Le fabricant d'éthylotests voit ses rêves s'effondrer

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Guillaume Neau, directeur du marketing de Contralco dans les ateliers de Gignac (Hérault) où l'effervescence industrielle n'est plus  d'actualité. © Nelson Goutorbe
Guillaume Neau, directeur du marketing de Contralco dans les ateliers de Gignac (Hérault) où l'effervescence industrielle n'est plus d'actualité. © Nelson Goutorbe (Crédits : Nelson Goutorbe)
Contralco, une PME de l'Hérault, pensait assurer le développement de son chiffre d'affaires et de l'emploi grâce à l'obligation faite aux automobilistes d'avoir deux éthylotests dans leur voiture. Mais le ministre de l'Intérieur a reporté l'application du décret et ruiné les ambitions de la PME. 226 personnes ont quitté les chaînes de production en dix jours.

C'est la fracture sociale de Gignac (Hérault). En reportant sine die l'application du décret sur l'obligation de détenir deux éthylotests dans chaque véhicule, le ministre de l'Intérieur a brisé net, le 24 janvier dernier, la formidable expansion espérée par Contralco. Créée en 1982, cette PME qui alimentait jusqu'ici les forces de l'ordre en éthylotests, attendait beaucoup de cette nouvelle disposition et avait fortement investi pour s'assurer une belle part du gâteau.
Pour faire face à la demande colossale que devait générer le décret, Contralco avait investi 3,7 millions d'euros dans de nouvelles machines. En outre, ka PME avait recruté pour les faire tourner en trois-huit et sortir 200 000 éthylotests par jour. Les effectifs ont ainsi atteint 310 personnes.

Rencontrer Manuel Valls

Las, la décision de Manuel Valls a fragilisé l'entreprise au point que ses dirigeants ont dû mettre fin à 226 CDD ou contrats précaires en l'espace de dix jours. Car, en toute logique, les ventes d'éthylotests se sont effondrées. « Là où nos clients-distributeurs écoulaient 40 000 pièces par semaine, les sorties de caisse sont tombées à 300. Certains de ces bons clients ont stockés à hauteur de 150 000 éthylotests. Ils ne reviendront pas commander avant des mois », résume Guillaume Neau, le directeur du marketing qui remue ciel et terre pour obtenir une entrevue à Paris.
Les dirigeants veulent en effet rencontrer Manuel Valls afin d'obtenir des explications et savoir quand le décret retardé sera remis à l'ordre du jour. Ou bien Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif et chevalier blanc de la fabrication française. « Nous sommes l'incarnation même du « made in France ». Toutes les pièces sortent d'ateliers français, jusqu'aux cartons d'emballage. C'est une volonté délibérée des deux dirigeants actionnaires de Contralco », affirme Guillaume Neau.

Taux de chômage chômage à 17 %

« Si la situation reste en l'état, un savoir-faire français, une expertise et une expérience professionnelle seront perdus pour toujours », renchérit Dominique Benezeth, responsable de l'intersyndicale de la PME, à l'issue d'une entrevue avec Pierre de Bousquet, préfet de l'Hérault, qui l'a reçu après la manifestation de 150 personnes qui s'est déroulée mardi à Montpellier. Le syndicaliste a voulu sensibiliser le préfet aux difficultés que vont rencontrer les salariés licenciés de Contralco, qui vient dans un bassin d'emploi où le taux de chômage chômage s'élève à 17 %.
A présent, il ne reste que 84 employés à Contralco. « Déjà, nous nous sentons menacés. Parmi les personnes licenciées, il y avait beaucoup de femmes, chefs de famille monoparentale pour qui cet emploi était vital », commente une des salariées, amère, dont c'était la toute première manifestation dans une vie professionnelle exclusivement tournée vers la performance économique.
 

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Commentaires
a écrit le 01/03/2013 à 17:00 :
Curieux procédé qui est utilisé par cette entreprise, elle demande à ce que l'on fixe une loi pour obliger les consommateur acheter un produit inutile, qui leur coutera de l'argent, et finira dans les déchet non recyclables. Pourquoi ne pas demander directement de l'argent à l?État financé par les impôts.... un peu comme l'a fait B Tapie.... mais Sarkozy n'est plus au pouvoir, c'est visiblement plus compliqué pour ces chefs d'entreprises d'un nouveau genre!
a écrit le 18/02/2013 à 16:25 :
Moi aussi, j'ai décidé d'ouvrir une boîte, je vais demander à ma voisine députée de Haute Garonne de me faire passer une loi... par contre j'ai pas d'idée, quelqu'un pourrait il me trouver une idée bien pourrave à vendre?
a écrit le 07/02/2013 à 11:46 :
la france fabrique des boites qui marchent... grace a la reglementation qui change tt le temps... ft arreter de prendre les gens pour des c. si sa boite est si performante, il peut aller chercher les marches a l'export
a écrit le 07/02/2013 à 10:59 :
Je constate que les 2/3 des employés sont en contrat précaire, et ce monsieur, avec son lobby totalement idiot voulait nous imposer sa marque et s'enrichir sur notre dos !
a écrit le 07/02/2013 à 8:18 :
ca serais bien que certains industriel soit plus imaginatif et n attente pas une lois pour s enrichir
avec des lois a la con .
a écrit le 06/02/2013 à 21:25 :
C'est un coup de lobby qui s'envoie dans les orties !
a écrit le 06/02/2013 à 12:35 :
J'ai tout compris...pour créer des emplois, il faut obliger la population à s'équiper d'objets inutiles. Pour créer du chomage, il faut supprimer cette obligation.
a écrit le 06/02/2013 à 8:45 :
Quand un employé de Contralco est le président de l'association d'I-Test à l'origine du décret et aussi un salarié de l'entreprise qui les fabrique, n'y a t' il pas un conflit d?intérêt ?!

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