à La Tribune que le PLU "commun" viendrait se substituer aux plans locaux d'urbanisme intercommunaux (PLUi) des onze EPT de la Métropole ainsi qu'au schéma de cohérence territoriale (SCoT) de ladite métropole. Prescriptif, le SCoT est pensé comme le "cadre de référence" pour tous les documents de planification métropolitains : plan métropolitain pour l'habitat et l'hébergement (PMHH), le plan climat air énergie métropolitain (PCAEM) et le schéma d'aménagement numérique.

Un plan d'investissement de 300 millions d'euros

Le candidat aux élections municipales propose en outre un plan d'investissement "à hauteur de 300 millions d'euros" sur la mandature et financé sur le budget de la mairie de Paris. Objectif : co-investir dans des crèches, des équipements sportifs, des logements... "On ne se ­contentera pas des transferts issus de la ­péréquation, on financera des projets auxquels on aura réfléchi ensemble", déclare Cédric Villani.

Il en oublierait presque les dizaines de millions d'euros investis par la Métropole ou le fonds annuel de solidarité interdépartemental d'investissement doté de 150 millions d'euros lancé par les sept départements franciliens en octobre 2018. "Ce sera un fonds dédié aux communes limitrophes", insiste son entourage.

Avant tout big bang institutionnel, il faudra toutefois réviser les lois existantes. Son directeur de campagne Baptiste Fournier évoque, lui, le projet de loi de décentralisation, déconcentration, différenciation, qui, selon les sources, devrait être présenté en Conseil des ministres entre l'été et janvier 2021.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 11/02/2020 à 12:24 :
La densité de population de Paris intra muros est une des plus importantes au monde avec plus de 21 000 habitants par km2. À titre de comparaison, celles de Tokyo et de Hong Kong ne dépassent pas les 6500 habitants / km2.
Cette densité vient de son prestige mais aussi de son exiguïté. Paris est dix fois moins étendue que Berlin ou Londres.
A court ou a long terme, l'agrandissement de son périmètre est donc la seule issue logique.
Réponse de le 11/02/2020 à 19:40 :
oh, un commentaire intelligent, merci!
a écrit le 11/02/2020 à 11:29 :
Un mélange d'insoumis et de docteur sinoque
Un Scaramouche de la politique
Un pantin du BTP

Un urbaniste aux petits pieds qui méprise encore le cadre de vie
de la population.
il fera 3% puis
retournera dans son monde de chiffres dénué d’empathie,
meme feinte..
a écrit le 11/02/2020 à 3:34 :
Comment, lorsqu'on est sense, croire a toutes ces salades ?
C'est une ineptie totale de concentrer a ce point les activites et populations dans un espace deja tres contraint.
La prochaine crue centennale fera bcp de degats.
Réponse de le 11/02/2020 à 18:34 :
Cédric Villani est médaille Fields. Il pense très vite et très bien.
Autant dire qu'il ne sera jamais élu par la majorité des Français... Ceux-ci préfèrent un discours plus simple...voir simpliste.
a écrit le 10/02/2020 à 22:22 :
Non Merci Mr Villani !
Vous comme Mme Hidalgo et comme Delanoé avant elle mépriseez les banlieusards. Pas de problème pour fermer les voies sur berges et emm.....er tous ces loqueteux qui n'ont pas de quoi s'acheter un logement intra-muros mais doivent venir travailler dans la capitale. Idem pour l'interdiction des véhicules critair 4 rt 5.
Mais quand il s'agit de trouver de nouveaux mètres carrés pour imposer l'hyper densification imaginée par des élus rouges pastèque alors là on veut bien venir annexer nos communes sans même demander leur avis à ces bouseux de banlieusards.
Et ben les banlieusards Mr Villani et Hidalgo et consorts de politicards bobos ils vous retournent bien votre mépris des décennies passées. Nous ne voulons pas de vous comme vous n'avez pas voulu de nous pendant des décennies. Occupez vous déjà de votre dépotoir à ciel ouvert qu'est devenu votre ville avec l'insécurité qui y explose tout comme la dette avant de vouloir imposer contre notre gré votre volonté aux villes et départements voisins.

Un banlieusard né à Paris et bien content de ne plus y habiter !
a écrit le 10/02/2020 à 19:54 :
Dans un an, il annoncera sa candidature aux présidentielles.
Il fait sa campagnes sur le dos des contribuables et sans considération pour ses électeurs. Il n'a toujours pas démissionné de son mandat de député dont il touche l'argent.
a écrit le 10/02/2020 à 18:26 :
stop aux centralisme parisien
en premier avoir une vision pour les régions pas les région signe hollande et valls
qui y a t'il de commun entre la champagne et l'alsace
ou entre Montpelier et Toulouse
si ce n'est une des plus grosse absurdité
a écrit le 10/02/2020 à 17:54 :
C'est la seule solution pour gérer cette ville avec un minimum d'harmonie.
La ville la plus riche de France est en effet entourée des communes les plus pauvres avec des habitants qui se fichent de la capitale et on en voit les consèquences (saleté, pauvreté, ordre public).
Paris intra-muros n'est devenue qu' un petit îlot au milieu d'un lac trouble, qui fait de l'affichage idéologique sans avancer et sans resoudre aucun problème.
a écrit le 10/02/2020 à 17:10 :
Pourquoi des informations régionales dans un média national ?
Réponse de le 11/02/2020 à 1:02 :
On n'a plus le droit de faire des articles sur Airbus à Toulouse, sur le marché de Noël de Strasbourg ou sur les docks à Marseille non plus ?

Si on enlève à la France ses régions, il ne va plus rester grand chose...
a écrit le 10/02/2020 à 14:55 :
Réorganisation de la région parisienne en 1964.

L'ambition de Paul Delouvrier est d'imposer le district de la région de Paris (institué en 1961, il regroupe Paris et la Seine, la Seine-et-Oise et la Seine-et-Marne) comme l'institution phare des politiques régionales dans ce territoire capital, au détriment du département de la Seine (avec son conseil général et sa préfecture). Avec la suppression du département de la Seine, les 81 communes ont été réparties entre quatre départements : Paris (1 commune), Hauts-de-Seine (27 communes), Seine-Saint-Denis (24 communes) et Val-de-Marne (29 communes). Jusqu'en 1964, la région parisienne se subdivisait en 3 départements (le département de Paris,Seine et Oise et Seine et Marne Les deux premiers vont donner naissance à 7 nouveaux départements, la Seine-et-Marne conservant son nom et son territoire. La loi ressuscite le département de Paris qui est entouré successivement par : La petite couronne (Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne, Hauts-de-Seine) et ensuite la grande couronne (Val-d'Oise, Yvelines, Essonne, Seine-et-Marne).A noter ,que dès fin 1961 ,Choisy le Roi est passé de 75 à 94 par exemple .
a écrit le 10/02/2020 à 14:00 :
Cet expulsé d'un parti inexistant a la même passion que son préfet général macroniste: faire disparaître la Nation France pour en faire une start-up a la recherche de financement!

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :