Municipales à Paris: ce que contient la proposition choc de Griveaux pour le logement
César Armand

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Trois ans après la baisse des APL de 5 euros par un gouvernement dont il était le porte-parole, la proposition de Benjamin Griveaux a surpris plus d'un Parisien. Hier, dans le journal du même nom, le candidat officiel de la République en Marche dans la capitale a proposé la création d'un "organisme qui apportera jusqu'à 100.000 euros pour un achat en résidence principale". "C'est l'équivalent d'une chambre pour une famille qui s'agrandit", a-t-il ajouté, sans doute en référence au prix moyen du mètre carré, supérieur à 10.000 euros.
A peine exprimée, cette idée est déjà décriée par des professionnels de l'immobilier et par les rivaux du candidat. "Nous cherchions un dispositif qui permettait d'aider les classes moyennes", justifie aujourd'hui Sylvain Bogeat, conseiller logement de Benjamin Griveaux, qui renvoie à une initiative similaire prise par le gouvernement canadien.
Le dispositif est pensé "pour environ 20.000 logements pendant le mandat", "ce qui correspondra à un investissement de 2 milliards d'euros", a également déclaré à nos confrères du Parisien Benjamin Griveaux. En réalité, l'organisme créé ex-nihilo prendra la forme d'une foncière publique, abondée à un tiers par la Ville - environ 700.000 euros - et aux deux tiers par les tiers-financeurs traditionnels du logement, type Caisse des Dépôts "qui ont l'habitude du long terme", relève Sylvain Bogeat. "La foncière sera garante qu'il n'y ait aucune dérive", prévient-il d'ores et déjà.
Dans le détail, elle apportera une aide à l'acquisition de 100.000 euros maximum qui ne pourra pas dépasser 20% de la valeur du bien. "Ce sera un financement complémentaire en plus de l'apport potentiel et de l'apport bancaire", assure Sylvain Bogeat. "Il s'agit de permettre à des ménages qui n'ont pas de famille aisée d'accéder à la pièce en plus et d'arriver à boucler le financement de leur projet immobilier", insiste-t-il.
Benjamin Griveaux a d'ailleurs martelé que "ce n'[était] pas un prêt, mais un apport et [qu']au moment de la revente, la Ville prendra[it] une part de la plus-value qui sera plafonnée autour du 20% du prix du bien." Si la foncière publique se rembourse lors de la vente du bien, cet apport serait-il un crédit immobilier qui ne dit pas son nom ?
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"C'est un prêt mezzanine", rétorque le conseiller du marcheur. "L'organisme apportera la somme [pour l'achat, Ndlr] et ne demandera pas ni remboursement ni intérêt pendant la durée de détention. A la revente, la foncière sera remboursée de l'apport et captera une fraction de la plus-value."
Si la foncière publique capte une fraction de la plus-value, cela ne risque-t-il de renchérir des prix de vente qui n'ont pas attendu cette promesse de campagne pour atteindre des sommets ? Non, promet Sylvain Bogeat : "Nous ne pourrons pas financer des projets à des prix supérieurs à celui du marché de même que la plus-value captée à la sortie limitera la spéculation." Des seuils acceptables du mètre carré à l'entrée et à la sortie sont d'ailleurs en cours d'élaboration, précise-t-il encore.
Quid par ailleurs du droit de propriété ? Le Parisien qui passe par cet organisme sera-t-il propriétaire à part entière ou deviendra-t-il copropriétaire aux côtés de la Ville ? "C'est une solution de co-investissement où le ménage est propriétaire, et non une indivision", réplique le conseiller du candidat marcheur. "Tout cela sera contractualisé."
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Hier, Benjamin Griveaux a aussi annoncé que la Ville prendrait en location les 100.000 logements vacants recensés dans la capitale. Comment compte-t-il faire concrètement s'il est élu maire ? "Nous proposerons que la Ville fasse de l'intermédiation directe, c'est-à-dire que le bail soit signé entre la Ville, le propriétaire et le locataire au prix du marché." Dans ce domaine, ce sont les agents immobiliers qui risquent de bouder.
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